mardi 6 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| Section | Tribunal Administratif de la Polynésie française |
| N° Dossier | TA103-2200414 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL M&H |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 30 septembre 2022 et le 3 février 2023, l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri, représentée par la Selarl MetA, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la direction des affaires foncières de la Polynésie française a implicitement rejeté sa réclamation contentieuse du 30 mai 2022 ;
2°) d'annuler le titre exécutoire du 30 mars 2022 et de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 31 195 275 F CFP, subsidiairement d'ordonner à l'administration fiscale de prononcer le dégrèvement des redevances domaniales mises à sa charge pour un montant de 23 069 070 F CFP, outre tous éventuels intérêts de retard ;
3°) de mettre à la charge de la Polynésie française une somme de 361 000 F CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- si l'arrêté 6 janvier 2011 autorise cette occupation au profit de l'association syndicale, le demandeur, M. B (également commercial du lotisseur), n'a pas été mandaté pour présenter une telle demande, laquelle est nécessairement illégale dès lors que l'association n'est pas propriétaire des parcelles attenantes ni occupante de ces parcelles à un quelconque titre ;
- la SCI Delano est la propriétaire de cette parcelle, l'arrêté n° 1333 CM du 15 septembre 2000 indique d'ailleurs : " la SCI Delano est autorisée à réaliser divers travaux sur le domaine public fluvial et à exploiter le forage de pompage d'eau potable sis au droit d'une parcelle du domaine Papearia à Punaauia, pour l'alimentation en eau potable du lotissement Miri " ;
- cette autorisation n'est assortie d'aucune demande de paiement de redevance, en méconnaissance de l'arrêté n° 1128 DOM du 28 février 1980 ;
- l'autorisation ne pouvait, en outre, être demandée que par la SCI Delano, propriétaire de cette parcelle ; en effet, aux termes de l'article 4 de l'arrêté n° 385 CM du 4 mars 2004 relatif à la procédure d'instruction et de recevabilité des demandes d'occupation de dépendance du domaine public : " le dossier de demande d'occupation doit comporter les pièces suivantes : " () ; le titre de propriété, le bail de location ou tous documents pouvant attester de droit immobilier sur la terre attenante ; " ;
- en demandant à l'association d'établir que M. B n'a pas été mandaté, la Polynésie française exige une preuve négative, qui est impossible à rapporter ;
- les arrêtés au dossier et l'ensemble des actes de poursuite visent l'occupation du domaine public ; la Polynésie française n'explique pas en quoi l'association, dont l'objet statutaire est l'entretien des équipements communs, serait l'utilisatrice de ce domaine public occupé et exploité par le lotisseur ;
- si la Polynésie considère que l'usager est l'utilisateur final de l'eau prélevée, il lui appartient de recouvrer sa créance auprès de chaque utilisateur ; l'association n'a vocation qu'à assurer les frais de relevage et d'entretien des réseaux ;
- le lotisseur est le principal bénéficiaire de cette autorisation, dès lors que celle-ci lui a permis de viabiliser puis de vendre des centaines de lots ;
- la Polynésie devra faire application des dispositions de l'article 10 de la délibération n° 2004-34 APF du 12 février 2004 l'autorisant à décider d'une réduction de la redevance, dès lors que l'association se substitue de fait à la commune à laquelle incombe aux termes l'article L. 2224-7-1 du code général des collectivités territoriales le service de la distribution de l'eau potable ;
- l'arrêté a été obtenu par fraude afin de mettre à la charge de l'association une redevance incombant au propriétaire du terrain sur le tréfonds duquel sont installés les forages de pompage ;
- les acheteurs des lots ont déjà largement payé les investissements du lotisseur pour mettre en place le réseau de distribution d'eau alors que ce dernier en est resté le propriétaire, ceux-ci ne retirent aucun avantage de l'occupation du domaine public par le lotisseur ;
- l'association syndicale n'étant pas l'occupante du domaine public, elle ne saurait être débitrice d'une redevance au titre de cette occupation ;
- l'association n'a pas obtenu la communication de la demande de renouvellement de l'autorisation de captage dont elle a saisi la Polynésie française ;
- la Polynésie française fait l'aveu judiciaire de ce qu'elle a émis un titre exécutoire contre une personne dépourvue droit d'agir, or toute prétention émise contre une entité dépourvue de personnalité juridique est irrecevable ; l'arrêté ne pouvait autoriser le transfert de l'autorisation d'occupation du domaine public consentie au lotisseur à l'association alors que celle-ci serait, selon elle, dépourvue d'existence légale ;
- en tout état de cause la majeure partie des sommes appelées au titre de cette redevance est atteinte par la prescription quinquennale en application de l'article 2277 du Code civil, aussi à supposer même que l'association soit redevable de cette redevance, celle-ci ne pourrait être que de 8 126 205 F CFP qui correspond à la consommation des années 2018 et 2019 ; il suit de là qu'il y aurait lieu de prononcer un dégrèvement pour le surplus
- l'association justifie que son bureau syndical a autorisé l'engagement de la présente procédure ;
- l'administration ne peut se prévaloir du fait qu'elle ne pouvait pas liquider sa créance, faute de connaître le volume prélevé, une telle circonstance n'étant pas de nature à lui permettre d'échapper à la prescription.
Par un mémoire, enregistré le 23 décembre 2022, le président de la Polynésie française conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir :
- à titre principal que la requête est irrecevable dès lors que l'association ne produit aucun document justifiant de l'accomplissement de la formalité prévue à l'article 6 de la loi du 21 juin 1865 relative aux associations syndicales (publication de l'acte d'association dans un journal d'annonces légales) et qu'en outre, la personne qui agit au nom de l'association ne justifie pas de sa qualité pour agir et ne justifie pas avoir été habilitée par l'organe compétent ;
- à titre subsidiaire qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par ordonnance du 3 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 février 2023 à 11h00 (heure locale).
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 ;
- le code civil ;
- la loi du 21 juin 1865 relative aux associations syndicales ;
- la délibération n° 2004-34 APF du 12 février 2004 ;
- l'arrêté n° 1333 CM du 15 septembre 2000 ;
- l'arrêté n° 1198 DOM du 28 février 1991 ;
- l'arrêté n° 1128 DOM du 28 février 1980 ;
- l'arrêté n° 385 CM du 4 mars 2004 relatif à la procédure d'instruction et de recevabilité des demandes d'occupation de dépendance du domaine public ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Boumendjel, rapporteur,
- les conclusions de Mme Theulier de Saint-Germain, rapporteure publique,
- les observations de Me Houbouyan pour l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri et celles de Mme D, représentant la Polynésie française.
Une note en délibéré présentée pour l'association syndicale libre des propriétaires de la résidence Miri a été enregistrée le 2 juin 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté n°1 CM du 6 janvier 2011, l'association syndicale libre des propriétaires de la résidence Miri a été autorisée à exploiter des forages de pompage d'eau afin d'alimenter le lotissement. Cette autorisation, initialement accordée pour neuf ans, est arrivée à son terme le 24 janvier 2020. Le 30 juillet 2020, le groupement d'études et de gestion du domaine public de la direction de l'équipement a procédé à une visite des installations sur place et a relevé le compteur de consommation d'eau, lequel faisait apparaître un volume d'eau consommée de 2 150 600 m³ au 30 juillet 2020. L'association n'a pas fait suite à la demande de la Polynésie française de transmettre les relevés des compteurs des propriétaires du lotissement en indiquant qu'elle n'était pas concernée par le paiement d'une redevance. Le 13 août 2022, elle a été destinataire d'un avis de mise en recouvrement, daté du 30 mars 2022, pour un montant total de 31 195 275 F CFP. Elle a saisi le président de la Polynésie française et le directeur des affaires foncières d'un recours contre cet avis de mise en recouvrement afin d'obtenir la décharge des sommes ainsi mises à sa charge. Ce recours ayant été implicitement rejeté, l'association syndicale libre des propriétaires de la résidence Miri demande au tribunal, par la présente requête, d'annuler cet avis de mise en recouvrement et de la décharger de l'obligation de payer la somme ainsi mise à sa charge.
Sur l'avis de mise en recouvrement du 30 mars 2022 et la décision par laquelle la direction des affaires foncières de la Polynésie française a implicitement rejeté sa réclamation contentieuse du 30 mai 2022 :
En ce qui concerne l'exception d'illégalité :
2. L'association requérante soutient, en premier lieu, que l'arrêté n° 1 CM du 6 janvier 2011, portant autorisation d'occupation temporaire d'un emplacement du domaine public fluvial, est illégal. Elle estime que l'autorisation, à l'origine de l'arrêté, n'a pas été sollicitée par une personne mandatée par l'association, que la parcelle sur laquelle les installations de pompage ont été implantées ne lui appartient pas mais est la propriété de la SCI Delano, qu'elle ne peut être regardée comme occupante du domaine public ni comme la bénéficiaire principale de cette autorisation dès lors que celle-ci a permis à la SCI Delano de vendre des centaines de lots.
3. Aux termes de l'arrêté n° 1 CM du 6 janvier 2011 : " Est autorisée, au profit de l'association syndicale du lotissement " Résidence Miri ", l'occupation temporaire d'un emplacement du domaine public fluvial aux droits des parcelles cadastrées section AP n° 151 et n° 152 et section D n° 58 du domaine de Papearia, (). La présente autorisation est destinée à alimenter en eau le projet des lotissements Miri. () 6° Elle est tenue de maintenir installée un compteur d'eau destiné à déterminer la consommation en eau tirée du forage autorisé. / La présente autorisation d'exploitation est consentie moyennant une redevance de 15 F CFP par mètre cube pompé. Néanmoins, la Polynésie française se réserve le droit de fixer par la suite une redevance en cas d'adoption d'un nouveau texte réglementaire. Le montant de cette redevance sera fixé par arrêté pris en conseil des ministres. / Le bénéficiaire est tenu de faire parvenir chaque mois à la direction des affaires foncières, division de la recette-conservation des hypothèques, le relevé de son compteur. Le montant de la redevance due est versé trimestriellement à la caisse de la recette - conservation des hypothèques de Papeete (). / En cas de versement tardif de redevance, les sommes dues sont majorées d'une pénalité de retard tel que fixé par l'arrêté n° 1128 DOM du 28 février 1980. () ".
4. D'une part, l''illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. S'agissant d'un acte réglementaire, une telle exception peut être formée à toute époque, même après l'expiration du délai du recours contentieux contre cet acte. S'agissant d'un acte non réglementaire, l'exception n'est, en revanche, recevable que si l'acte n'est pas devenu définitif à la date à laquelle elle est invoquée, sauf dans le cas où l'acte et la décision ultérieure constituant les éléments d'une même opération complexe, l'illégalité dont l'acte serait entaché peut être invoquée en dépit du caractère définitif de cet acte.
5. D'autre part, le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
6. Il résulte de l'instruction que par courrier du 17 janvier 2011, auquel était joint l'arrêté en litige n°001 CM du 6 janvier 2011, notifié au président de l'association requérante le 25 janvier 2011, l'association syndicale de lotissement résidence Miri a été autorisée à occuper temporairement un emplacement du domaine public afin d'exploiter deux forages de pompage d'eau. Il résulte également de l'instruction que si ce courrier mentionnait que l'association avait la possibilité de formuler un recours dans le délai de trois mois, il ne précisait pas l'autorité compétente pour en connaitre. Aussi, l'association requérante disposait, ainsi qu'il a été dit point précédent, d'un délai d'un an pour en saisir le tribunal, soit jusqu'au 25 janvier 2012. Par suite, et alors qu'il est constant que l'association requérante n'a pas contesté cet arrêté dans ce délai raisonnable d'un an, l'association syndicale des propriétaires du lotissement de Miri ne peut en contester la légalité par la voie de l'exception à l'occasion de la présente requête, qui a été enregistrée le 30 septembre 2022.
7. L'association requérante soutient complémentairement que l'autorisation accordée par l'arrêté précité du 6 janvier 2011 a été obtenue par fraude afin de mettre à la charge de l'association une redevance incombant, aux termes des textes, au propriétaire de la parcelle sur laquelle les ouvrages de pompage ont été installés. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'arrêté en litige vise à autoriser l'exploitation de la nappe phréatique afin d'alimenter en eau courante les différents lots de cette résidence. Ainsi, et alors même que ces ouvrages ont permis la viabilisation et la vente de ces différents lots par la SCI Delano, l'association requérante ne peut sérieusement soutenir que le bénéficiaire principal de cette autorisation est le promoteur du lotissement et non les propriétaires des différents lots, membres de l'association. Par suite, l'association requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige a été frauduleusement obtenu afin de mettre à sa charge une redevance qui aurait dû incomber au promoteur.
En ce qui concerne l'avis de mise en recouvrement
8. En deuxième lieu, la circonstance que l'association n'a pas obtenu communication de la demande de renouvellement de l'autorisation de captage est en tout état de cause sans incidence sur le titre exécutoire alors, au surplus, que celui-ci porte sur la période précédente.
9. L'association requérante soutient, en troisième lieu, que la Polynésie française a émis un titre contre une personne dépourvue de personnalité juridique.
10. Aux termes de l'article 3 de la loi du 21 juin 1865 relative aux associations syndicales celles-ci peuvent " ester en justice par leurs syndics. ". Selon l'article 6 de cette même loi " Un extrait de l'acte d'association devra, dans un délai d'un mois à partir de cette date être publié dans un journal d'annonces légales ". Aux termes de l'article 7 de cette même loi : " À défaut de publication dans un journal d'annonces légales, l'association ne jouira pas du bénéfice de l'article 3. () ".
11. Il résulte de l'instruction, notamment de l'extrait du journal officiel de la Polynésie française du 4 juillet 2002, que la création de l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri a fait l'objet de la publication prévue par l'article 6 de la loi du 21 juin 1865 relative aux associations syndicales. Par suite, le moyen tiré de ce que l'association requérante est dépourvue d'existence juridique manque en fait et doit être écarté
Sur l'exception de prescription :
12. En quatrième lieu, l'association requérante soutient que la créance en litige est partiellement prescrite et que la Polynésie française ne pouvait exiger d'elle un paiement supérieur à 8 126 205 F CFP, correspondant à la consommation d'eau des années 2018 et 2019.
13. D'une part, aux termes de l'article 12 de la délibération n°2004-34 du 12 février 2004 : " Les revenus, redevances, droits et taxes de toutes sortes, afférents au domaine public de la Polynésie française, recouvrées par le receveur des domaines en vertu de délibérations, arrêtés, décisions ou actes, sont soumis à la prescription quinquennale édictée par l'article 2277 du code civil ". Aux termes de l'article 2277 du code civil dans sa rédaction applicable en Polynésie française : " Se prescrivent par cinq ans les actions en paiement : des salaires ; des arrérages des rentes perpétuelles et viagères et de ceux des pensions alimentaires ; Des loyers, des fermages et des charges locatives ; des intérêts des sommes prêtées, et généralement de tout ce qui est payable par année ou à des termes périodiques plus courts. Se prescrivent également par cinq ans les actions en répétition des loyers, des fermages et des charges locatives ".
14. D'autre part, la prescription quinquennale prévue à l'article 2277 du code civil, citée au point précédent, porte sur le délai pour exercer une action en paiement ou en restitution, mais non sur la détermination de la créance elle-même. Par ailleurs, lorsqu'une dette est payable par termes successifs, la prescription se divise comme la dette elle-même et court contre chacune de ses fractions à compter de sa date d'exigibilité. En outre la prescription quinquennale prévue par l'article 2277 du code civil ne court pas lorsque la créance, même périodique, dépend d'éléments qui ne sont pas connus du créancier et doivent résulter de déclarations que le débiteur est tenu de faire.
15. Ainsi qu'il est énoncé au point 3, le 6° de l'arrêté n° 1 CM du 6 janvier 2011 prescrit à son destinataire de faire parvenir chaque mois à la direction des affaires foncières, le relevé de son compteur et précise que le montant de la redevance due est versé trimestriellement à la caisse de la recette-conservation des hypothèques de Papeete. Il est constant que l'association syndicale des propriétaires du lotissement de Miri n'a pas satisfait à l'obligation déclarative résultant de ces dispositions. Par suite, la prescription quinquennale citée au point 13 n'a pas pu commencer à courir et l'association n'est dès lors pas fondée à s'en prévaloir.
Sur le montant de la créance :
16. L'association requérante soutient en cinquième et dernier lieu que la Polynésie française aurait dû faire application de l'article 10 de la délibération n° 2004-34 APF du 12 février 2004. Elle se prévaut plus particulièrement des dispositions qui prévoient que : " Lorsque l'autorisation d'occupation temporaire d'une dépendance du domaine public est accordée à un groupement d'intérêt public, en vue de la satisfaction d'un intérêt général défini par la décision d'autorisation, l'autorité compétente peut décider de la réduction de la redevance. ".
17. Le titre exécutoire, objet du présent recours, fait application de l'arrêté n° 1 CM du 6 janvier 2011, devenu définitif, qui fixe, en son 6°, une redevance calculée sur la base de 15 F CFP par mètre cube d'eau pompée, sans prévoir que ce montant puisse faire l'objet de la réduction visée au point précédent. Par suite, l'association requérante ne peut utilement se prévaloir de l'article 10 de la délibération du 12 février 2004 cité au point précédent.
18. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que les conclusions de l'association requérante à fin d'annulation de l'avis de mise en recouvrement du 30 mars 2022 et la décision par laquelle la direction des affaires foncières de la Polynésie française a implicitement rejeté sa réclamation contentieuse du 30 mai 2022 doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la Polynésie française, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme que l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale des propriétaires du lotissement résidence Miri et à la Polynésie française.
Délibéré après l'audience du 23 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Devillers, président,
M. Graboy-Grobesco, premier conseiller,
M. Boumendjel, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juin 2023.
Le rapporteur,
M. Boumendjel
Le président,
P. Devillers
Le greffier,
M. C
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Polynésie française en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Un greffier,
N°2200414
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026