LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2400364

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2400364

lundi 3 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2400364
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge Unique
Avocat requérantCOULIBALY ALBAN ALEXANDRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 mai 2024, et un mémoire, enregistré le 3 juin 2024, M. E B, représenté par Me Coulibaly, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler les décisions du 28 mai 2024 par lesquelles le préfet de la Martinique a refusé de l'admettre au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a désigné Haïti comme pays de destination et l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours avec obligation de pointage ;

2°) d'ordonner au préfet de la Martinique de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sous astreinte de 50 euros par jours de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme qu'il appartient au tribunal de fixer le montant en équité au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'erreur de droit en ce qu'elle méconnaît l'article L. 313-11-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2023, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, tenue le 3 juin 2024 à 8h30 en présence de Mme Elisabeth, greffière d'audience, ont été entendus :

- le rapport de M. Laso, président-rapporteur ;

- les observations de Me Coulibaly, représentant M. B, qui conclut à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre des frais du litige et qui soutient, en outre, que la décision méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales eu égard à la situation sécuritaire à Haïti.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant haïtien né le 8 octobre 1993, a déclaré être entré irrégulièrement en France le 11 juin 2019 sous couvert d'un passeport délivré par les autorités haïtiennes, dépourvu de tout visa d'entrée en France, après avoir transité par la République dominicaine, le Chili et l'île de la Dominique. Il a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 19 décembre 2019, décision confirmée par ordonnance de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 30 juin 2020. Par la suite, le réexamen de sa demande d'asile a été rejeté pour irrecevabilité par l'OFPRA le 22 octobre 2020. M. B s'est toutefois maintenu en France, malgré l'obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans dont il a fait l'objet le 22 février 2021 qu'il n'a donc pas exécutée. Enfin, il a été interpellé, le 28 mai 2024, aux fins de vérification de son droit de circulation et de séjour sur le territoire français. Par un arrêté du même jour, le préfet de la Martinique a obligé M. B à quitter le territoire français sans délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour, pendant une durée d'un an. Par une décision du même jour, le préfet a fixé le pays de renvoi. Enfin, par une dernière décision du même jour, le préfet l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et obligation de pointage. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 28 mai 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, la décision fixant le pays de renvoi et la décision portant assignation à résidence, et d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation.

2. En premier lieu, il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que M. B aurait présenté une demande de titre de séjour que l'arrêté du 28 mai 2024 portant obligation de quitter le territoire français aurait pour effet de rejeter. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation du refus de séjour, dirigées contre une décision inexistante, ne peuvent qu'être rejetées. Par suite, dès lors qu'il n'a pas demandé de titre de séjour sur le fondement des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu L. 423-23 du même code, le requérant ne peut utilement soutenir que l'arrêté méconnaît ces dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

3. En deuxième lieu, par arrêté du 26 mars 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs général du même jour et accessible tant au juge qu'aux parties, le préfet de la Martinique a donné délégation de signature à M. A, directeur de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, à l'effet de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme Gola de Monchy, secrétaire générale de la préfecture, de Mme D, sous-préfète déléguée à l'égalité et à la cohésion sociale, ainsi que de M. C, directeur de cabinet, notamment, les arrêtés et décisions relevant de la direction de la réglementation, de la citoyenneté et de l'immigration, y compris pour les obligations de quitter le territoire français et les mesures d'exécution prises en application de ces décisions. Par suite, le moyen commun tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.

4. En troisième lieu, d'une part, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise les textes dont elle fait application, notamment les stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. De plus, la décision attaquée précise les éléments qui ont conduit le préfet à édicter à son encontre la décision, notamment le caractère irrégulier de son entrée sur le territoire national le 11 juin 2019 et de sa situation au regard de son droit au séjour depuis le rejet de sa demande d'asile le 19 décembre 2019 par l'OFPRA confirmé par la CNDA le 30 juin 2020 et le rejet de sa demande de réexamen le 28 octobre 2020. La décision indique, en outre, qu'il a fait l'objet le 22 février 2021 d'une précédente obligation de quitter le territoire français dans un délai de départ volontaire de trente jours qu'il n'a pas exécutée. Enfin, la décision indique que M. B ne justifie pas que ses liens personnels et familiaux sont anciens, intenses et stables sur le territoire national. A cet égard, la décision indique que le requérant est célibataire et sans enfant et qu'il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans dans son pays d'origine où résident ses parents. Dans ces conditions, la décision en litige comporte l'ensemble des considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait et doit, par suite, être écarté.

5. D'autre part, la décision du préfet de la Martinique du 28 mai 2024 fixant le pays de renvoi vise notamment les articles L. 721-3 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dont le préfet a fait application. Elle indique, en outre, que M. B n'allègue ni n'établit être légalement admissible dans un Etat autre que celui qui lui a délivré un document de voyage et qu'il ne dispose d'aucun passeport en cours de validité. Cette décision comporte ainsi les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Le moyen tiré de l'insuffisance de la motivation de la décision fixant le pays de renvoi doit donc être écarté.

6. Enfin la décision attaquée qui assigne M. B à résidence pour une durée de quarante-cinq jours en prévoyant les modalités d'application de cette assignation, vise les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et précise notamment que l'intéressé a fait l'objet d'une précédente obligation de quitter le territoire français qu'il n'a pas exécutée, qu'il ne dispose d'aucun passeport en cours de validité et qu'il est nécessaire d'organiser son départ de France. Le moyen tiré d'une insuffisante motivation de cette décision doit, par suite, être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et de sauvegarde des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2 Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

8. Si M. B se prévaut de sa présence habituelle sur le territoire français depuis près de cinq ans à la date de la décision attaquée, il se borne à déclarer qu'il réside en co-location et exerce des travaux agricoles sans produire aucune pièce justificative. De plus, le requérant, âgé de 30 ans à la date de l'arrêté en litige, célibataire, ne justifie pas de circonstances faisant obstacle à ce que sa vie personnelle se poursuive dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans et où résident ses parents. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que les décisions contestées méconnaîtraient les stipulations de l'article 8 de la convention internationale relative aux droits de l'homme. Pour les mêmes motifs, elles ne sont pas davantage entachées d'erreur manifeste d'appréciation au regard des conséquences sur sa situation. Ces moyens doivent, par suite, être écartés.

9. En cinquième et dernier lieu, aux termes de l'article 3 de de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. Si M. B soutient, en termes généraux, qu'en raison de la dégradation de la situation sécuritaire il encourt des risques en cas de retour à Haïti, il n'apporte toutefois aucun élément précis et circonstancié permettant d'établir qu'il est personnellement exposé à des risques de traitements inhumains ou dégradants en cas de retour dans son pays d'origine. Par suite, le préfet de la Martinique n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement. Toutefois, la situation actuelle en Haïti est en revanche de nature à faire obstacle à l'exécution de la décision fixant ce pays comme pays de renvoi. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. B aux fins d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction qui s'y rattachent ainsi que les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. E B et au préfet de la Martinique.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juin 2024.

Le président,

J-M. Laso

La greffière,

M-A. Elisabeth

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions