jeudi 28 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400247 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | ROMER SYLVETTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 27 mars 2024, M. B A, représenté par Me Romer, demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision fixant le pays de renvoi (Guyana) du 19 mars 2024 ;
2°) d'ordonner à la préfecture de la Martinique de lui remettre un sauf-conduit lui permettant de partir de la Martinique et de se rendre en Guyane dans un délai de vingt-quatre heures, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- par un jugement du 6 octobre 2020, le tribunal correctionnel de Fort-de-France l'a condamné à huit mois d'emprisonnement ; puis, par un arrêt rendu par défaut en date du 15 avril 2021, la cour d'appel de Fort-de-France l'a condamné à un emprisonnement de trois ans et à une interdiction définitive du territoire français ; enfin, par un arrêt du 17 novembre 2022, la cour d'appel de Fort-de-France l'a condamné à une peine de trois ans d'emprisonnement sans aucune interdiction du territoire ;
- le 19 mars 2024, il a été placé en rétention administrative et s'est vu notifier une décision fixant le pays de renvoi ; par une ordonnance du 21 mars 2024, le juge des libertés et de la détention a ordonné sa remise en liberté ; il a saisi le tribunal administratif à fin d'annulation de la décision fixant le pays de renvoi ; il demande d'ordonner à la préfecture de lui remettre un sauf-conduit ;
- l'urgence est établie dès lors qu'il est bloqué en Martinique et ne peut se rendre ni au Guyana ni en Guyane ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale dès lors que l'arrêt de la cour d'appel du 17 novembre 2022 ne prononce aucune interdiction définitive du territoire ; il contribue à l'entretien et à l'éducation de son enfant depuis sa naissance ; il n'a commis aucune infraction ;
- il n'est fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ; il vivait en Guyane avant l'exécution de son mandat d'arrêt, territoire où vit son enfant ; il a effectué une demande de titre de séjour.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du code de justice administrative : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
2. Lorsque le juge des référés est saisi, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code justice administrative, aux fins d'enjoindre de prendre toute mesure utile dans un sens déterminé, il doit veiller à ce que cette demande présente un caractère d'urgence et d'utilité, qu'elle ne se heurte à aucune contestation sérieuse et que la mesure demandée ne fasse obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.
3. M. A, de nationalité guyanienne, fait valoir que la décision fixant le pays de destination est illégale et que la police aux frontières, sur consigne de la préfecture, l'empêcherait de prendre l'avion pour la Guyane alors qu'il vivait en Guyane jusqu'à l'exécution du mandat d'arrêt, territoire où vit également son enfant, qu'il a présenté au préfet de ce territoire une demande de délivrance d'un titre de séjour le 26 mars 2024 et qu'il est convoqué en préfecture le 29 mars 2024 à 8 heures. Toutefois, en application de ce qui a été développé au point précédent, d'une part, les conclusions tendant à la suspension de la décision fixant le pays de renvoi du 19 mars 2024 sont irrecevables compte tenu de l'existence d'une décision administrative qui fait obstacle au prononcé de mesures utiles sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative. D'autre part, les circonstances invoquées ne sont pas davantage de nature à elles seules à faire regarder la mesure tendant à la délivrance d'un sauf-conduit lui permettant de partir de la Martinique et de se rendre en Guyane comme ne faisant pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions d'injonction et d'astreinte de la requête font obstacle à l'exécution d'une décision administrative. Par suite, elles doivent être rejetées en application des dispositions susvisées de l'article L. 522-3 du même code.
5. Par voie de conséquence, les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être également rejetées.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Schœlcher, le 28 mars 2024.
Le président,
J-M. Laso
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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01/06/2026