jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400149 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CHAÏA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 février 2024, M. B C, représenté par Me Chaïa, demande au tribunal :
1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 52 422,32 euros, correspondant à des cotisations de taxe d'habitation et de contribution audiovisuelle auxquelles il a été assujetti au titre des années 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018, assorties de majorations pour retard de paiement, ainsi qu'à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquels il a été assujetti au titre des années 2015 et 2016, assorties de majorations pour retard de paiement, objet d'un avis de saisie administrative à tiers détenteur n° 21 00042 émis par le comptable public à destination de son établissement bancaire le 27 octobre 2023 ;
2°) de prononcer la mainlevée de la saisie administrative à tiers détenteur n° 21 00042 émise par le comptable public à destination de son établissement bancaire le 27 octobre 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'action en recouvrement était couverte par la prescription de quatre ans, prévue à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales, puisqu'aucun acte d'exécution forcée n'est intervenu depuis la mise en recouvrement et que l'administration ne démontre pas que des actes interruptifs de prescription seraient intervenus.
Par un mémoire en défense, enregistrée le 10 juillet 2024, le directeur régional des finances publiques de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C a été assujetti à des cotisations de taxe d'habitation et de contribution audiovisuelle au titre des années 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018, ainsi qu'à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016. Le comptable public a émis à destination de l'établissement bancaire de l'intéressé, le 27 octobre 2023, un avis de saisie administrative à tiers détenteur pour le recouvrement d'une somme de 52 422,32 euros correspondant à ces impositions ainsi qu'à des pénalités pour retard de paiement. M. C a alors formé à l'encontre de cet acte de poursuite une réclamation préalable qui a été rejetée par une décision du directeur régional des finances publiques de la Martinique du 14 décembre 2023. Dans la présente instance, il demande au tribunal administratif de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 52 422,32 euros objet de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 27 octobre 2023, ainsi que de prononcer la mainlevée de cet acte de poursuite.
Sur les conclusions aux fins de décharge et tendant à la mainlevée de la saisie à tiers détenteur litigieuse :
2. L'article L. 274 du livre des procédures fiscales dispose : " Sauf dispositions contraires et sous réserve de causes suspensives ou interruptives de prescription, l'action en recouvrement des créances de toute nature dont la perception incombe aux comptables publics se prescrit par quatre ans à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi du titre exécutoire tel que défini à l'article L. 252 A () ". L'article 2244 du code civil dispose : " Le délai de prescription ou le délai de forclusion est également interrompu par une mesure conservatoire prise en application du code des procédures civiles d'exécution ou un acte d'exécution forcée. "
3. Il résulte de l'instruction que, d'une part, les cotisations de taxe d'habitation et de contribution audiovisuelle litigieuses auxquelles M. C a été assujetties au titre des années 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018 ont été mises en recouvrement respectivement les 30 novembre 2015, 31 octobre 2016, 31 octobre 2017 et 31 octobre 2018, tandis que les majorations pour retard de paiement qui ont été appliquées sur ces impositions ont été mises en recouvrement respectivement les 15 janvier 2016, 15 décembre 2016, 15 décembre 2017 et 15 décembre 2018. Les cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux litigieuses auxquelles le requérant a été assujetti au titre des années 2015 et 2016 ont été mises en recouvrement respectivement les 31 juillet 2016 et 31 janvier 2018, tandis que les majorations pour retard de paiement que l'administration a appliquées sur ces impositions ont été mises en recouvrement les 15 septembre 2016 et 15 mars 2018. D'autre part, le comptable public a émis un premier avis de saisie administrative à tiers détenteur à destination de l'établissement bancaire du requérant, le 23 octobre 2019. Cet acte, qui portait sur l'ensemble des sommes litigieuses, a été régulièrement notifié par voie postale à M. C le 30 octobre 2019, soit moins de quatre ans après la mise en recouvrement des impositions litigieuses. Il s'ensuit que cet acte a eu pour effet, en application de l'article 2244 du code civil, d'interrompre le cours de la prescription de l'action en recouvrement. Enfin, le comptable public a postérieurement émis un second avis de saisie administrative à tiers détenteur à destination de l'établissement bancaire du requérant, le 24 avril 2023. Cet acte, qui portait sur l'ensemble des sommes litigieuses, a été régulièrement notifié par voie postale à M. C le 27 avril 2023, soit moins de quatre ans après la notification du précédent avis à tiers détenteur. Il s'ensuit que cet acte a eu pour effet, en application de l'article 2244 du code civil, d'interrompre à nouveau le cours de la prescription de l'action en recouvrement. Dans ces conditions, compte-tenu des deux interruptions successives du cours de la prescription de l'action en recouvrement résultant de la notification régulière, les 30 octobre 2019 et 27 avril 2023, d'actes d'exécution forcée, M. C n'est pas fondé à soutenir que la prescription quadriennale instituée à l'article L. 274 du livre des procédures fiscales serait acquise et que les créances litigieuses, d'un montant de 52 422,32 euros, ne seraient plus exigibles pour cette raison. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité.
4. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à contester l'obligation de payer la somme litigieuse de 52 422,32 euros résultant de l'avis de saisie administrative à tiers détenteur émis le 27 octobre 2023. Les conclusions principales de sa requête tendant à la décharge de l'obligation de payer cette somme doivent, par suite, être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, celles tendant ce que le tribunal prononce la mainlevée de l'avis de saisie à tiers détenteur litigieux émis le 27 octobre 2023.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que M. C demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur régional des finances publiques de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLa greffière,
M. A
La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, chargé des comptes publics, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026