jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400131 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | EL HARZLI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 février 2024, M. C A, représenté par Me El Harzli, demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, auxquelles il a été assujetti au titre des années 2018, 2019 et 2020.
Il soutient que :
- c'est à tort que l'administration fiscale a remis en cause le caractère déductible de la pension alimentaire versée à sa mère ;
- c'est à tort que l'administration fiscale a remis en cause le caractère déductible des dépenses de travaux d'amélioration, de réparation et d'entretien effectués dans l'appartement dont il est propriétaire, ainsi que les travaux de grosses réparations ;
- l'administration ne pouvait légalement lui infliger des intérêts de retard, alors qu'il est de bonne foi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er août 2024, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a fait l'objet d'un contrôle sur pièces de ses déclarations de revenus, pour les années 2018, 2019 et 2020. Par une proposition de rectification du 15 novembre 2022, le vérificateur a, d'une part, réintégré aux revenus de M. A les revenus fonciers perçus au titre d'un appartement dont il est copropriétaire indivis, et qu'il donne en location, et, d'autre part, remis en cause le caractère déductible de la pension alimentaire versée annuellement par M. A à sa mère, ainsi que de dépenses de travaux. Il en est résulté des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, d'un montant total de 5 206 euros, mises en recouvrement le 30 avril 2023. Afin de contester ces impositions supplémentaires, M. A a présenté, le 12 septembre 2023, une réclamation préalable, qui a fait l'objet d'une décision expresse de rejet le 30 novembre 2023. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, auxquelles il a été assujetti.
Sur le bien-fondé des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu :
2. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 156 du code général des impôts : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé [] sous déduction : [] II - Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : [] 2° [] pensions alimentaires répondant aux conditions fixées par les articles 205 à 211, 367 et 767 du code civil ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 205 du code civil : " Les enfants doivent des aliments à leurs père et mère ou autres ascendants qui sont dans le besoin ". Aux termes de l'article 208 du même code : " Les aliments ne sont accordés que dans la proportion du besoin de celui qui les réclame, et de la fortune de celui qui les doit ".
4. Il résulte des dispositions précitées que les contribuables qui déduisent ou demandent à déduire du montant global de leurs revenus, pour l'assiette de l'impôt sur le revenu, les versements qu'ils ont fait à leurs parents privés de ressources doivent justifier devant le juge de l'impôt de l'importance des aliments dont le paiement a été rendu nécessaire par le défaut de ressources suffisantes de leurs ascendants.
5. Si M. A soutient, au demeurant sans verser le moindre justificatif de paiement, qu'il a versé à sa mère, pendant chacune des années d'imposition en litige, une somme de 8 400 euros à titre de pension alimentaire, qu'il entend déduire de son revenu global, il n'établit pas, ni même n'allègue véritablement, que sa mère serait dans un état de besoin, de nature à justifier le versement d'une telle pension, tandis que l'administration fait valoir, sans être contredite, que la mère de M. A perçoit une pension de retraite, d'un montant supérieur au salaire minimum interprofessionnel de croissance, et est propriétaire de son logement. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de déduire de ses revenus cette pension alimentaire prétendument versée.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 28 du code général des impôts : " Le revenu net foncier est égal à la différence entre le montant du revenu brut et le total des charges de la propriété ". Aux termes de l'article 31 du même code : " I - Les charges de la propriété déductibles pour la détermination du revenu net comprennent : 1° Pour les propriétés urbaines : a) Les dépenses de réparation et d'entretien effectivement supportées par le propriétaire ; [] b) Les dépenses d'amélioration afférentes aux locaux d'habitation, à l'exclusion des frais correspondant à des travaux de construction, de reconstruction ou d'agrandissement ".
7. Les dépenses de réparation, d'entretien ou d'amélioration, mentionnées au I de l'article 31 du code général des impôts précité, doivent notamment, pour être admises en déduction, avoir été effectuées par le propriétaire, et réellement payées au cours de l'année d'imposition. Il appartient au contribuable de justifier de la réalité, de la consistance et, par suite, du caractère déductible de ces charges en produisant des pièces justificatives, qui sont constituées de factures, de plans, de photographies et de tous autres éléments permettant d'établir avec précision la nature, le montant et la réalité de la charge supportée.
8. Si M. A soutient avoir engagé des dépenses de réparation, d'entretien et d'amélioration du logement, dont il est copropriétaire indivis et qu'il donne en location, pour un montant de 7 000 euros en 2018, et 1 260 euros en 2019, il ne produit, pour seul justificatif, qu'une facture, dressée le 10 août 2018 et libellée à son adresse personnelle, et n'apporte ainsi pas la preuve, qui lui incombe, que les dépenses ont été engagées pour le logement donné en location. Dans ces conditions, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de déduire ces dépenses de ses revenus fonciers.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article 156 du code général des impôts, dans sa version en vigueur jusqu'à l'entrée en vigueur de la loi du 29 décembre 2016 de finances pour 2017 : " L'impôt sur le revenu est établi d'après le montant total du revenu net annuel dont dispose chaque foyer fiscal. Ce revenu net est déterminé [] sous déduction : [] II - Des charges ci-après lorsqu'elles n'entrent pas en compte pour l'évaluation des revenus des différentes catégories : [] 2° quater Sur option irrévocable du contribuable entraînant renoncement à leur prise en compte pour l'évaluation de ses revenus fonciers, les dépenses effectivement supportées par les nus-propriétaires au titre de travaux payés en application de l'article 605 du code civil, lorsque le démembrement de propriété d'un immeuble bâti résulte de succession ou de donation entre vifs, effectuée sans charge ni condition et consentie entre parents jusqu'au quatrième degré inclusivement. Ces dépenses peuvent être déduites dans la limite annuelle de 25 000 euros. La fraction des dépenses excédant cette limite peut être déduite, dans les mêmes conditions, au titre des dix années suivantes ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable, nu-propriétaire de biens immobiliers, ne peut déduire de son revenu global que les dépenses qui lui incombent légalement en vertu des articles 605 et 606 du code civil, exposées pour des travaux constituant des grosses réparations. Il appartient au contribuable de justifier de la nature, du montant et du caractère déductible des dépenses qu'il entend porter en déduction de son revenu global. Il peut le faire par la production de tous documents, à la condition qu'ils décrivent avec une précision suffisante la nature et les conditions de réalisation des travaux. Dans l'hypothèse où le contribuable produit de tels documents, il incombe ensuite au service, s'il s'y croit fondé, d'établir que les charges en cause ne sont pas déductibles.
11. Si M. A a entendu déduire de son revenu global, perçu au cours de l'année 2020, une somme de 14 000 euros, qui correspondrait à la part reportable de travaux de grosses réparations qu'il aurait fait réaliser en 2017, il ne produit aucun justificatif ni de sa qualité de nu-propriétaire d'un immeuble, ni des travaux qu'il y aurait fait réaliser. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que l'administration a refusé de déduire ces dépenses de son revenu global.
Sur le bien-fondé des intérêts de retard :
12. Aux termes du I de l'article 1727 du code général des impôts : " Toute créance de nature fiscale, dont l'établissement ou le recouvrement incombe aux administrations fiscales, qui n'a pas été acquittée dans le délai légal donne lieu au versement d'un intérêt de retard ".
13. L'intérêt de retard, institué par les dispositions précitées, qui s'appliquent indépendamment de toute appréciation portée par l'administration fiscale sur le comportement du contribuable, ne constitue pas une sanction mais vise essentiellement à réparer les préjudices de toute nature subis par l'Etat à raison du non-respect par les contribuables de leurs obligations de déclarer et payer l'impôt aux dates légales. Par suite, M. A ne peut utilement se prévaloir de sa bonne foi pour critiquer la décision de l'administration de lui demander le paiement de l'intérêt de retard.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être entièrement rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
F. Lancelot
Le président,
J.-M. Laso
La greffière,
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026