LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400181

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400181

lundi 27 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400181
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantCORIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 mars et le 24 avril 2024, Mme C, représentée par Me Corin, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions du 27 février 2024 par lesquelles le préfet de la Martinique l'a obligée à quitter le territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Martinique, de lui délivrer un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", sous astreinte de dix euros par jour de retard à compter d'un délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, dans l'intervalle de cet examen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Elle soutient que :

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- elle est illégale en raison de l'exception d'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français sur la base de laquelle elle a été prise ;

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît le droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle et familiale ;

- elle est entachée d'une erreur de droit ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

La procédure a été régulièrement communiquée au préfet de la Martinique qui n'a pas produit d'observations.

Par une décision du 7 mars 2024, Mme E C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par le bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 23 mai 2024 à 11 heures 30 en présence de M. Minin, greffier d'audience, M. Laso, président, a lu son rapport.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme E C, ressortissante saint-lucienne, née le 13 mars 2002, est entrée régulièrement en France le 29 janvier 2022. Elle a séjourné au-delà de la durée de quinze jours de séjour autorisé par l'accord du 23 avril 2005 entre la République française et le gouvernement de Sainte-Lucie. Dans la présente instance, Mme C demande au tribunal d'annuler les décisions du préfet de la Martinique du 27 février 2024 l'obligeant à quitter le territoire français et fixant Sainte-Lucie comme pays de renvoi.

Sur la légalité des décisions attaquées :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées :

2. Par arrêté du 5 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs général du même jour et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à M. B D, directeur de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Laurence Gola de Monchy, secrétaire générale de la préfecture, de Mme G H, sous-préfète déléguée à l'égalité et à la cohésion sociale, ainsi que de M. I F, directeur de cabinet, notamment, les arrêtés et décisions individuelles relevant de la direction de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, y compris les obligations de quitter le territoire français et les mesures d'exécution prises en application de ces décisions. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que M. D était incompétent pour signer, au nom du préfet de la Martinique, les décisions attaquées portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de renvoi. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, la décision attaquée vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et celles de la convention internationale des droits de l'enfant ainsi que l'accord singé le 23 avril 2005 entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de Sainte-Lucie et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, la décision attaquée précise les éléments qui ont conduit le préfet à édicter à l'encontre de la requérante la décision en litige, notamment que la présence de sa mère, titulaire d'une première demande de carte de séjour, de son fils et de deux sœurs mineures, ne suffit à établir qu'elle a des liens personnels et familiaux forts, anciens et stables sur le territoire national. En outre, la décision en litige indique que la requérante est célibataire et qu'elle a vécu jusqu'à l'âge de 22 ans dans son pays d'origine où résident son père et les autres membres de sa famille. Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors notamment que la décision attaquée comporte de nombreux développements faisant état de considérations relatives à la situation de la requérante, que le préfet de la Martinique n'aurait pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle. Il s'ensuit que Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée l'obligeant à quitter le territoire français serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

5. En troisième lieu, Mme C, qui se borne à indiquer que la décision en litige a méconnu son droit d'être entendue, a été mise à même de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont elle souhaitait se prévaloir lors de son interpellation et de son audition par les services de police le 27 février 2024. En outre, Mme C n'établit pas qu'elle aurait été empêchée de communiquer toutes informations utiles et tout document aux services de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

6. En quatrième lieu, si M. C soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, elle n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

7. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger [] qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an ". Et aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Mme C soutient que la décision attaquée méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. A cet égard, Mme C se prévaut de sa présence habituelle sur le territoire français depuis plus deux ans à la date de la décision attaquée et de ses liens personnels et familiaux. Toutefois, la requérante, qui produit une attestation d'hébergement à Fort-de-France, datée du 3 mars 2024, qui est postérieure à la date de la décision attaquée, ne justifie pas, par les autres pièces versées au dossier, de sa présence depuis plus de deux ans sur le territoire français. De plus, si Mme C se prévaut notamment de la présence de sa mère et de deux sœurs en Martinique, elle produit seulement, s'agissant de sa mère, le récépissé de demande d'un premier titre de séjour du 17 janvier 2024, un certificat de scolarité de sa sœur pour l'année scolaire 2023-2024 et une photo de famille, sans apporter plus de précisions sur la nature et l'intensité des liens entretenus. Par ailleurs, Mme C expose que sa fille, A, née en novembre 2019, est présente avec elle sur le territoire français et qu'elle contribue à son entretien. A l'appui de ses allégations, elle produit seulement l'acte de naissance de sa fille, son passeport, une attestation, non datée ni circonstanciée, de la directrice d'une école primaire à Fort-de-France certifiant que Mme C vient déposer et récupérer sa fille à l'école, une attestation d'assurance scolaire pour l'année 2023-2024, des photos non datées ni circonstanciées, ainsi qu'un certificat médical indiquant qu'elles ont été reçues en consultation le 2 janvier 2024. Toutefois, ces seuls éléments sont insuffisants pour justifier que la requérante aurait déplacé le centre de ses intérêts personnels et familiaux sur le territoire français, alors que la décision contestée n'a pas pour objet de séparer la requérante de sa fille et qu'elle ne soutient pas que sa fille ne pourrait poursuivre sa scolarité dans son pays d'origine. En outre, la requérante fait valoir qu'elle entretient une relation avec un ressortissant haïtien séjournant régulièrement sur le territoire français. Cependant, Mme C se borne à produire des photos avec son compagnon non datées ni circonstanciées et une attestation de son compagnon non datée ne contenant pas d'autres éléments sur la réalité, l'ancienneté et l'intensité de leurs liens. Dans ces conditions, eu égard à la faible durée de sa vie privée et familiale en France à la date de l'arrêté attaqué, Mme C, qui ne justifie pas qu'elle n'aurait plus d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 20 ans, n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée méconnaîtrait les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni les stipulations de l'article 8 de la convention internationale relative aux droits de l'homme. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.

9. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ".

10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8 et dès lors que Mme C ne se prévaut d'aucune considération humanitaire ou d'un motif exceptionnel au sens des dispositions précitées, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en adoptant la décision contestée le préfet a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

11. En septième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire dès lors que cette décision ne fixe pas le pays à destination duquel l'intéressé pourrait être éloigné. Le moyen doit par suite être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

13. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, et alors que la décision contestée n'a pas pour objet de séparer la requérante de sa fille, la décision contestée ne méconnaît pas l'intérêt supérieur de son enfant consacré par l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

En ce qui concerne la légalité de la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, pour les motifs exposés ci-dessus, le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la décision obligeant Mme C à quitter le territoire français doit être écarté.

15. En deuxième lieu, la décision du préfet de la Martinique du 27 février 2024 fixant le pays de renvoi vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont le préfet a fait application. Elle indique, en outre, que Mme C n'allègue ni n'établit être légalement admissible dans un Etat autre que celui qui lui a délivré un document de voyage et qu'elle dispose d'un passeport valable jusqu'au 11 janvier 2027 délivré par les autorités de Sainte-Lucie, pays dont elle a la nationalité. Cette décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision fixant le pays de renvoi doit donc être écarté.

16. En troisième lieu, eu égard à ce qui a déjà été exposé au point 5, Mme C, qui se borne à indiquer que la décision en litige a méconnu son droit d'être entendue, a été mise à même dans le cadre de son interpellation puis de son audition par les services de police le 27 février 2024 de porter à la connaissance de l'administration l'ensemble des informations relatives à sa situation personnelle dont elle souhaitait se prévaloir. En outre, Mme C n'établit pas qu'elle aurait été empêchée de communiquer toutes informations utiles et tout document aux services de la préfecture. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

17. En quatrième lieu, Mme C soutient que la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Toutefois, il ressort des termes mêmes de cette décision que le préfet a pris en considération la décision portant obligation de quitter le territoire français prononcée à l'encontre de la requérante, les circonstances qu'elle rentre dans le champ d'application de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qu'elle n'est admissible dans aucun autre Etat que celui dont elle possède la nationalité et qu'elle n'a pas établi encourir des peines ou traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, Mme C n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

18. En cinquième lieu, si Mme C soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, elle n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.

19. En sixième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme C serait personnellement exposée à des risques pour sa liberté ou son intégrité physique, en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, à le supposer soulevé, doit être écarté.

20. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.

21. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 11, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme C aux fins d'annulation des décisions du préfet de la Martinique du 27 février 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que demande Mme C au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E C et au préfet de la Martinique.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 27 mai 2024.

Le président du tribunal,

J-M. Laso Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions