Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400134

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400134
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantMONOTUKA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Martinique a rejeté la requête de M. B, qui contestait la décision "48 SI" du 1er décembre 2008 constatant la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul. Le juge a accueilli la fin de non-recevoir soulevée par le ministre de l'intérieur, estimant que la requête, enregistrée le 8 février 2024, était tardive car introduite plus de deux mois après la notification régulière de la décision en 2008, conformément à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. La solution retenue est donc l'irrecevabilité de la requête pour cause de dépassement du délai de recours contentieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 février 2024, M. A B, représenté par Me Monotuka, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision " 48 SI " du 1er décembre 2008, par laquelle le ministre de l'intérieur l'a informé de retraits de points sur son permis de conduire, a constaté la perte de validité de ce titre pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer ;

2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire, affecté de la totalité de ses points.

Il soutient que l'invalidation de son permis de conduire est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors qu'il n'a pas été destinataire des informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, à la suite de chaque infraction ayant entraîné un retrait de points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juin 2024, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, en raison de sa tardiveté ;

- le moyen soulevé par le requérant n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Lancelot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendues au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lancelot,

- les conclusions de Mme Monnier-Besombes, rapporteure publique désignée en application de l'article R. 222-24 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision " 48 SI " du 1er décembre 2008, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de points nul, à la suite de plusieurs infractions ayant entraîné des retraits de points. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 1er décembre 2008, et d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire, affecté de la totalité de ses points.

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Pour l'application de ces dispositions, les décisions référencées " 48 SI ", constatant la perte de validité du permis de conduire pour solde de points nul, dont l'administration n'est pas en mesure d'éditer des copies, doivent être regardées, sauf preuve contraire, comme conformes au modèle qui sert de base à leur édition automatisée par l'Imprimerie nationale, lequel comporte la mention des voies et délais de recours.

3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du relevé d'information intégral et, surtout, de l'accusé de réception, revêtu de la signature de M. B, que la décision " 48 SI " attaquée lui a été régulièrement notifiée, le 1er décembre 2008, par voie postale, en lettre recommandée. Il n'est pas établi, ni même allégué par M. B, que cette décision n'aurait pas été établie selon le modèle-type généré automatiquement par le fichier national des permis de conduire, et comportant nécessairement la mention des voies et délais de recours. Le délai de recours a donc commencé à courir à compter du 1er décembre 2008, or la requête de M. B n'a été enregistrée au greffe du tribunal que le 8 février 2024, soit largement au-delà du délai de 2 mois prévu par les dispositions précitées de l'article R. 421-1 du code de justice administrative. Par suite, la fin de non-recevoir, opposée en défense par le ministre de l'intérieur, et tirée de la tardiveté de la requête, doit être accueillie.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B ne peut qu'être rejetée, y compris les conclusions aux fins d'injonction.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

F. LANCELOTLa greffière,

M-A. ELISABETH

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.