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AccueilJurisprudence administrativeN° TA102-2500828

Tribunal Administratif de la Martinique — Décision N° TA102-2500828

jeudi 4 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de la Martinique
SectionTribunal Administratif de la Martinique
N° DossierTA102-2500828
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de la Martinique, saisi en excès de pouvoir d’une décision implicite de rejet d’une demande d’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et de son complément, s’est déclaré incompétent. Il a estimé que, conformément aux articles L. 146-9 et L. 241-9 du code de l’action sociale et des familles, ces litiges relèvent de la compétence exclusive de la juridiction judiciaire. En application de l’article 32 du décret n° 2015-233 du 27 février 2015, le tribunal a ordonné la transmission du dossier au pôle social du tribunal judiciaire de Fort-de-France.

Texte intégral

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2025, Mme B... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision implicite de rejet résultant du silence gardé sur le recours administratif préalable obligatoire qu’elle a adressé le 2 septembre 2024 à l’encontre de la décision du 24 juillet 2024 par laquelle la Maison Martiniquaise des Personnes en situation de Handicap (MMPH) a rejeté sa demande portant sur une allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et son complément, pour son fils, C....


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de l’action sociale et des familles ;
- le code de l’éducation ;
- le code de l’organisation judiciaire ;
- le décret n° 2015-233 du 27 février 2015 ;
- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :


1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; (…) ».


2. Aux termes de l’article L. 146-9 du code de l’action sociale et des familles : « Une commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées prend, sur la base de l'évaluation réalisée par l'équipe pluridisciplinaire mentionnée à l'article L. 146-8, des souhaits exprimés par la personne concernée dans son projet de vie, ou par son représentant légal s'il s'agit d'un mineur (…) et du plan personnalisé de compensation proposé dans les conditions prévues aux articles L. 114-1-1 et L. 146-8, les décisions relatives à l'ensemble des droits de cette personne, notamment en matière d'attribution de prestations et d'orientation, conformément aux dispositions des articles L. 241-5 à L. 241-11 ». Aux termes de l’article L. 241-6 de ce code « I. La commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées est compétente pour : / 3° Apprécier : / a) Si l'état ou le taux d'incapacité de la personne handicapée justifie l'attribution, pour l'enfant ou l'adolescent, de l'allocation et, éventuellement, de son complément mentionnés à l'article L. 541-1 du code de la sécurité sociale, de la majoration mentionnée à l'article L. 541-4 du même code, ainsi que de la carte “ mobilité inclusion ” mentionnée à l'article L. 241-3 du présent code… ». Aux termes de l’article L. 241-9 du même code : « Les décisions relevant du 1° du I de l'article L. 241-6 prises à l'égard d'un enfant ou un adolescent handicapé, ainsi que celles relevant des 2°, 3° et 5° du I du même article peuvent faire l'objet de recours devant les tribunaux judiciaires spécialement désignés en application de l'article L. 211-16 du code de l'organisation judiciaire. Ce recours, ouvert à toute personne et à tout organisme intéressé, est dépourvu d'effet suspensif, sauf lorsqu'il est intenté par la personne handicapée ou son représentant légal à l'encontre des décisions relevant du 2° du I de l'article L. 241-6. / (…) ».


3. Il résulte de la combinaison des dispositions citées ci-dessus que la juridiction judiciaire est seule compétente pour connaître d’un recours contre une décision d’une commission départementale des droits et de l’autonomie des personnes handicapées se prononçant sur la demande d’un parent tendant à bénéficier, pour son enfant, de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et de son complément, prévus par l’article L. 541-1 du code de la sécurité sociale. Le recours contre une telle décision échappe, en conséquence, à la compétence de la juridiction administrative.


4. Aux termes de l’article 32 du décret du 27 février 2015 : « Lorsqu'une juridiction de l'ordre judiciaire ou de l'ordre administratif décline la compétence de l'ordre de juridiction auquel elle appartient au motif que le litige ne ressortit pas à cet ordre, elle renvoie les parties à saisir la juridiction compétente de l'autre ordre de juridiction. Toutefois, lorsque la juridiction est saisie d'un contentieux relatif à l'admission à l'aide sociale tel que défini par le code de l'action sociale et des familles ou par le code de la sécurité sociale, elle transmet le dossier de la procédure, sans préjuger de la recevabilité de la demande, à la juridiction de l'autre ordre de juridiction qu'elle estime compétente par une ordonnance qui n'est susceptible d'aucun recours. ». Enfin, l’article R. 142-10 du code de la sécurité sociale prévoit, en ce qui concerne la procédure applicable aux litiges mentionnés à l’article L. 211-16 du code de l’organisation judiciaire précité, que : « Lorsqu'il n'en est pas disposé autrement par une disposition spéciale, le tribunal judiciaire territorialement compétent est celui dans le ressort duquel demeure le demandeur. / (…) ».


5. En l’espèce, Mme B... conteste la décision du 24 juillet 2024par laquelle la MMPH a rejeté sa demande portant sur une allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) et son complément, pour son fils, C.... Ainsi qu’il a été dit, seule la juridiction judiciaire est compétente pour se prononcer sur un recours contre une telle décision. En application des dispositions citées au point précédent, il y a lieu de transmettre le dossier de la requête de Mme B... au pôle social du tribunal judiciaire de Fort-de-France, compétent pour en connaître.

O R D O N N E :


Article 1er : Le dossier de la requête de Mme B... est transmis au pôle social du tribunal judiciaire de Fort-de-France.


Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et à la présidente du tribunal judiciaire de Fort-de-France.


Fait à Schœlcher, le 4 décembre 2025.


Le président,



J-M. Laso


La République mande et ordonne au préfet de la Martinique en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.


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