vendredi 4 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200284 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2022, M. A D demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le vice-recteur de Wallis et Futuna l'a placé en congé maladie du 13 au 24 janvier 2022 en fixant l'indexation de la majoration de son traitement au taux applicable en Nouvelle-Calédonie pendant cette période et d'annuler la décision retenant un jour de carence le 13 janvier 2022 ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui verser son traitement en calculant la majoration de traitement avec une indexation prévue pour le territoire de Wallis et Futuna.
Il soutient que :
- Il ne pouvait être placé en congés maladie pendant la période du 13 au 24 janvier 2022 dès lors qu'il était en situation de congé annuel et que, par ailleurs, il n'a produit aucun arrêt de travail ; il ne devait donc faire l'objet d'aucune journée de carence ni de congés pour maladie ; il ne pouvait se voir appliquer le coefficient de majoration applicable en Nouvelle-Calédonie dès lors qu'il a fait l'objet d'une évacuation sanitaire.
Par un mémoire, enregistré le 5 octobre 2022, le préfet, administrateur supérieur des Iles Wallis et Futuna conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 de finances rectificative pour 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 51-511 du 5 mai 1951 ;
- le décret n° 67-600 du 23 juillet 1967 ;
- le décret 98-844 du 22 septembre 1998 ;
- le code de justice administrative et l'ordonnance n° 2003-923 du 26 septembre 2003.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de M. C représentant le vice-rectorat et M. B, représentant l'administration supérieure des îles Wallis et Futuna.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, professeur certifié d'histoire géographie affecté au collège Finemui de Wallis-et-Futuna, demande au tribunal d'annuler la décision du 6 avril 2022 par laquelle le vice-recteur de Wallis et Futuna l'a placé en congé maladie du 13 au 24 janvier 2022 avec l'indexation de la majoration de traitement applicable en Nouvelle-Calédonie et la décision fixant un jour de carence le 13 janvier 2022, à la suite d'une évacuation sanitaire en Nouvelle-Calédonie le 13 janvier 2022, avec un retour à Wallis et Futuna le 25 février 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. Aux termes de l'article 2 du décret du 23 juillet 1967 relatif au régime de rémunération des magistrats et des fonctionnaires de l'Etat en service dans un territoire d'Outre-mer : " La rémunération à laquelle peuvent prétendre les magistrats et fonctionnaires visés à l'article premier du présent décret, lorsqu'ils sont en position de service, est égale au traitement afférent à l'indice hiérarchique détenu dans l'emploi occupé, augmenté de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement qu'ils percevraient s'ils étaient en service à Paris, l'ensemble étant multiplié par un coefficient de majoration propre à chaque territoire. ". Selon l'article 5 du décret du 5 mai 1951, fixant, en application de la loi n° 50-772 du 30 juin 1950, les régimes de rémunération, des prestations familiales, des congés administratifs de certains cadres de fonctionnaires civils relevant de la France d'outre-mer et maintenu en vigueur par l'article 6 du décret du 23 juillet 1967, les fonctionnaires de l'Etat peuvent prétendre, " lorsqu'ils sont dans une position rétribuée, autre que celle de service (permission, congé, transit, expectative de retraite, maintien par ordre, etc ) ", à des émoluments " calculés sur la base de la solde afférente à leur grade ou à leur emploi, affecté, le cas échéant, de l'index de correction applicable à cette solde dans le territoire de résidence ".
3. Il ressort des pièces du dossier que M. D, professeur au collège Fenemui de Wallis, a fait l'objet d'une évacuation sanitaire vers la Nouvelle-Calédonie pendant la période du 13 janvier au 25 février 2022. Il ne pouvait, pendant ladite période, être regardé ni comme étant en position de service à Wallis et Futuna, ni comme y ayant conservé sa résidence. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant pour cette période, par la décision attaquée, le bénéfice de l'index de correction ou du coefficient de majoration applicable à Wallis et Futuna prévu par les décrets des 5 mai 1951 et 23 juillet 1967, et en lui faisant application du coefficient de majoration applicable en Nouvelle-Calédonie, le vice-recteur des îles de Wallis et Futuna aurait méconnu les dispositions du décret du 23 juillet 1967.
4. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 822-5 du code général de la fonction publique : " Le bénéfice des dispositions de la présente section est subordonné à la transmission par le fonctionnaire à son administration de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie ". Et aux termes de l'article R. 911-36 du code de l'éducation : " Lorsque le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie estime, sur le vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs hiérarchiques d'un fonctionnaire, que celui-ci, par son état physique ou mental, fait courir aux enfants un danger immédiat, il peut le mettre pour un mois en congé d'office avec traitement intégral. Pendant ce délai, il réunit le conseil médical en vue de provoquer son avis sur la nécessité d'un congé de plus longue durée. ". Enfin aux termes de l'article 60 du décret du 22 septembre 1998 fixant les conditions et les modalités de règlement des frais occasionnés par les changements de résidence des personnels civils de l'Etat à l'intérieur d'un territoire d'outre-mer, entre la métropole et un territoire d'outre-mer, entre deux territoires d'outre-mer et entre un territoire d'outre-mer et un département d'outre-mer, Mayotte ou la collectivité territoriale de Saint-Pierre-et-Miquelon : " Lorsque l'état de santé d'un agent ou de l'un des membres de sa famille nécessite une évacuation sanitaire vers un Etat étranger ou vers un territoire d'outre-mer voisin du territoire où il se trouve, ou vers le territoire métropolitain de la France, les frais de transport aller et retour ainsi que les frais supplémentaires de transport liés à l'état de santé du bénéficiaire sont pris en charge par l'administration, sur accord préalable de sa part et dans la limite des conditions prévues par le régime d'assurance maladie auquel l'agent est rattaché () "
5. M. D soutient qu'il ne pouvait être placé en congé maladie durant sa période de congé annuel et qu'il n'a fait l'objet d'aucun arrêt de travail. Si l'administration fait valoir que son état de santé nécessitait une évacuation sanitaire, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D aurait transmis à son administration un arrêt de travail ni formé de demande de placement en congés maladie. Par ailleurs, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier que l'administration aurait entendu faire application des dispositions de l'article R. 911-36 du code de l'éducation portant sur le placement d'office en congés de maladie. Dès lors, M. D est fondé à soutenir que la décision contestée le plaçant en congé de maladie du 13 au 24 janvier 2022, et celle fixant un jour de carence le 13 janvier 2022, tel que cela ressort de ses bulletins de paie, sont entachées d'illégalité et à en demander l'annulation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du vice-recteur de Wallis et Futuna du 6 avril 2022 en tant qu'elle le place en congé de maladie pour la période du 13 au 24 janvier 2022, et de la décision non formalisée prévoyant un jour de carence le 13 janvier 2022. Par suite ses conclusions à fin d'injonction doivent être également rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du vice-recteur de Wallis et Futuna du 6 avril 2022, en tant qu'elle place M. D en congés de maladie pour la période du 13 au 24 janvier 2022, ainsi que la décision fixant un jour de carence le 13 janvier 2022, sont annulées.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, à l'administrateur supérieur, chef du territoire des Iles Wallis-et-Futuna et au vice-recteur des îles Wallis-et-Futuna.
Délibéré après l'audience du 25 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 novembre 2022.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLa greffière d'audience,
A. LOGOLOGOFOLAU
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026