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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2200254

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2200254

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2200254
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE
Avocat requérantSELARL OLIVIER MAZZOLI AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juin et 29 septembre 2022, Mme A B, représentée par la SELARL d'avocats Olivier Mazzoli, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'avis pris par la commission médicale d'établissement du centre hospitalier territorial Gaston Bourret le 29 avril 2022 ayant mis fin à ses fonctions de cheffe de l'imagerie médicale et ayant désigné son successeur ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 50 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- cette décision est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'elle n'a pu prendre part aux débats ni au vote et qu'un document, la mettant en cause, a été remis par le président à la commission, sans qu'elle en ait eu connaissance ni reçu communication;

- les membres de la commission auraient dû recevoir communication de ce document sept jours au moins avant la tenue de cette commission ;

- cette décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle a donné toute satisfaction ;

- dans les circonstances dans lesquelles cette décision a été prise et en raison des faits de harcèlement qu'elle a dû subir, cette décision illustre un détournement de pouvoir par le président de la commission ;

- enfin le mémoire en défense de l'administration est signé par une personne n'ayant pas reçu délégation de signature pour représenter le centre hospitalier.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 août et 14 octobre 2022, le centre hospitalier territorial Gaston Bourret conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que la commission médicale d'établissement ne prend pas de décision mais rend un avis ;

- le mémoire en défense est signé par une personne ayant reçu délégation de signature ;

- aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi 99-210 du 19 mars 1999 ;

- la délibération n° 72 du 1er août 1997 ;

- la délibération n° 139/CP du 26 mars 2004 ;

- l'arrêté n° 81-629/CG du 18 décembre 2001 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, chef de l'imagerie médicale du centre hospitalier Gaston Bourret depuis 2017, a présenté sa candidature au début de l'année 2022 pour être reconduite dans ses fonctions pour une durée de cinq ans. Elle demande l'annulation de l'avis rendu le 29 avril 2022 par lequel la commission restreinte de la commission médicale d'établissement du centre hospitalier territorial a proposé la candidature d'un autre médecin au lieu de la sienne pour occuper ces fonctions.

2. Aux termes de l'article 6 de la délibération du 1er août 1997 relative à la commission médicale d'établissement des établissements publics territoriaux d'hospitalisation : " La commission médicale siège en formation restreinte dans les cas suivants : La commission médicale d'établissement siège en formation plénière. Toutefois, elle siège en formation restreinte dans les cas suivants: 1°) Lorsqu'elle examine des questions individuelles relatives au recrutement et à la carrière des personnels médicaux. Cette formation est limitée aux membres visés aux a) et b) des articles 1 et 3 de la présente délibération. Se joignent à eux, cumulativement dès lors que la commission examine les questions de leur catégorie, les représentants des contractuels et assistants visés au c), d) et e) de l'article 1 de la présente délibération. 2°) Lorsqu'elle est appelée à donner un avis sur la nomination ou le renouvellement d'un chef de service ou de département, quelle que soit sa catégorie statutaire. Seuls siègent alors les membres visés aux a) et b) des articles 1 et 3 de la présente délibération. Dans les cas prévus ci-dessus, l'avis est donné hors la présence du membre de la commission médicale d'établissement dont la situation est examinée ou de toute personne ayant avec l'intéressé un lien de parenté ou d'alliance jusqu'au quatrième degré inclus. Les votes ont lieu au scrutin secret. ". Aux termes de l'article 16 de la même délibération : " Les avis et vœux de la commission médicale d'établissement sont adressés, dans un délai maximum de quinze jours, par les soins du secrétariat au conseil d'administration, à l'exécutif du Territoire, au médecin-inspecteur territorial de la santé. " Aux termes de l'article 64 de la délibération n° 139/CP du 26 mars 2004 portant statut des praticiens des établissements hospitaliers de la Nouvelle-Calédonie : " Les chefs de service ou de secteur sont nommés pour une durée de cinq ans. A l'issue de cette période, ces fonctions sont déclarées vacantes. Le chef de service est tenu de présenter un rapport d'activités, six mois avant le terme de son mandat. Lorsque ces fonctions sont confiées à un praticien détaché, la chefferie est déclarée vacante au terme du détachement du praticien. Lorsque la vacance des fonctions de chef de service est assortie d'une vacance de poste, le recrutement des chefs de service s'effectue dans les conditions prévues au titre II de la présente délibération. Lorsque les fonctions de chef de service ne sont pas assorties d'une vacance de poste, un avis de vacance est publié par la direction des affaires sanitaires et sociales au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie. Celui-ci indique la date limite de dépôt des candidatures. Le dossier de candidature doit obligatoirement être accompagné d'un projet de service. a) La nomination au poste de chef de service ou de secteur est prononcée par arrêté du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, après avis : - de la commission médicale d'établissement de l'établissement concerné, siégeant en formation restreinte, - du conseil d'administration de l'établissement concerné, - du médecin inspecteur ou du pharmacien inspecteur de la santé de la Nouvelle-Calédonie. () ".

Sur la fin de non-recevoir opposée par le centre hospitalier :

3. Mme B, nommée chef de service de l'imagerie médicale du centre hospitalier territorial Gaston Bourret par un arrêté du 19 mai 2017, à compter du 30 mai 2017, s'est portée candidate au début de l'année 2022 pour continuer à exercer ses fonctions pendant une durée de cinq années. La commission médicale d'établissement du centre hospitalier, réunie en formation restreinte en application de l'article 64 de la délibération du 26 mars 2004 portant statut des praticiens des établissements hospitaliers de la Nouvelle-Calédonie, s'est réunie le 29 avril 2022 pour donner un avis sur la candidature de Mme B et d'un autre candidat à cette fonction. La commission restreinte s'est prononcée à la majorité en faveur du concurrent de Mme B par un avis du 29 avril 2022 qui, en application de l'article 16 de la délibération du 1er août 1997 relative à la commission médicale d'établissement des établissements publics territoriaux d'hospitalisation, a été transmis au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Toutefois, un tel avis revêt un caractère préparatoire et ne s'impose pas au président du gouvernement, lequel s'appuie aussi pour prendre sa décision sur l'avis du conseil d'administration de l'établissement concerné, et sur celui du médecin inspecteur de la santé de la Nouvelle-Calédonie, en application de l'article 64 de la délibération du 26 mars 2004 mentionnée au point 2. Cet avis ne constitue donc pas une décision susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

4. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions de Mme B, tendant à l'annulation de l'avis rendu par la commission médicale d'établissement du 29 avril 2022, qui n'a pas retenu sa candidature et a proposé celle de son concurrent, doivent être rejetées comme irrecevables. Par suite, ses conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier territorial Gaston Bourret.

Délibéré après l'audience du 12 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Pilven, premier conseiller,

M. Briquet, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

Le rapporteur,

Signé

J-E. PILVENLe président,

Signé

D. SABROUX Le greffier,

Signé

J. LAGOURDE

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

POUR COPIE CERTIFIE CONFORME

A L'ORIGINAL

nd

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