Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400315

mardi 1 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400315
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantBEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Martinique a été saisi par l’ASSAUPAMAR et plusieurs particuliers d’un recours en excès de pouvoir contre une délibération du conseil municipal des Anses d’Arlet ordonnant l’abattage d’un fromager. La commune ayant abrogé cette délibération, les requérants se sont désistés de leur demande d’annulation. Le tribunal a donné acte de ce désistement pur et simple. Sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative, il a condamné la commune à verser 1 500 euros aux requérants au titre des frais exposés, tout en rejetant la demande reconventionnelle de la commune.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 3 mai, 23 mai et 4 septembre 2024, l'association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR), M. B E, Mme D H, Mme I, M. A C, M. G F, représentés par Me Bel, demandent au tribunal :

1°) d'annuler la délibération n° 04/2024 du 5 avril 2024 du conseil municipal des Anses d'Arlet décidant d'abattre l'arbre de la résidence Oxygène dénommé le Fromager ;

2°) de mettre à la charge de la commune des Anses d'Arlet le versement de la somme de 2 500 euros en l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par deux mémoires, enregistrés les 2 août et 30 septembre 2024, la commune des Anses d'Arlet, représentée par Me Yang-Ting-Ho, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu sur la requête dès lors que la délibération du 16 septembre 2024 a abrogé la délibération attaquée, et à ce que la somme de 500 euros soit mise à la charge de chacun des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, les requérants représentés par Me Bel, concluent au non-lieu à statuer sur leur demande d'annulation et maintiennent leur demande au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- l'ordonnance de référé n° 24300316 du 27 mai 2024 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : 1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ;() ".

2. Par un mémoire, enregistré le 30 septembre 2024, les requérants concluent au non-lieu à statuer sur leur demande d'annulation. De telles conclusions équivalent à un désistement. Ce désistement étant pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.

3. Il résulte de dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative que le paiement des sommes exposées et non comprises dans les dépens ne peut être mis à la charge que de la partie qui perd, au moins pour l'essentiel. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune des Anses d'Arles la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit à la demande de la commune des Anses d'Arles présentée sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête à fin d'annulation.

Article 2 : La commune des Anses d'Arlet versera aux requérants une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le conclusions de la commune des Anses d'Arlet présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à l'association pour la sauvegarde du patrimoine martiniquais (ASSAUPAMAR), première dénommée pour l'ensemble des requérants, et à la commune des Anses d'Arlet.

Fait à Schoelcher, le 1er octobre 2024.

Le président du tribunal,

J-M. Laso

La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui la concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.