vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200291 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 7 août 2022, 21 février, 28 février et 1er mars 2023, M. C D demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a nommé Mme B et Mme A aux postes de chargées de mission respectivement " de la condition féminine " et " arts traditionnels ".
Il soutient que :
- la délibération du 24 juillet 1990 portant droits et obligations des fonctionnaires de Nouvelle-Calédonie prévoit qu'une nomination en vue de pourvoir un emploi vacant doit faire l'objet d'une publicité à peine de nullité et qu'aucune publicité sur la vacance des postes occupés par Mmes B et A ne sont intervenues ;
- il aurait dû être nommé à cette fonction de chargé de mission dès 2017 et devrait percevoir l'indemnité de sujétion ; ces décisions sont donc entachées de méconnaissance du principe d'égalité de traitement ;
- la décision de nomination au poste de chargé de mission de la condition féminine est aussi entachée de détournement de pouvoir dès lors que la fiche de poste a été publiée pour ce poste après la nomination de cette personne au poste en question ; par ailleurs cette personne, appartenant à la catégorie B occupe un poste de catégorie A ; il s'agit donc d'un poste de complaisance.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 8 février et 2 mars 2023, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que M. D n'a aucun intérêt à agir dès lors qu'il n'a pas présenté sa candidature pour les postes en question et qu'il ne produit pas les décisions contestées, la requête étant ainsi irrecevable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. M. D demande l'annulation des décisions de nomination de Mmes B et A à la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté, en qualité de chargées de mission, par arrêtés des 7 avril, 4 juillet et 2 septembre 2022 pour Mme B et du 7 avril 2022 pour Mme A.
Sur la nomination de Mme B :
2. M. D soutient que Mme B a été nommée au poste de chargée de mission de la condition féminine à la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté au 1er avril 2022 sur une fiche de poste qui n'a été publiée que le 29 avril 2022 et que cette nomination lui a fait perdre le bénéfice de l'indemnité de sujétion à laquelle il pouvait prétendre. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier que Mme B a été affectée, à titre provisoire pour la période du 1er avril 2022 au 30 juin 2022 à la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté en qualité de chargée de mission de la condition féminine par un arrêté du 7 avril 2022, puis aux mêmes fonctions et toujours à titre provisoire pour la période du 1er juillet au 31 août 2022 avant de recevoir sur ces mêmes fonctions une affectation permanente par un arrêté du 2 septembre 2022, il n'est ni allégué ni établi que M. D aurait présenté sa candidature pour la fiche de poste de chargé de mission à la condition féminine sur laquelle Mme B a été nommée par arrêté du 2 septembre 2022. Il ne justifiait ainsi pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir pour demander l'annulation de la décision de nommer Mme B à cette fonction.
Sur la nomination de Mme A :
3. Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision attaquée ".
4. L'administration fait valoir que la demande de M. D dirigée à l'encontre de la nomination de Mme A, comme chargée de mission des arts traditionnels à la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté à compter du 1er mai 2022 est irrecevable en l'absence de production de la décision attaquée. Toutefois, M. D a produit la décision du 7 avril 2022 par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a affecté Mme A en qualité de chargée de mission des arts traditionnels à la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté. La fin de non-recevoir opposée par l'administration doit dès lors être écartée.
5. Par ailleurs, si l'administration fait valoir que M. D ne justifiait pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir pour demander l'annulation de la décision de nommer Mme A à cette fonction au motif qu'il ne s'était pas porté candidat au poste de chargé de mission des " arts traditionnels ", il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué par l'administration qu'une fiche de poste aurait été publiée pour informer les candidats éventuels à cette fonction de chargé de mission " arts traditionnels ", de la vacance du poste et des délais pour présenter leur candidature. Dès lors que M. D n'a pas été informé de la vacance de ce poste, la fin de non-recevoir opposée par l'administration tirée de ce qu'il ne justifiait pas d'un intérêt lui donnant qualité pour agir pour demander l'annulation de la décision de nommer Mme A doit être écartée.
6. Aux termes de l'article 12 de la délibération du 24 juillet 1990 portant droits et obligations des fonctionnaires de la Nouvelle-Calédonie : " () Toute vacance d'emploi permanent doit faire l'objet d'une publicité à peine de nullité des nominations qui y seraient prononcées () ".
7. Il n'est pas contesté qu'aucune fiche de poste n'a été publiée pour informer les candidats éventuels au poste de chargé de mission des " arts traditionnels ". Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette vacance d'emploi ait fait l'objet d'une quelconque publicité, en méconnaissance de l'article 12 de la délibération du 24 juillet 1990. Cette illégalité a été de nature à porter atteinte au principe d'égalité des fonctionnaires en les privant d'une garantie d'accès à ces fonctions et en ayant été de surcroît de nature à avoir une influence sur la décision attaquée. Dès lors, la décision de nomination de Mme A doit être annulée.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 7 avril 2022 portant affectation de Mme A au poste de chargée de mission des " arts traditionnels " de la direction de la culture, de la condition féminine et de la citoyenneté est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C D et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le rapporteur,
Signé
J-E PILVENLe président,
Signé
D. SABROUX Le greffier de chambre,
Signé
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026