jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400292 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS MOÏSE CARETO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024, Mme D, représentée par Me Careto, doit être regardée comme demandant au juge des référés, saisi au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 1er février 2024 par laquelle le ministère des armées l'a informé que ses périodes d'absences seront régularisées dans le champ de la maladie ordinaire et que la régularisation de cette situation interviendra sur son bulletin de paye du mois de mars 2024 ;
2°) de suspendre la décision du 26 janvier 2024 par laquelle le ministère des armées l'a placé en congé de maladie ordinaire pour la période du 11 octobre 2022 au 11 octobre 2023 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens et la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition relative à l'urgence est satisfaite dès lors que la somme de 1 284,47 euros a été prélevée sur son traitement du mois de mars 2024 ; ce prélèvement est important compte tenu de ses revenus et de ses charges et a des conséquences irrémédiables sur son équilibre financier déjà précaire ;
- l'urgence est établie dès lors que la décision contestée compromet la poursuite de ses activités et le maintien de ses salariés ;
- l'urgence est établie dès lors que son compte bancaire est devenu débiteur, qu'elle a reçu une lettre de relance de sa banque le 8 avril 2024 et que des opérations bancaires ont été rejetées ;
Sur l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision :
- la décision contestée se fonde sur un avis erroné du conseil médical du 28 septembre 2023, dans la mesure où cet avis a été rendu suite à une procédure irrégulière et que la composition du conseil médical était irrégulière ;
- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dans la mesure où le lien entre l'accident de travail et les lésions constatées est établi par les certificats médicaux ;
- la décision contestée est disproportionnée ;
- le recours en annulation contre la décision du 15 octobre 2023 par laquelle le ministère des armées a refusé de reconnaître l'accident de travail imputable au service n'a pas encore été jugé.
Vu :
- la requête enregistrée sous le n°24000290 par laquelle Mme D demande l'annulation de la décision précitée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, assistante de service social du ministère des armées, affectée au centre d'action sociale " Outre-mer Antilles " de Martinique, déclare qu'à son retour de congé maladie, le 3 août 2022, elle a subi un choc émotionnel en constatant qu'elle ne pouvait plus accéder à son bureau. Elle a demandé que cet accident soit déclaré imputable au service. Par une décision du 15 octobre 2023, le ministère des armées a rejeté sa demande. Elle a présenté un recours en annulation contre cette décision. Par un arrêté du 26 janvier 2024, le ministère des armées a décidé son placement en congé de maladie ordinaire du 11 octobre 2022 au 11 octobre 2023 et a détaillé les périodes de plein et de demi-traitement durant cette période. Par une décision du 1er février 2024, le ministère des armées a informé Mme D que ses périodes d'absences seront régularisées dans le champ de la maladie ordinaire et qu'une régularisation de sa situation sera faite sur le traitement de mars 2024. Dans la présente instance, Mme C A demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de ces deux décisions.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Et aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. Il résulte des dispositions précitées que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
4. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution des décisions en litige, Mme D invoque ses difficultés financières dans la mesure où, selon ses déclarations, la somme de 1 284,47 euros a été prélevée sur son traitement. Elle ajoute qu'elle a reçu une lettre de relance le 8 avril 2024 concernant son compte, devenu débiteur, et que des opérations bancaires ont été rejetées. Toutefois, il ressort du bulletin de paye du mois de mars 2024 versé qu'elle a perçu ce mois-là une somme nette de 1 932,59 euros et que le montant total de son revenu imposable de l'année ressort à 9 612,87 euros. En outre, si elle produit un courrier en date du 8 avril 2024 par lequel sa banque lui signale que son compte présente un solde débiteur de 3 156,65 euros et un courrier du 11 avril 2024 l'informant que des opérations bancaires ont été rejetées, ces seuls éléments ne sont suffisants pour justifier de la gravité de la situation financière dont la requérante se prévaut alors qu'elle ne produit aucun autre élément sur le montant de ses charges et qu'elle a perçu une rémunération de 1 932,59 euros en mars 2024, ainsi qu'il a été dit. Enfin, si elle soutient qu'il y a urgence à suspendre les décisions contestées dès lors qu'elles ont pour conséquence de compromette la poursuite de ses activités et le maintien de ses salariés, elle n'apporte aucune précision ni aucun justificatif à l'appui de ses allégations. Dans ces conditions, eu égard à l'ensemble de ces éléments, Mme C A ne peut être regardée comme justifiant de l'existence d'une situation d'urgence au sens des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative à suspendre les décisions contestées.
5. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée, la requête de Mme C A doit être rejetée, y compris les conclusions tendant à l'application des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D.
Fait à Schœlcher, le 18 avril 2024.
Le président,
Jean-Michel Laso
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026