jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400212 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | RAMAËL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 mars 2024, M. A B, représenté par Me Ramaël, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 janvier 2024, par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler son agrément nécessaire à l'exercice des fonctions de dirigeant d'une entreprise exerçant une activité privée de sécurité ;
2°) d'enjoindre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer sa demande d'agrément, dans un délai de 15 jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du conseil national des activités privées de sécurité la somme de 2 500 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de renouvellement d'agrément est entaché d'erreur d'appréciation, dès lors que la condamnation pénale, dont il a fait l'objet, ne révèle pas un comportement incompatible avec l'exercice des fonctions de dirigeant d'une entreprise exerçant une activité privée de sécurité ;
- le refus de renouvellement d'agrément porte une atteinte disproportionnée à son droit au travail, garanti par le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, par l'article 15 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, par l'article 23 de la déclaration universelle des droits de l'homme et par l'article 6 du pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 octobre 2024, le conseil national des activités privées de sécurité conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Me Ramaël, avocat de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, gérant de la société Centre de formation en sécurité cynophile, a sollicité, le 10 janvier 2024, le renouvellement de son agrément, lui permettant d'exercer les fonctions de dirigeant d'une entreprise exerçant une activité privée de sécurité. Par une décision du 15 janvier 2024, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé le renouvellement de cet agrément. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision du 15 janvier 2024, portant refus de renouvellement d'agrément, et d'enjoindre au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de réexaminer sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut exercer à titre individuel une activité mentionnée à l'article L. 611-1, ni diriger, gérer ou être l'associé d'une personne morale exerçant cette activité, s'il n'est titulaire d'un agrément délivré selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article L. 612-7 du même code : " L'agrément prévu à l'article L. 612-6 [] ne peut être délivré s'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné, le 7 février 2022, par le tribunal correctionnel de Fort-de-France, à une peine d'amende de 1 000 euros, pour des faits de harcèlement moral, commis entre le 22 mars 2021 et le 23 avril 2021, se manifestant par des propos ou comportements répétés ayant pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de vie altérant la santé. Il ressort des termes du jugement du tribunal correctionnel que M. B a eu une relation intime avec une formatrice, qu'il avait recrutée afin de dispenser des cours au sein de l'entreprise qu'il dirige. Après que celle-ci a souhaité mettre un terme à leur relation, M. B lui a envoyé de nombreux messages insultants et dégradants, et s'est attaché à la discréditer dans le milieu de la sécurité, en diffusant à des tiers un faux profil Instagram, la présentant en des termes peu flatteurs. La matérialité de ces faits de harcèlement moral n'est pas contestée par M. B, qui n'a d'ailleurs pas interjeté appel contre sa condamnation. En outre, les faits ne sont pas étrangers à l'exercice de l'activité professionnelle de M. B. Dans ces conditions, eu égard à la nature des faits reprochés, et nonobstant le caractère isolé de cette condamnation et son absence de mention au bulletin n° 2 du casier judiciaire de M. B, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité n'a pas commis d'erreur d'appréciation, en retenant que cette condamnation révélait un comportement contraire à l'honneur et à la probité et incompatible avec l'exercice des fonctions de dirigeant d'une entreprise exerçant une activité privée de sécurité.
4. En second lieu, eu égard à ce qui précède, et alors au demeurant que la carte professionnelle, délivrée à M. B le 26 février 2021, est toujours en vigueur et lui permet d'exercer les fonctions d'agent de sécurité en qualité de salarié, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait au droit au travail une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise.
5. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à contester la légalité de la décision du 15 janvier 2024, par laquelle le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a refusé de renouveler son agrément, nécessaire à l'exercice des fonctions de dirigeant d'une entreprise exerçant une activité privée de sécurité. Dans ces conditions, ses conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. B, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, présentées par M. B, doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du conseil national des activités privées de sécurité, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une quelconque somme au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au conseil national des activités privées de sécurité.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le rapporteur,
F. Lancelot
Le président,
J.-M. Laso La greffière,
J. Lemaitre
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026