LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA103-2500297

Tribunal Administratif de la Polynésie française — Décision N° TA103-2500297

mardi 27 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de la Polynésie française
SectionTribunal Administratif de la Polynésie française
N° DossierTA103-2500297
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMAYER BROWN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de la Polynésie française a annulé l'arrêté n° 732 CM du 30 mai 2025 par lequel la Polynésie française approuvait l'attribution d'un prêt de 600 millions de francs pacifiques à la société Natireva pour l'acquisition d'un aéronef. La solution retenue par le tribunal se fonde sur la méconnaissance de l'article LP. 38-4 de la loi du pays n° 2017-32 du 2 novembre 2017, qui interdit l'octroi d'un prêt lorsque les capitaux propres d'une société sont devenus inférieurs à la moitié de son capital social. Le tribunal a constaté qu'à la date de la décision attaquée, les capitaux propres de Natireva étaient inférieurs au seuil légal requis, rendant l'attribution du prêt illégale. La requête de la société Air Tahiti a ainsi été accueillie, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 1er juillet et 3 novembre 2025, la société anonyme Air Tahiti, représentée par Me Jalabert-Doury et Me Spinosi, demande au tribunal :

1°) d’annuler l'arrêté n° 732 CM du 30 mai 2025 approuvant l'attribution au profit de la société par action simplifiée Natireva d'un prêt d'un montant de 600 millions de francs pacifiques destiné à financer l'acquisition d'un aéronef ATR 72-600 XT ;

2°) de mettre à la charge de la Polynésie française une somme de 600 000 francs pacifiques à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, et la condamner aux entiers dépens.

Elle soutient que :
elle a intérêt à agir contre la décision en litige en tant que contribuable polynésienne et en tant qu’opératrice économique concurrente ;
l’arrêté attaqué a été pris au terme d’une procédure irrégulière en l’absence d’une part d’un rapport circonstancié du représentant de la Polynésie française au conseil d’administration de Natireva en méconnaissance de l'article LP. 38-1° de la loi de pays n°2017-32, d’autre part de délibération du conseil d’administration en méconnaissance de l'article LP. 38-2 2° de la même loi de pays ;
l’arrêté attaqué méconnaît l'article LP 38-4 de la loi du pays n° 2017 du 2 novembre 2017 en raison des difficultés de la société ;
l’arrêté viole le principe de libre concurrence.
l’arrêté viole le principe d’égalité ;
l’arrêté viole le principe de la liberté du commerce et de l’industrie ;
en application des dispositions de l’article R. 412-2-1 du code de justice administrative, l’utilité du Business plan à la solution du litige impose la communication de cette pièce, sous peine de méconnaissance du principe du contradictoire ; à défaut, ce document devra nécessairement être écarté des débats.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 10 septembre 2025, la Polynésie française, représentée par son président en exercice, conclut au rejet de la requête.

Par le premier mémoire, elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par le second mémoire, elle soumet par ailleurs au tribunal le business plan et le plan de financement de la société Natireva, pièces qu’elle présente comme devant être soustraites au contradictoire en vertu de l'article R. 412-2-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 3 octobre 2025, la société Natireva, représentée par Me Tang, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de la requérante une somme de 150 000 francs pacifiques à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que la société requérante, jusqu’ici en situation de monopole, n’a d’autre objet, par son recours, que d’intimider sa concurrente.

La clôture immédiate de l’instruction est intervenue par une ordonnance du 18 novembre 2025.

Un mémoire présenté pour la société Apetahi Express a été enregistré le 23 décembre 2025 après la clôture de l’instruction et n’a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la loi organique n° 2004-192 du 27 février 2004 ;
la loi du Pays n° 2017-32 du 2 novembre 2017 définissant les conditions et critères d'attribution des aides financières, des avances et prêts et d'octroi des garanties d'emprunt aux personnes morales autres que les communes ;
le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Busidan,
- les conclusions de M. Boumendjel, rapporteur public,
- les observations de Me Jalabert-Doury pour la société Air Tahiti et la société Apetahi Express, de M. A... pour la Polynésie française, et de Me Lenoir pour la société Natireva.

Une note en délibéré, présentée par la Polynésie française, a été enregistrée le 16 janvier 2026.

Une note en délibéré, présentée pour la société Natireva, a été enregistrée le 19 janvier 2026.



Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté n° 732 CM du 30 mai 2025, la Polynésie française a approuvé l’attribution à la société Natireva, exploitante de la compagnie aérienne Air Moana, d’un prêt d’un montant de 600 millions de francs pacifiques destiné à financer l’acquisition d’un aéronef de type ATR 72-600XT affecté au transport interinsulaire. La société Air Tahiti demande l’annulation de cette décision.

Sur la légalité de la décision attaquée :

2. L'article LP. 38-4 de la loi du pays susvisée du 2 novembre 2017, définissant les conditions et critères d'attribution des aides financières, des avances et prêts et d'octroi des garanties d'emprunt aux personnes morales autres que les communes, dispose : « Aucun prêt ne peut être accordé par la Polynésie française si, du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société concernée sont devenus inférieurs à la moitié du capital social. ».

3. Il ressort, en premier lieu, des pièces du dossier, notamment du procès-verbal de l’assemblée générale de la société Natireva réunie le 27 décembre 2024, que les comptes annuels de l’exercice 2023 ont constaté des pertes relatives à cet exercice 2023 s’élevant à 2 194 175 492 francs pacifiques. L’assemblée générale de la société a décidé ce même jour de réduire le capital social pour absorber ces pertes, en le faisant passer de 2 685 025 175 à 490 308 945 francs pacifiques. Dès lors, au 30 mai 2025, date de la décision attaquée, les capitaux propres de la société devaient s’élever au minimum à 245 154 473 francs pacifiques pour que soit remplie la condition exigée par les dispositions précitées.

4. Il ressort, en deuxième lieu, de l’annonce légale n° 2366808, relative à la société Natireva, parue au Journal officiel de la Polynésie française du 18 juillet 2025 et à laquelle renvoient les écritures de la requérante, que l’exercice 2024 de ladite société s’est clos sur un résultat négatif atteignant 841 095 471 francs pacifiques. Cet élément révèle qu’au 1er janvier 2025, les capitaux propres de la société, que son assemblée générale avait fixés le 27 décembre 2024 à 490 308 945 francs pacifiques, ne suffisaient même pas à équilibrer son résultat déficitaire 2024. Alors qu’indépendamment des échéances auxquelles la société Natireva établit ses documents comptables, et notamment son compte de résultat, il appartenait à la Polynésie française, au moment d’accorder le prêt en litige, de s’assurer auprès de la société Natireva que la condition prévue à l'article LP. 38-4 était remplie, ni la Polynésie française ni la société Natireva ne versent au dossier d’élément comptable ou financier de nature à établir qu’entre le 1er janvier et le 30 mai 2025, les capitaux propres de la société Natireva seraient, en dépit des pertes subies en 2024, revenus à un niveau au moins égal à 245 154 473 francs pacifiques. Dans ces conditions, la société requérante est fondée à soutenir que la décision d’octroi de prêt qu’elle attaque a été adoptée en méconnaissance de l'article LP. 38-4 de la loi du pays du 2 novembre 2017.

5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu’il soit besoin d’examiner les autres moyens de la requête, que la décision attaquée doit être annulée.

Sur les frais liés au litige :

6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la société Air Tahiti, qui n’est pas partie perdante dans la présente instance, verse une quelconque somme à la société Natireva au titre des frais d’instance. En revanche, sur le fondement de ces mêmes dispositions et dans les circonstances de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la Polynésie française la somme de 200 000 francs pacifiques à verser à la requérante au titre des frais qu’elle a exposés non compris dans les dépens, lesquels dépens sont inexistants dans la présente instance.


D E C I D E :


Article 1er : L’arrêté n° 732 CM du 3 juin 2025 est annulé.

Article 2 : La Polynésie française versera à la société Air Tahiti la somme de 200 000 francs pacifiques en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société Natireva sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Air Tahiti, à la société Natireva et à la Polynésie française.
Copie pour information en sera adressée à la société Apetahi Express.



Délibéré après l'audience du 13 janvier 2026, à laquelle siégeaient :

M. Devillers, président,
Mme Busidan, première conseillère,
M. Graboy-Grobesco, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 janvier 2026.


La rapporteure,





H. BusidanLe président,





P. DevillersLa greffière,




D. Oliva-Germain


La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Polynésie française en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition,
Un greffier,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions