jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300011 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL MDMH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 10 janvier et le 8 novembre 2023, M. C A, représenté par la SELARL MDMH, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 1562/CRI du 12 octobre 2022, par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il avait formé le 11 juillet 2022, en application de l'article R. 711-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, à l'encontre de la décision de la ministre des armées du 24 mars 2022 rejetant les demandes de concession d'une pension militaire d'invalidité qu'il avait respectivement présentées, le 6 octobre 2020 et le 2 avril 2021, au titre d'une part des séquelles de l'entorse au niveau du pouce et de l'index de la main droite qu'il a subie le 13 avril 2017, et d'autre part des séquelles de la brûlure au niveau de l'avant-bras droit dont il a été victime le 18 décembre 2020 ;
2°) si besoin, d'ordonner avant-dire droit une mesure d'expertise médicale, afin de déterminer le taux de ses invalidités et leur imputabilité ;
3°) d'enjoindre au ministre des armées de faire droit aux demandes de concession d'une pension militaire d'invalidité qu'il a présentées au titre d'une part des séquelles de l'entorse au niveau du pouce et de l'index de la main droite qu'il a subie le 13 avril 2017, et d'autre part des séquelles de la brûlure au niveau de l'avant-bras droit dont il a été victime le 18 décembre 2020 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'erreurs de fait et de droit, et d'erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 juillet 2023, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de M. A.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 mai 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de M. B représentant le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, adjudant-chef de gendarmerie, a subi le 13 avril 2017 une entorse au niveau du pouce et de l'index de la main droite dans le cadre de son service, alors qu'il élaguait et abattait à la tronçonneuse les arbres présentant, à la suite du passage du cyclone Cook, un risque pour la sécurité publique sur le territoire de la commune de Poindimié. Par ailleurs, le 18 décembre 2020, à l'occasion de son service, il a été victime d'une intoxication au monoxyde de carbone ainsi que d'une brûlure au niveau de l'avant-bras droit en intervenant à l'intérieur d'un des logements situés dans la caserne de Koné qui était sous son commandement, afin de tenter de maîtriser un incendie qui s'y était déclaré. Admis à faire valoir ses droits à pension de retraite et radié des cadres depuis le 1er juillet 2021, il demande au tribunal d'annuler la décision n° 1562/CRI du 12 octobre 2022, par laquelle la commission de recours de l'invalidité a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'il avait formé le 11 juillet 2022, en application de l'article R. 711-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, à l'encontre de la décision de la ministre des armées du 24 mars 2022 rejetant les demandes de concession d'une pension militaire d'invalidité qu'il avait respectivement présentées, le 6 octobre 2020 et le 2 avril 2021, au titre d'une part des séquelles de l'entorse qu'il a subie le 13 avril 2017, et d'autre part des séquelles de la brûlure dont il a été victime le 18 décembre 2020.
2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pensions militaires d'invalidité, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.
3. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ".
4. Il résulte de l'instruction que la décision attaquée vise les articles L. 2, L. 121-1, L. 121-4, L. 121-5, L. 125-3, L. 151-2, et L. 151-6 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, admet l'imputabilité au service des blessures, rappelle de manière détaillée les conclusions rendues respectivement le 22 janvier 2022 par le médecin expert agrée désigné par le service des pensions et des risques professionnels, et le 10 mars 2022 par le médecin conseil expert chargé des pensions militaires d'invalidité, pour chacune des infirmités en cause, et estime pour rejeter chaque demande que le taux d'invalidité imputable au service de chacune des infirmités était inférieur au taux minimal de 10 %. Ce faisant, elle comporte l'exposé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, et répond à l'exigence de motivation posée par l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration.
5. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Ouvrent droit à pension : / 1° Les infirmités résultant de blessures reçues par suite d'événements de guerre ou d'accidents éprouvés par le fait ou à l'occasion du service ; / () ". Aux termes de son article L. 121-4 : " Les pensions sont établies d'après le taux d'invalidité résultant de l'application des guides barèmes mentionnés à l'article L. 125-3. / Aucune pension n'est concédée en deçà d'un taux d'invalidité de 10 %. ". Aux termes de son article L. 121-5 : " La pension est concédée : / 1° Au titre des infirmités résultant de blessures, si le taux d'invalidité qu'elles entraînent atteint ou dépasse 10 % ; / () ".
6. Il résulte de l'instruction, et notamment du rapport circonstancié du 26 juin 2020, ainsi que des conclusions rendues respectivement le 22 janvier 2022 par le médecin expert agréé désigné par le service des pensions et des risques professionnels, et le 10 mars 2022 par le médecin conseil expert chargé des pensions militaires d'invalidité, que l'entorse subie à l'occasion du service le 13 avril 2017 a laissé subsister une laxité latérale du 2ème doigt de la main droite ainsi qu'une diminution des mouvements de préhension, de la force de préhension, et de la dextérité de cette main, engendrant un taux d'invalidité global de 25 %. Toutefois, les deux médecins susmentionnés sont en désaccord quant à la part de ce taux directement imputable au service, le médecin expert agréé indiquant que " Les séquelles des infirmités à expertiser sont bien en relation directe avec les traumatismes initiaux survenus en service ", tandis que le médecin conseil expert considère qu'en " l'absence de consultation entre 2017 et 2021, en l'absence de diagnostic et d'étiologie, () [seul] 5% [est] imputable à l'événement du 13/04/2017 ". L'état de l'instruction ne permet pas de déterminer quelle part du taux d'invalidité global de 25 % doit être retenue. Par ailleurs, s'il est constant, s'agissant de la seconde infirmité subie par l'intéressée, que la brûlure dont a été victime M. A le 18 décembre 2020 à l'occasion du service a généré une cicatrice de plus de dix centimètres sur la face externe de l'avant-bras droit, et si le médecin expert agréé et le médecin conseil expert estiment tous deux qu'elle est à l'origine d'un taux d'invalidité inférieur à 10 %, une telle cicatrice est néanmoins décrite comme " sans douleur " par le médecin expert agréé et comme " non compliquée " par le médecin conseil expert, alors que M. A produit un jugement du tribunal correctionnel de Nouméa du 18 septembre 2023 dans lequel il est fait état d'un rapport d'expertise médicale " déposé le 25 novembre 2022 au greffe du tribunal de première instance ", indiquant que " la cicatrice de brûlure face postéro-externe de l'avant-bras droit, et plus précisément de 2 lésions cicatricielles rosées de 4,5 cm sur 1 cm de large et de 3,5 cm sur 2,5 cm, lesquelles sont visibles essentiellement par l'aspect dépigmenté des téguments sur une même zone de 11 cm sur 4 cm [est à l'origine, pour M. A, de] douleurs de son avant-bras droit au moindre contact et [de] sensations d'hyperesthésie cutanée au toucher à type de décharges électriques ". Eu égard à cet élément apporté par l'intéressé, susceptible d'avoir une incidence sur la gêne fonctionnelle dont il fait l'objet, il existe en l'état de l'instruction également une incertitude quant à la pertinence du taux d'invalidité inférieur à 10 % retenu par le médecin expert agréé et le médecin conseil expert vis-à-vis de la seconde infirmité. Dans ces conditions, il y a lieu, sur le fondement des dispositions de l'article R. 621-1 du code de justice administrative, d'ordonner une expertise afin d'apprécier chacun de ces deux points, tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas statué par le présent jugement étant réservés jusqu'en fin d'instance.
D E C I D E :
Article 1er : Avant de statuer sur le surplus des conclusions de la requête de M. A, il sera procédé à une expertise médicale.
Article 2 : L'expert aura pour mission de :
1°) se faire communiquer tous documents relatifs à l'état de santé de M. A ; convoquer et entendre les parties et tous sachants ; procéder à l'examen sur pièces du dossier médical de M. A ainsi qu'à son examen clinique ;
2°) décrire l'état de santé de M. A ;
3°) rechercher l'origine et les causes des pathologies, évaluées à un taux d'invalidité global de 25 %, qui ont été subies au niveau de la main droite par M. A, et indiquer dans quelle mesure elles sont imputables au service ;
4°) déterminer le taux d'invalidité engendré par les blessures subies à l'occasion du service par M. A le 18 décembre 2020.
Article 3 : Les opérations d'expertise auront lieu contradictoirement entre M. C A et l'Etat.
Article 4 : L'expert sera désigné par le président du tribunal administratif. Il accomplira sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative. Il prêtera serment par écrit devant le greffier en chef du tribunal. L'expert déposera son rapport au greffe du tribunal en deux exemplaires, dans un délai de trois mois à compter de sa désignation. Des copies seront notifiées par l'expert aux parties intéressées. Avec leur accord, cette notification pourra s'opérer sous forme électronique. L'expert justifiera auprès du tribunal de la date de réception de son rapport par les parties.
Article 5 : Les frais et honoraires de l'expertise sont réservés pour y être statué en fin d'instance.
Article 6 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, et au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET Le président,
D. SABROUX
Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026