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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400232

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400232

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400232
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantCORIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces, enregistrées les 23 mars et 27 mars 2024, M. B G, représenté par Me Corin, demande au tribunal :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler la décision du 20 mars 2024 par laquelle le préfet de la Martinique l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, pendant une durée de trois ans ;

3°) d'annuler la décision du 20 mars 2024 par laquelle le préfet de la Martinique a désigné la Dominique comme pays de renvoi ;

4°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Martinique de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié " et, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

- les décisions sont entachées d'incompétence ;

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles méconnaissent son droit d'être entendu ;

- elles sont entachées d'erreur de droit ;

- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3-1 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elles méconnaissent l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 27 mars 2024 à 10 heures en présence de M. Minin, greffier d'audience, M. Laso, président, a lu son rapport.

Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B G, né à Haïti le 15 août 1982, de nationalité haïtienne et dominiquaise, a déclaré être entré régulièrement en France le 23 février 2020. Il a fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours assortie d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans le 10 juin 2021. Le 19 novembre 2023, M. G a sollicité son admission au séjour en qualité d'accompagnant d'enfant malade. Sa demande a été rejetée au motif qu'elle était incomplète. Il a de nouveau sollicité son admission au séjour sur le même fondement le 20 décembre 2023, ce qui a été refusé, le 22 janvier 2024, au motif que sa demande était incomplète. Dans la présente instance, M. G demande au tribunal de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler les décisions du préfet de la Martinique du 20 mars 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans et fixant la Dominique comme pays de renvoi.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'admettre provisoirement M. G au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Sur la légalité des décisions attaquées :

En ce qui concerne le moyen commun tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées :

3. Par arrêté du 5 septembre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs général du même jour, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à M. A C, directeur de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Laurence Gola de Monchy, secrétaire générale de la préfecture, de Mme E F, sous-préfète déléguée à l'égalité et à la cohésion sociale, ainsi que de M. H D, directeur de cabinet, notamment, les arrêtés et décisions individuelles relevant de la direction de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, y compris les obligations de quitter le territoire français et les mesures d'exécution prises en application de ces décisions. Dans ces conditions, M. G n'est pas fondé à soutenir que M. C était incompétent pour signer, au nom du préfet de la Martinique, les décisions attaquées du 20 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, prononçant une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de trois ans et fixant le pays de renvoi. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, la décision attaquée du 20 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de la convention internationale des droits de l'enfant, ainsi que les dispositions applicables du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, la décision précise les éléments qui ont conduit le préfet à édicter à l'encontre du requérant la décision en litige, notamment qu'il a été convoqué à la gendarmerie le 20 mars 2024 pour des faits distincts de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours par une personne étant ou ayant été conjoint, concubin ou partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, qu'il s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire suite à une décision d'obligation de quitter le territoire français du 10 juin 2021 et que s'il a un enfant mineur présent en France, ses liens personnels et familiaux ne sont pas anciens, intenses et stables. Dans ces conditions, la décision attaquée du préfet de la Martinique du 20 mars 2024 comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier, alors notamment que la décision attaquée comporte de nombreux développements faisant état de considérations relatives à la situation du requérant ainsi qu'il a été dit au point précédent, que le préfet de la Martinique n'aurait pas procédé à l'examen particulier de sa situation personnelle. Il s'ensuit que M. G n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée l'obligeant à quitter le territoire français sans délai serait entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

6. En troisième lieu, il ressort des pièces du procès-verbal d'audition du 20 mars 2024 que M. G a été mis à même de présenter toutes observations utiles relatives à sa situation personnelle et familiale, et à son éloignement. Dans ces conditions, et alors qu'il n'apporte aucune précision sur les éléments qu'il n'aurait pas été en mesure de faire valoir, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté du 20 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français aurait été pris en méconnaissance de son droit d'être entendu. Par suite, le moyen tiré la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

7. En quatrième lieu, si M. G soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.

8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. G est entré régulièrement sur le territoire français le 23 février 2020, puis s'y est maintenu irrégulièrement suite à l'expiration du délai de dispense de visa pour un séjour de quinze jours. Le requérant a déclaré, lors de son audition du 20 mars 2024, être marié et père de deux enfants nées le 15 mars 2011 et le 27 décembre 2012, résidant avec leur mère, ajoutant qu'il n'aurait plus de contacts avec sa femme et ses enfants, et que son troisième enfant mineur, âgée de dix-neuf mois, est présent sur le territoire français. Toutefois, les éléments produits par M. G, à savoir des avis d'imposition, une quittance de loyer du mois de mars 2024 pour un logement situé à Rivière-Salée, une copie de son passeport, l'acte de naissance de sa fille à Fort-de-France, ainsi qu'une copie de son entier carnet de santé, ne permettent pas d'apprécier la réalité ni l'intensité des liens familiaux qu'il entretient sur le territoire français. Le requérant, qui produit seulement un ticket de caisse de courses alimentaires de février 2024, ne justifie pas qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant présent sur le territoire français, ni qu'ils résideraient ensemble. Par ailleurs, il est constant que M. G n'exerce aucune activité professionnelle. Dans ces conditions, M. G, qui ne justifie pas ne plus avoir d'attaches à la Dominique, pays dont il a acquis la nationalité en 2019 et où il a vécu pendant 9 ans jusqu'à l'âge de 37 ans, n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée porterait une atteinte disproportionnée à son droit à la vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation.

10. En sixième lieu, si M. G se prévaut de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, la décision en litige n'a ni pour objet ni pour effet de séparer M. G de ses enfants. M. G expose que son troisième enfant mineur est présent sur le territoire français. Toutefois, eu égard à ce qui a déjà été exposé au point précédent, le requérant ne verse aucune pièce justifiant qu'il contribuerait à l'entretien et à l'éducation de son enfant. Dans ces conditions, le préfet de la Martinique n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

11. En septième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire dès lors que cette décision ne fixe pas le pays à destination duquel l'intéressé pourrait être éloigné. Le moyen doit par suite être écarté.

En ce qui concerne la légalité de la décision prononçant une interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, la décision en litige vise les textes qui la fondent, notamment les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle indique les éléments de la situation personnelle de l'intéressé qui ont été pris en considération, notamment, sa durée de présence en France, et précise qu'il n'a pas exécuté une précédente obligation de quitter le territoire, assortie d'une interdiction de retour pour une durée de deux ans, en date du 10 juin 2021. Il est, en outre, mentionné que la décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Cette motivation atteste de la prise en compte par le préfet de l'ensemble des critères prévus par les dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.

13. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres éléments du dossier, que le préfet de la Martinique n'aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. G. Le moyen présenté par le requérant à ce titre doit dès lors être écarté.

14. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la mesure litigieuse d'interdiction de retour sur le territoire français serait intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

15. En quatrième lieu, si M. G soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.

16. En cinquième lieu, ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant a fait l'objet, le 10 juin 2021, d'un précédent arrêté d'obligation de quitter le territoire français, assorti d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans qu'il n'a pas respecté. De plus, compte tenu des circonstances énoncées aux points 9 et 10 ci-dessus, et du fait que M. G ne se prévaut d'aucune circonstance humanitaire, le préfet de la Martinique n'a pas commis d'erreur d'appréciation en décidant d'une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, à supposer que le moyen soit soulevé.

17. En sixième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle entraîne sur la situation personnelle de l'intéressé.

18. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

19. En huitième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français qui n'implique pas par elle-même la fixation du pays de destination d'un éloignement.

En ce qui concerne la légalité de la décision attaquée fixant le pays de renvoi :

20. En premier lieu, la décision du préfet de la Martinique du 20 mars 2024 fixant le pays de renvoi vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont le préfet a fait application. Elle indique, en outre, que M. G n'allègue ni n'établit être légalement admissible dans un Etat autre que celui qui lui a délivré un document de voyage et qu'il dispose d'un passeport valable jusqu'au 10 juin 2029 délivré par les autorités dominiquaises, pays dont il a la nationalité. Cette décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision fixant le pays de renvoi doit donc être écarté.

21. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de la décision attaquée, ni des autres éléments du dossier, que le préfet de la Martinique aurait procédé à un examen insuffisamment circonstancié de la situation personnelle de M. G. Le moyen présenté à ce titre doit dès lors être écarté.

22. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 6, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de renvoi serait intervenue en méconnaissance du droit d'être entendu. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être écarté.

23. En quatrième lieu, si M. G soutient que la décision est entachée d'erreur de droit, il n'apporte à l'appui de ce moyen aucune précision suffisante pour en apprécier le bien-fondé. Par suite, il doit être écarté.

24. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas davantage entachée d'une erreur manifeste d'appréciation des conséquences qu'elle entraîne sur la situation personnelle de l'intéressé.

25. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". D'autre part, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

26. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. G serait personnellement exposé à des risques pour sa liberté ou son intégrité physique, en cas de retour en Dominique, dès lors qu'il n'apporte aucune précision à ses allégations. Par suite, M. G n'est pas fondé à soutenir que la désignation de la Dominique comme pays de renvoi porterait atteinte à son droit de ne pas être exposé à des traitements inhumains ou dégradants, garanti par les dispositions et stipulations précitées.

27. En septième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, la décision attaquée n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant.

28. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. G aux fins d'annulation des décisions du préfet de la Martinique du 20 mars 2024 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : M. G est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. G est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B G et au préfet de la Martinique.

Rendue publique par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

Le président du tribunal,

J-M. Laso Le greffier,

J-H. Minin

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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