vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200270 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL MILLIARD - MILLION |
Vu la procédure suivante :
D une requête et un mémoire, enregistrés les 22 juillet 2022 et 3 mars 2023, Mme B A, représentée D Me Million, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 janvier 2022 D lequel le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie a annulé les congés de maladie dont elle avait bénéficié pour la période du 12 novembre 2021 au 30 janvier 2022, l'arrêté du 19 janvier 2022 D lequel le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie l'a placée en prolongation de congé de convalescence du 12 novembre 2021 au 11 décembre 2021 et l'arrêté du 20 janvier 2022 D lequel le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie l'a placée en congé de maladie du 12 décembre 2021 au 31 janvier 2022, à plein traitement du 12 décembre 2021 au 25 décembre 2021 et à demi traitement du 26 décembre 2021 au 31 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de reconnaitre comme imputable au service l'accident survenu le 5 août 2021 et de la placer en congé de maladie à plein traitement du 5 août 2021 au 28 février 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 150 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-elle a été victime de faits de violences verbales et physiques de la part de parents d'élèves le 5 août 2021 ;
- l'administration n'avait nul besoin de solliciter l'avis de la commission d'aptitude dès lors que l'existence de cet accident de service était indiscutable et que l'imputabilité au service de cet accident aurait dû être reconnue dès l'origine de sorte qu'elle aurait dû bénéficier d'un congé de maladie à plein traitement du 6 août 2021 au 28 février 2022 ;
- la décision du 19 janvier 2022 refusant de reconnaître l'imputabilité au service n'est pas motivée.
D deux mémoires en défense, enregistrés les 10 novembre 2022 et 27 janvier 2023, le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 309 du 27 août 2002 ;
- l'arrêté n° 1066 du 22 août 1953 ;
- l'arrêté n° 75-157/SG du 14 avril 1975 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Million, avocat de Mme A, et de Mme C, représentant le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, professeure certifiée d'histoire-géographie du cadre territorial de la Nouvelle-Calédonie, alors affectée au collège de Païta Nord, a fait l'objet d'arrêts de travail du 6 août 2021 au 28 février 2022 à la suite d'une altercation violente avec des parents d'élèves le 5 août 2021. Elle a D ailleurs fait l'objet d'une évacuation sanitaire en métropole, le 12 octobre 2021, en raison d'une maladie grave et placée, après avis du conseil de santé du 23 novembre 2021 puis du 18 janvier 2022, en congés de convalescence du 12 octobre 2021 au 11 décembre 2021. Placée initialement en congé de maladie D le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie pour la période du 12 novembre 2021 au 31 janvier 2022, ce dernier, faisant suite à l'avis du conseil de santé du 23 novembre 2021 et à celui du 18 janvier 2022, l'a placée D un arrêté du 19 janvier 2022 en prolongation de congé de convalescence du 12 novembre 2021 au 11 décembre 2021. D ailleurs, il a annulé, D un arrêté du 20 janvier 2022, les congés de maladie dont elle avait bénéficié pour la période du 12 novembre 2021 au 30 janvier 2022, et D un autre arrêté du 20 janvier 2022, l'a placée en congé de maladie du 12 décembre 2021 au 31 janvier 2022, à plein traitement du 12 décembre 2021 au 25 décembre 2021 et à demi traitement du 26 décembre 2021 au 31 janvier 2022. D un recours gracieux du 23 mars 2022, Mme A a demandé au vice-recteur l'annulation de ces trois arrêtés et la prise en compte de l'accident du travail du 5 août 2021 de manière à justifier un traitement à temps plein. D courrier du 28 mars 2022, le vice-recteur lui a précisé qu'elle faisait l'objet d'une expertise médicale à la demande de la commission d'aptitude afin de se prononcer sur la qualification de l'accident de travail. Mme A, désormais affectée au collège de Porte de fer depuis le 11 février 2022, demande l'annulation des trois arrêtés du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie mentionnés plus haut des 19 et 20 janvier 2022 et d'enjoindre à l'administration de lui verser un traitement à taux plein pendant la période du 5 août 2021 au 28 février 2022.
2. Aux termes de l'article 9 de l'arrêté du 22 août 1953 fixant le régime des congés des personnels civils relevant de l'autorité du chef du territoire : " () II - Toutefois, si la maladie provient, () soit d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite () ". D ailleurs aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 14 avril 1975 relatif aux modalités d'application de l'article 9 paragraphe II de l'arrêté n° 1066 du 22 août 1953 relatif au congé de maladie, et à l'allocation temporaire d'invalidité : " Dès qu'il aura connaissance de l'accident, sans qu'il y ait lieu de rechercher si les conséquences de celui-ci sont immédiates ou non, le chef du service devra procéder à une enquête dans le but de déterminer la cause, la nature, les circonstances de temps et de lieu et les conséquences apparentes de l'accident. Les résultats de cette enquête feront l'objet d'un PV qui devra figurer au dossier soumis à l'examen de l'employeur. ". Aux termes de l'article 4 du même arrêté : " Le dossier ainsi constitué est soumis à l'examen de la commission d'aptitude qui émet un avis portant sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie en question, ainsi que le cas échéant, sur le taux d'invalidité permanente qui en résulte. Toutefois, lorsque l'imputabilité au service de l'accident est reconnue D l'employeur, celui-ci peut déclarer directement l'imputabilité au service. La commission d'aptitude ne se prononce que sur le taux d'invalidité. ". Enfin aux termes de l'article 3 de la délibération du 27 août 2002 relative au bon fonctionnement et à la composition de la commission d'aptitude : " La commission d'aptitude est obligatoirement consultée sur les questions suivantes : - l'imputabilité au service de la maladie ouvrant droit aux congés de maladie ou de l'infirmité résultant d'un accident de service ou de trajet ou d'une maladie d'origine professionnelle () ".
3. Si Mme A soutient que la décision du 19 janvier 2022 d'absence d'imputabilité au service est dépourvue de toute motivation, il ressort des pièces du dossier que cette décision prévoit uniquement un placement en prolongation de congé de convalescence du 12 novembre 2021 au 11 décembre 2021 au vu de l'avis du conseil de santé du 18 janvier 2022 et ne porte pas sur un refus d'imputabilité au service. Cette décision qui mentionne D ailleurs les éléments de droit sur lesquels elle se fonde est suffisamment motivée.
4. A la suite de l'altercation violente l'ayant opposée à des parents d'élèves le 5 août 2021, Mme A, qui a fait l'objet d'arrêts de travail du 6 août 2021 au 28 février 2022, soutient que le vice-recteur devait, en application des dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 14 avril 1975 mentionné au point 2, la placer en congé maladie à plein traitement, sans avoir besoin de solliciter l'avis de la commission d'aptitude, en raison du caractère indiscutable de l'imputabilité au service de l'accident survenu le même jour. Toutefois, il ne ressort pas du rapport établi D le principal du collège, ayant assisté à une partie de l'altercation, que les faits violents constatés auraient pour seule origine l'attitude de parents d'élèves, le principal relevant qu'un des parents d'élève en cause a empoigné Mme A D les cheveux tandis que cette dernière lui a hurlé dessus, lui a griffé le visage et a cassé ses lunettes. Il appartenait ainsi au vice-recteur de saisir, comme il l'a fait, la commission d'aptitude aux fins de déterminer l'imputabilité au service de cet accident en application des dispositions de l'article 3 de la délibération du 27 août 2002 susmentionnée, et dans l'attente, de placer Mme A dans une situation légale, d'une part en prenant en compte les avis du conseil de santé des 23 novembre 2001 et 18 janvier 2022 pour prolonger son congé de convalescence du 12 novembre 2021 au 11 décembre 2021, et d'autre part, de la placer en congés de maladie, pour la période du 12 décembre 2021 au 31 janvier 2022. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que la commission d'aptitude a rendu un avis le 6 décembre 2022 défavorable à la reconnaissance d'imputabilité au service de l'accident survenu le 5 août 2021, justifiant ainsi son placement en congés de maladie pour la période du 12 décembre 2021 au 31 janvier 2022 après une période de congé de convalescence pour la période du 12 novembre 2021 au 11 décembre 2021.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des arrêtés des 19 et 20 janvier 2022 doivent être rejetées, ainsi que, D voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public D mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le rapporteur,
J-E PILVENLe président,
D. SABROUX Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Le greffier,
J. LAGOURDE
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026