jeudi 30 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Martinique |
| Section | Tribunal Administratif de la Martinique |
| N° Dossier | TA102-2400424 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Juge Unique |
Vu la procédure suivante :
Par une saisine, enregistrée le 2 juillet 2024, le préfet de la Martinique défère au tribunal, comme prévenu d'une contravention de grande voirie, M. A B, et conclut à ce que le tribunal :
1°) constate que les faits établis par le procès-verbal, dressé le 6 mai 2024, constituent la contravention de grande voirie, prévue et réprimée par les articles L. 2132-2 et suivants du code général de la propriété des personnes publiques, et condamne par suite M. B au paiement d'une amende de 1 500 euros ;
2°) enjoigne à M. B de remettre les lieux en l'état, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte, et, en cas de carence de sa part, l'autorise à remettre les lieux en l'état, aux frais de M. B ;
Il soutient que M. B occupe illégalement le domaine public maritime, au lieu-dit Californie, sur le territoire de la commune du Lamentin, en ayant fait usage, pour amarrer son navire, d'un ponton et d'équipements annexes, édifiés sans autorisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 juillet 2024, M. B conclut à ce que soit prononcée la relaxe des fins de la poursuite.
Il fait valoir que :
- le procès-verbal, dressé le 6 mai 2024, est entaché d'un vice de forme, dès lors qu'il ne vise pas les dispositions applicables ;
- il n'est pas à l'origine de l'édification des ouvrages litigieux, et n'en détient pas la garde ;
- les ouvrages litigieux ont été édifiés il y a plus de 30 ans, et l'Etat a donc perdu la propriété du domaine public maritime, du fait de la prescription acquisitive ;
- les ouvrages litigieux ne portent aucune atteinte à l'intégrité du domaine public maritime.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie, dressé le 6 mai 2024 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Lancelot, premier conseiller, en application de l'article L. 774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lancelot
- et les conclusions de M. de Palmaert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Un procès-verbal pour contravention de grande voirie a été dressé le 6 mai 2024, par la direction de la mer de la Martinique, à l'encontre de M. B, à qui il est reproché d'avoir amarré son navire, dénommé An Gran, sur un ponton, constitué d'une partie en bois et d'une partie en cubes de plastique, et muni d'un lift, ces ouvrages ayant été édifiés sans autorisation sur le domaine public maritime, au lieu-dit Californie, sur le territoire de la commune du Lamentin. Le préfet de la Martinique demande au tribunal de condamner M. B à une amende de 1 500 euros, et de lui enjoindre de remettre les lieux en l'état.
2. Aux termes de l'article L. 2132-2 du code général de la propriété des personnes publiques : " Les contraventions de grande voirie sont instituées par la loi ou par décret, selon le montant de l'amende encourue, en vue de la répression des manquements aux textes qui ont pour objet, pour les dépendances du domaine public n'appartenant pas à la voirie routière, la protection soit de l'intégrité ou de l'utilisation de ce domaine public, soit d'une servitude administrative mentionnée à l'article L. 2131-1. Elles sont constatées, poursuivies et réprimées par voie administrative ". Aux termes de l'article L. 2132-3 du même code : " Nul ne peut bâtir sur le domaine public maritime ou y réaliser quelque aménagement ou quelque ouvrage que ce soit sous peine de leur démolition, de confiscation des matériaux et d'amende ". Ces dispositions tendent à assurer, au moyen de l'action domaniale qu'elles instituent, la remise du domaine public maritime naturel dans un état conforme à son affectation publique en permettant aux autorités chargées de sa protection, notamment, d'ordonner à celui qui l'a édifié ou, à défaut, à la personne qui en a la garde, la démolition d'un ouvrage immobilier irrégulièrement implanté sur ce domaine. Dans le cas d'un tel ouvrage, le gardien est celui qui, en ayant la maîtrise effective, se comporte comme s'il en était le propriétaire. Ces dispositions habilitent également les autorités publiques à mettre en œuvre une action répressive, consistant dans le prononcé par le tribunal administratif d'une amende sanctionnant l'atteinte portée au domaine public maritime naturel par des constructions irrégulières.
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du procès-verbal dressé le 6 mai 2024 par la direction de la mer de la Martinique, que M. B a amarré son navire à des ouvrages irrégulièrement édifiés sur le domaine public maritime, et doit ainsi être regardé comme ayant eu l'usage de ces ouvrages. Il ne résulte, en revanche, pas de l'instruction que M. B soit à l'origine de l'édification de ces ouvrages, ni même qu'il en assure l'entretien. M. B expose au contraire, sans être contredit, que ces ouvrages ont été mis à sa disposition, de manière ponctuelle, par des tiers, ces tiers se comportant comme les propriétaires de ces ouvrages. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme ayant la garde de ces ouvrages, faute de disposer des pouvoirs de direction et de contrôle, lui permettant de prendre toutes dispositions pour faire cesser l'atteinte portée au domaine public.
4. Il résulte ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens opposés en défense par M. B, que celui-ci ne peut être poursuivi pour contravention de grande voirie. Par suite, M. B doit être relaxé des fins de la poursuite et, par voie de conséquence, les conclusions, tendant à ce qu'il lui soit enjoint, sous astreinte, de remettre les lieux en l'état, doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est relaxé des fins de la poursuite.
Article 2 : Le surplus des conclusions du préfet de la Martinique est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera adressé au préfet de la Martinique, pour notification à M. A B, dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 janvier 2025.
Le magistrat désigné,
F. Lancelot
Le greffier,
J.-H. Minin
La République mande et ordonne au préfet de la Martinique, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026