jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400402 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | AXIS AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, et un mémoire complémentaire, enregistré le 4 novembre 2024, la SARL Golden Pizz, représentée par la Selasu Axis Avocat, agissant par l'intermédiaire de Me M'Hadji, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juin 2024 par lequel le préfet de la Martinique a prononcé la fermeture administrative temporaire, pendant une durée d'un mois, de l'établissement de restauration rapide et de vente de boissons qu'elle exploite à Saint-Joseph, dans le quartier Belle Etoile ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière puisque le rapport administratif établi par les services de la gendarmerie le 30 avril 2024 ne lui avait pas été communiqué malgré les demandes formulées par son conseil ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'erreur d'appréciation dès lors que l'établissement n'était pas en infraction la nuit du 21 avril 2024 puisque, non ouvert au public, il accueillait seulement une fête familiale, à l'occasion de l'anniversaire de la sœur de son gérant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2024, le préfet de la Martinique conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par la SARL Golden Pizz ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Phulpin,
- les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public,
- et les observations de Mme A, représentante du préfet de la Martinique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Golden Pizz exploite un établissement de restauration rapide et de vente de boissons dans le quartier Belle Etoile à Saint-Joseph. Par arrêté du 6 juin 2024, le préfet de la Martinique a décidé la fermeture administrative temporaire de l'établissement, pendant une durée d'un mois. Dans la présente instance, la SARL Golden Pizz demande au tribunal administratif d'annuler cet arrêté préfectoral.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
2. L'article L. 3332-15 du code de la santé publique dispose : " () 2. En cas d'atteinte à l'ordre public, à la santé, à la tranquillité ou à la moralité publiques, la fermeture peut être ordonnée par le représentant de l'Etat dans le département pour une durée n'excédant pas deux mois () / 4. () les atteintes à l'ordre public pouvant justifier les fermetures prévues au 2 () doivent être en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation () ". Ces dispositions confèrent au représentant de l'Etat dans le département le pouvoir d'ordonner, au titre de ses pouvoirs de police, les mesures de fermeture d'un établissement qu'appelle la prévention de la continuation ou du retour de désordres liés à son fonctionnement. L'existence d'une atteinte à l'ordre public de nature à justifier la fermeture d'un établissement doit être appréciée objectivement. La condition, posée par les dispositions précitées, tenant à ce qu'une telle atteinte soit en relation avec la fréquentation de cet établissement peut être regardée comme remplie, indépendamment du comportement des responsables de cet établissement.
3. Pour prononcer, en application de ces dispositions, la fermeture administrative temporaire de l'établissement de la SARL Golden Pizz pendant une durée d'un mois par l'arrêté attaqué du 6 juin 2024, le préfet de la Martinique s'est fondé sur l'existence d'un trouble à l'ordre public en lien avec les conditions d'exploitation de l'établissement après que des militaires de la gendarmerie nationale aient constaté que celui-ci était ouvert le dimanche 21 avril 2024 à 3h15, après l'heure limite de fermeture des débits de boisson fixée à 2h00, et qu'il diffusait de la musique amplifiée.
4. Il ressort du rapport de gendarmerie établi le 30 avril 2024 qu'un équipage de la brigade territoriale autonome de Saint-Joseph qui patrouillait dans le quartier Belle Etoile a fait un passage devant l'établissement de la SARL Golden Pizz dans la nuit du samedi 20 au dimanche 21 avril 2024, à 3h15. Les deux gendarmes ont constaté qu'une vingtaine de personnes étaient présentes dans l'établissement et à ses abords, que celui-ci diffusait de la musique amplifiée et qu'aucun indice extérieur visible ne laissait penser qu'une mesure avait été mise en œuvre pour fermer l'accès au public. Toutefois, les deux gendarmes, qui étaient mobilisés sur une autre intervention, ont poursuivi leur patrouille sans s'arrêter et n'ont procédé à aucune constatation à l'intérieur de l'établissement, ni interrogé les personnes présentes. La SARL Golden Pizz soutient que son gérant a organisé dans l'établissement le soir du 20 avril 2021, après la fermeture de celui-ci, une fête familiale à l'occasion de l'anniversaire de sa sœur et au cours de laquelle aucune vente de boissons n'est intervenue. Ces déclarations ne contredisent pas les constatations opérés par les gendarmes et sont corroborées par plusieurs attestations concordantes et circonstanciées versées au dossier, desquelles il ressort notamment que le gérant de la société et sa sœur aînée ont organisé une fête d'anniversaire surprise à leur sœur Cindy, née le 21 avril 1988, en présence de plusieurs membres de la famille et d'amis, et que cette soirée privée n'a débuté qu'à minuit le samedi 20 avril 2024, après la fermeture de l'établissement. Dans ces conditions, en l'absence de tout autre élément produit en défense par l'administration, les troubles à l'ordre public constatés par l'équipage de la gendarmerie de Saint-Joseph la nuit 21 avril 2024 ne peuvent être regardés comme en relation avec la fréquentation de l'établissement ou ses conditions d'exploitation. La SARL Golden Pizz est dès lors fondée à soutenir que le préfet de la Martinique a méconnu les dispositions citées précédemment au point 2. de l'article L. 3332-15 du code de la santé publique en se fondant sur ces troubles à l'ordre public pour prononcer la fermeture temporaire de son établissement. Le moyen ainsi soulevé doit, par suite, être accueilli.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le dernier moyen soulevé par la SARL Golden Pizz, que l'arrêté attaqué du préfet de la Martinique du 6 juin 2024 doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la SARL Golden Pizz et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de la Martinique du 6 juin 2024 est annulé.
Article 2 : L'Etat versera à la SARL Golden Pizz une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SARL Golden Pizz et au préfet de la Martinique.
Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Laso, président,
M. Lancelot, premier conseiller,
M. Phulpin, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.
Le rapporteur,
V. Phulpin
Le président,
J-M. LasoLa greffière,
M. B
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026