vendredi 17 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2200392 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | JOANNOPOULOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Joannopoulos, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 470/2022 du 12 août 2022, par lequel le maire du Mont-Dore a refusé de lui délivrer le permis de construire qu'il avait sollicité le 13 juin 2022 en vue de la réalisation de bâtiments sur le lot n° 45 de la section Yahoué ;
2°) d'enjoindre au maire du Mont-Dore de délivrer le permis de construire sollicité, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Mont-Dore une somme de 265 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé ;
- son projet porte sur un refuge et non sur une maison d'habitation, contrairement à ce que retient l'arrêté attaqué ;
- la commune du Mont-Dore aurait dû l'informer en cours d'instruction de la circonstance que le projet se trouvait dans une zone à risques géotechniques ;
- le maire du Mont-Dore ne pouvait valablement se fonder sur l'absence de toute attestation dans le dossier de demande pour refuser le permis de construire sollicité sur le fondement des dispositions de l'article 11 des dispositions générales du plan d'urbanisme directeur de la ville du Mont-Dore ;
- le maire du Mont-Dore a à tort considéré que les voies d'accès n'étaient pas adaptées ;
- il ne pouvait valablement estimer que la construction était entièrement sur pilotis ;
- l'arrêté attaqué est entaché de détournement de pouvoir.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2023, la commune du Mont-Dore, représentée par la SARL Deswarte-Calmet, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 300 000 francs CFP soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 9 mars 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Joannopoulos avocate de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 470/2022 du 12 août 2022, par lequel le maire du Mont-Dore a refusé de lui délivrer le permis de construire qu'il avait sollicité le 13 juin 2022 en vue de la réalisation de bâtiments sur le lot n° 45 de la section Yahoué.
2. M. B fait valoir que l'arrêté attaqué est insuffisamment motivé. Toutefois, cet acte, qui cite les textes sur lesquels il entend se reposer et précise les cinq motifs de refus qu'il retient, en indiquant notamment que le projet, d'ores et déjà édifié, sert d'habitation à l'intéressé. Il précise également que le dossier n'indique pas quelles garanties il prévoit s'agissant d'un projet implanté dans une zone à risques de mouvements de terrain, comportant ainsi l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision, sans qu'il n'ait été nécessaire, contrairement à ce qu'allègue le requérant, de développer les points relatifs à l'habitation et aux risques de mouvements de terrain. Ce faisant, il satisfait aux exigences de motivation qui sont posées par l'article Lp. 121-6 du code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie, lequel dispose que " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / () ".
3. Aux termes de l'article ND 2 du plan d'urbanisme directeur du plan d'urbanisme directeur de la ville du Mont-Dore : " Sont autorisés dans les zones ND : / - les aménagements et les équipements d'intérêt général ; / - une construction à usage de logement, liée et nécessaire aux aménagements et équipements d'intérêt général autorisés ; / - l'extension limitée à 15 % ainsi que la réfection des bâtiments et installations existants ayant bénéficié d'une autorisation avant l'approbation du PUD ; / - les refuges et campings ; / - les activités définies par la règlementation en vigueur relative aux installations classées pour la protection de l'environnement et compatibles avec la vocation de la zone, à condition que leur localisation et leur aspect : / ne dénaturent pas le caractère des sites, / ne compromettent pas leur qualité patrimoniale et paysagère, / ne portent pas atteinte à la préservation des milieux. / - la recherche et la prospection minière, sous réserve d'une autorisation de prospection par les services compétents et dans le respect du Code de l'environnement de la province Sud (la recherche et la prospection minière ne sont pas autorisées dans les aires protégées terrestres et marines), ainsi que toutes les constructions directement liées et nécessaires à ces activités, à la condition qu'elles soient démontables et qu'elles revêtent un caractère temporaire. / () ".
4. Si M. B fait valoir que son projet porte sur un refuge et non sur une maison d'habitation, il ressort des pièces du dossier, d'une part que le dossier de demande avait vocation à régulariser une construction déjà présente, d'autre part qu'il a été constaté, à l'occasion d'une visite menée sur les lieux par deux techniciens instructeurs de la commune le 27 août 2020, que l'intéressé résidait sur place, et enfin que le projet, qui comprend un studio F1 et un bâtiment F3, présente l'ensemble des aménagements pour être habité sur le long terme. Dans ces conditions, la commune ne saurait être regardée comme ayant commis une erreur d'appréciation en estimant que la construction en litige ne constituait pas un refuge.
5. Aux termes de l'article 11 des dispositions générales du plan d'urbanisme directeur de la ville du Mont-Dore : " () / Dans les zones à risques géotechniques, aucune extension ou construction nouvelle n'est autorisée sauf à produire une attestation d'un organisme agréé qui précise que le risque géotechnique ne sera pas aggravé par les travaux de construction si des dispositions techniques, prévues dans une étude spécifique, peuvent être réalisées. / L'autorisation de construire devra prendre en compte les dispositions précitées, qui certifieront la tenue des ouvrages ainsi que la stabilité du fonds concerné et des fonds voisins. / () ".
6. Si le requérant fait valoir que la commune du Mont-Dore aurait dû l'informer en cours d'instruction de la circonstance que le projet se trouvait dans une zone à risques géotechniques, aucun texte ou principe n'impose une telle obligation d'information. Par ailleurs, le fait que la zone en cause ne connaisse qu'un risque d'aléa faible ne dispensait pas le pétitionnaire de produire l'attestation prévue par les dispositions précitées. Par suite, le maire du Mont-Dore a valablement pu se fonder sur l'absence de toute attestation dans le dossier de demande pour refuser le permis de construire sollicité.
7. Aux termes de l'article 3 des règles applicables à toutes les zones du plan d'urbanisme directeur de la ville du Mont-Dore : " Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent et aux opérations qu'elles doivent desservir. / () ".
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet ne prévoit aucune voie d'accès depuis l'entrée de la parcelle. Dans ces conditions, le maire du Mont-Dore a pu considérer, sans erreur d'appréciation, que l'absence de tout aménagement était contraire aux dispositions précitées.
9. Si M. B fait valoir que l'arrêté attaqué est entaché de détournement de pouvoir, le détournement allégué n'est pas établi.
10. Aux termes de l'article 6 des règles applicables à toutes les zones du plan d'urbanisme directeur du plan d'urbanisme directeur de la ville du Mont-Dore : " () / Les constructions sur pilotis sont autorisées dans les zones des eaux intérieures (EI). / Dans les autres zones, en dehors des zones inondables, les constructions sur pilotis peuvent être autorisées, à condition : / -d 'être implantées dans une pente supérieure à 20 % ; / - que la hauteur des pilotis ne dépasse pas 3 mètres ; / - et que la construction soit partiellement, et non entièrement, sur pilotis. / () ".
11. Il ressort des plans joints au dossier de demande de permis que la salle de bain située sous la première chambre est implantée à même le sol, sans aucun pilotis en dessous d'elle. Dans ces conditions, le requérant est fondé à soutenir que le maire du Mont-Dore a, à tort, estimé que la construction était entièrement bâtie sur pilotis. Toutefois, cette circonstance ne saurait ici conduire à l'annulation de l'arrêté attaqué, dès lors que le maire du Mont-Dore aurait ici pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur les quatre autres motifs de refus parallèlement retenus.
12. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de la commune du Mont-Dore présentées au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune du Mont-Dore sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune du Mont-Dore.
Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Pilven, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 mars 2023.
Le rapporteur,
SIGNÉ
B. BRIQUETLe président,
SIGNÉ
D. SABROUXLe greffier de chambre,
SIGNÉ
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026