LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400233

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400233

mercredi 27 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400233
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationJuge Unique
Avocat requérantCONSTANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 23 mars 2024, M. A B, représenté par Me Constant, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 mars 2024 par laquelle le préfet de la Martinique l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée n'est pas motivée, notamment sur la perspective raisonnable de son éloignement vers Haïti ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il dispose de sérieuses garanties d'insertion en Martinique, avec des liens familiaux stables, et que tout éloignement à court terme vers Haïti est impossible compte tenu de la situation d'extrême violence qui y règne et de la fermeture de l'aéroport international de Port-au-Prince ; cette situation ne se règlera pas dans un délai de 45 jours, durée de la mesure d'assignation à résidence ;

- la décision l'assignant à résidence sur la seule commune du Lamentin porte une atteinte inutilement excessive à sa liberté d'aller et venir.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. de Palmaert, premier conseiller, pour statuer sur les mesures d'éloignement relevant de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 26 mars 2024 à 9h00 en présence de

M. Minin, greffier d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. de Palmaert ;

- et les observations de Me Salamon, substituant Me Constant, représentant M. B.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant haïtien né le 13 mai 1986, est entré en France le 9 juin 2019 selon ses déclarations. Par des décisions du 24 novembre 2023, le préfet de la Martinique a rejeté sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé Haïti comme pays de destination. M. B n'ayant pas exécuté volontairement la décision d'éloignement le concernant, le préfet de la Martinique l'a assigné à résidence par une décision du 21 mars 2024. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, selon l'article L. 732-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions d'assignation à résidence, y compris de renouvellement, sont motivées ".

3. La décision attaquée, qui assigne M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours en prévoyant les modalités d'application de cette assignation, vise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et précise notamment que M. B a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas volontairement exécuté dans le délai qui lui était imparti, qu'il était dépourvu de passeport lors de son interpellation, mais qu'il déclare disposer d'un passeport valide et que son éloignement demeure une perspective raisonnable. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation de cette décision doit, par suite, être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

5. D'une part, l'aéroport de Port-au-Prince étant actuellement fermé au trafic international, la préfecture de la Martinique a suspendu ses éloignements forcés vers Haïti. Dès lors que la décision du 24 novembre 2023 fixe Haïti comme pays de destination et qu'il n'est pas soutenu que l'intéressé serait admissible dans un autre pays, M. B doit ainsi être regardé comme étant dans l'impossibilité de quitter immédiatement le territoire français. La situation actuelle en Haïti est au demeurant de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision fixant cet Etat comme pays de renvoi, eu égard aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. D'autre part, même si les éloignements vers Haïti sont actuellement suspendus, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'exécution de la décision du 24 novembre 2023 faisant obligation à M. B de quitter le territoire français ne demeurerait pas une perspective raisonnable. La situation existant en Haïti pourrait évoluer et devra en tout état de cause être appréciée à la date de l'éventuelle exécution de l'éloignement.

7. Enfin, le moyen tiré de ce que M. B aurait des liens familiaux stables en France est inopérant à l'encontre d'une décision d'assignation à résidence. Si l'intéressé soutient en outre à l'audience que la mesure serait excessive en ce qu'elle l'assigne à résidence sur le seul territoire de la commune du Lamentin, avec une obligation de pointage hebdomadaire, le requérant n'apporte aucune précision sur sa situation personnelle pour permettre au tribunal d'apprécier le bien-fondé de ce moyen.

8. Il résulte de ce qui précède que le préfet de la Martinique n'a pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation sa décision du 21 mars 2024 par laquelle il a assigné à résidence

M. B pour une durée de quarante-cinq jours. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige:

9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet de la Martinique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mars 2024.

Le magistrat désigné,

S. de Palmaert

Le greffier,

J-H. MininLa République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition :

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions