jeudi 13 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200329 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCAT DIHACE FRANCKIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 septembre 2022, M. A C, représenté par la SELARL d'avocats Dihace, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 mars 2022 par laquelle le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée de quatre mois ainsi que celle du 12 août 2022 prolongeant cette suspension du 28 juillet 2022 au 30 septembre 2022 ;
2°) d'enjoindre au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie de lui faire reprendre ses fonctions de manière compatible avec sa situation de travailleur handicapé ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 300 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée du 12 août 2022 est entachée d'illégalité à raison de son caractère rétroactif ;
- il a été suspendu de ses fonctions pendant une période supérieure à six mois sans qu'il ne fasse l'objet de poursuites pénales, ce qui est illégal ; il aurait dû être rétabli dans ses fonctions au bout du 4ème mois ;
- la mesure de suspension suppose que l'administration retienne des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant pour présumer une faute de sa part ; or la matérialité des faits n'est pas établie ; à les supposer établis, ces faits ne seraient pas d'une gravité telle qu'ils puissent justifier une mesure de suspension ; par ailleurs ces faits présentent un caractère isolé et il était loisible au vice-recteur de l'affecter sur un poste ne présentant aucun contact avec les élèves ;
- enfin sa charge de travail ne semble pas adaptée à celle d'un travailleur handicapé et la décision contestée est en réalité motivée par l'incapacité du requérant à effectuer l'ensemble des tâches qui lui sont confiées, ce qui constitue un détournement de pouvoir ;
- sa situation de travailleur handicapé n'a jamais été prise en compte, ce qui l'a conduit à être placé en situation de difficulté ;
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les conclusions dirigées à l'encontre de la décision du 22 mars 2022 sont tardives et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret 91-462 du 14 mai 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Mme B, représentant le vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, titularisé adjoint technique des établissements d'enseignement depuis le 17 février 2012, a fait l'objet, par une décision du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie du 22 mars 2022, d'une suspension de ses fonctions à titre conservatoire pour une durée de quatre mois et d'un arrêté de la même autorité du 12 août 2022, prolongeant cette suspension du 28 juillet 2022 au 30 septembre 2022. M. C demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur l'étendue du litige :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 22 mars 2022, par laquelle le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie a suspendu M. C de ses fonctions pour une durée de quatre mois, a été notifiée à l'intéressé qui a attesté, par sa signature, en avoir pris connaissance le 28 mars 2022. Dès lors, en formant une requête enregistrée au greffe du tribunal administratif le 21 septembre 2022, au-delà du délai de deux mois prévu par les dispositions de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, ses conclusions tendant à l'annulation de cette décision ne peuvent qu'être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 août 2022 :
4. Aux termes de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique, applicable aux agents de l'Etat en Nouvelle-Calédonie en vertu de l'article L. 8 du même code (en vigueur au 1er mars 2022 :article 11 de l'ordonnance 2021-1574) : " Le fonctionnaire, auteur d'une faute grave, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois. ". Aux termes de l'article L. 531-2 du même code : " Si, à l'expiration du délai mentionné à l'article L. 531-1, aucune décision n'a été prise par l'autorité ayant le pouvoir disciplinaire, le fonctionnaire qui ne fait pas l'objet de poursuites pénales est rétabli dans ses fonctions. Le fonctionnaire qui fait l'objet de poursuites pénales est également rétabli dans ses fonctions à l'expiration du même délai sauf si les mesures décidées par l'autorité judiciaire ou l'intérêt du service y font obstacle. ". En application de ces dispositions, il appartient à l'autorité compétente, lorsqu'elle estime que l'intérêt du service l'exige, d'écarter provisoirement de son emploi un agent, en attendant qu'il soit statué disciplinairement sur sa situation. Une telle suspension peut être légalement prise dès lors que l'administration est en mesure d'articuler à l'encontre de l'agent des griefs qui ont un caractère de vraisemblance suffisant et qui permettent de présumer que celui-ci a commis une faute grave.
5. La mesure de suspension prononcée sur le fondement de l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service qui, en vertu de l'article L. 531-2 du même code ne peut excéder quatre mois, en l'absence de poursuites pénales. Il ne ressort pas des pièces du dossier que des poursuites pénales auraient été engagées à l'encontre de M. C avant le 28 juillet 2022, terme du délai de quatre mois mentionné par la décision du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie du 22 mars 2022. La décision du 12 août 2022 par laquelle le vice-recteur a décidé de prolonger la suspension faisant l'objet de la décision du 22 mars 2022, au-delà de la période de quatre mois prévu par les dispositions de l'article L. 531-2 du code général de la fonction publique est dès lors entachée d'illégalité.
6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens soulevés, que M. C est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision du 12 août 2022 attaquée prolongeant la suspension décidée par la décision du vice-recteur du 22 mars 2022.
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. Si M. C demande qu'il soit enjoint au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie de lui faire reprendre ses fonctions, ces conclusions sont devenues sans objet dès lors que la mesure contestée prenait fin au 30 septembre 2022 et qu'au surplus, il a fait l'objet d'une mesure disciplinaire de révocation le 3 février 2023.
9. Il y a lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre la somme de 150 000 francs CFP à la charge de l'Etat au bénéfice de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'injonction présentées par M. C.
Article 2 : La décision du 12 août 2022 du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie est annulée.
Article 3 : L'Etat versera à M. C la somme de 150 000 francs CFP en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 30 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 avril 2023.
Le rapporteur,
J-E PILVENLe président,
D. SABROUX Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026