jeudi 30 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300018 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCAT KAIGRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 janvier 2023, M. C B, représenté par la SELARL d'avocat Kaigre, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article R. 531-1 du code de justice administrative :
1°) de dire et juger que la présente demande n'apparaît pas sérieusement contestable ;
2°) ordonner la communication de la vidéosurveillance du mercredi 11 janvier 2023 de 15h à 16 h de l'agression physique dont M. B a été victime, la communication du nom de l'auteur présumé et des témoins présents ;
3°) ordonner la communication du dossier médical de M. B ;
4°) d'ordonner une expertise au centre pénitentiaire de Nouméa, dénommé le Camp Est, à Nouville aux fins de constater ses conditions de détention et leurs incidences sur son état de santé ;
5°) de désigner, aux fins d'y procéder un expert, géomètre et immobilier qui acceptera sa mission dans les conditions prévues par les articles R. 621-2 à R. 621-14 du code de justice administrative afin de :
- se rentre au centre pénitentiaire situé 2 rue du Capitaine A, à Nouméa,
- se faire communiquer tous les documents et les pièces nécessaires à l'accomplissement de sa mission, et notamment :
- l'entier dossier individuel du requérant, M. B, constitué en application des articles 724-1 et D. 155 et suivants du code de procédure pénale,
- la liste des cellules occupées par le requérant, ainsi que le nombre d'occupants lorsqu'il s'y trouvait,
- les documents relatifs aux délais de traitement des demandes et aux conditions d'accès aux soins, service du culte, activités sportives, formation et travail, ainsi qu'au téléphone au sein du Camp-Est,
- la liste et le nombre de visites au parloir ainsi que la liste et le nombre des autorisations de téléphoner délivrés au requérant,
- les normes d'hygiène et de sécurité en vigueur s'agissant d'un établissement pénitentiaire ;
- autoriser expressément le requérant à assister aux opérations d'expertise et ce, même s'il n'y était plus incarcéré à cette date ;
- décrire l'état de chacune des cellules occupées par le requérant depuis son arrivée à la maison d'arrêt, à l'aide de plans et photographies, en précisant notamment :
- leur superficie,
- leur volume,
- les meubles s'y trouvant, ainsi que la surface disponible,
- les sanitaires,
- l'état de l'installation électrique,
- les conditions d'hygiène individuelle,
- la mesure de leur éclairage et luminosité, et ce à différents moments de la journée,
- la température de la cellule,
- le taux d'humidité,
- les équipements d'aération et de ventilation,
- la capacité de renouvellement de l'air,
- indiquer le nombre de personnes se trouvant dans chacune des cellules ou s'y étant trouvées avec le requérant ;
- décrire l'état des parties communes affectées à l'usage des détenus, notamment les douches, les sanitaires, les couloirs, les ateliers, les lieux de formation, les lieux de culte, la bibliothèque, les aires réservées à la promenade, les cabines téléphoniques etc. et pour chacun de ces lieux préciser notamment :
- leur superficie,
- leur système d'aération et de ventilation,
- le taux d'humidité,
- la température,
- la capacité de renouvellement de l'air,
- leur éclairage ;
- pour les aires réservées à la promenade et au sport :
- les conditions d'accessibilité, notamment en cas de fortes pluies, vérifier l'état des extérieurs, leur entretien ;
- pour le droit de sortie de la cellule :
- le nombre et le temps de promenade, ainsi que le nombre de détenus par promenade ;
- pour les parloirs :
- dire si un espace est prévu pour l'accueil des enfants des détenus et si les lieux permettent des échanges de gestes affectueux ;
- pour les cabines téléphoniques :
- décrire leur emplacement et dire s'il permet la confidentialité des échanges en regard des autres détenus et des surveillants pénitentiaires ;
- décrire les lieux soumis à vidéo surveillance ainsi que leur état de fonctionnement ;
- mesurer pendant 24 heures le bruit régnant au sein des cellules et parties communes ;
- procéder à des relevés et analyses biologiques dans les cellules et parties communes en s'adjoignant des sapiteurs sanitaires afin de réaliser un audit environnemental ;
- entendre l'ensemble des personnes auxquelles il est fait référence (médecin, responsables du personnel pénitentiaire, directrice, détenus chargés de l'entretien, auxiliaire d'étage, etc.) et recueillir leurs doléances, notamment liées à la surpopulation carcérale ;
- vérifier les conditions d'accès au culte et l'effectivité de la mise en œuvre du droit à la prière ;
- vérifier la présence effective d'une équipe de soin suffisante et les délais moyens pour obtenir une consultation médicale, notamment pour l'accès à une consultation pour un suivi psychologique et en addictologie ;
- vérifier les conditions d'accès à la lecture et à l'information, via le prêt de livres ou de revues ;
- d'une manière générale, relever tous les éléments de fait relatifs au respect de la dignité des conditions de détention, et à la démonstration d'un manquement ou non de l'administration à ses obligations ;
- dire que l'expert pourra s'adjoindre un collège d'experts, afin notamment d'évaluer l'état de santé de M. B et notamment un médecin orthopédique pouvant constater la fracture du bras droit dont il se plaint, et un médecin psychiatre pour constater l'impact psychologique des conditions de détentions ;
- déposer un pré-rapport dans le mois et impartir aux parties un délai pour présenter leurs observations et du tout, dresser rapport ;
- accorder l'aide judiciaire provisoire et fixer le nombre d'unités de valeur revenant à l'avocat concluant.
M. B soutient que :
- ses conditions de détention sont de nature à engager la responsabilité de l'administration pénitentiaire ;
- le centre pénitentiaire n'assure pas le maintien de conditions d'incarcération garantissant le respect de la dignité de chaque personne humaine ;
- la surpopulation est un fait officiel et les conditions de détention sont contraires aux exigences de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme ;
- le constat sollicité est utile pour établir les conditions dégradantes de sa détention susceptibles de donner lieu à une action indemnitaire devant la juridiction administrative.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 février 2023, le garde des Sceaux, ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucune des mesures demandées par M. B ne présente un caractère utile dès lors, d'une part, que l'ensemble des pièces produites révèlent de manière suffisamment précise les éléments matériels que souhaite voir constater M. B et, d'autre part, que la prise en charge sanitaire des personnes détenues ne relève pas de la compétence de l'administration pénitentiaire, cette responsabilité incombant exclusivement au service public hospitalier.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la demande d'aide judiciaire provisoire :
1. Aux termes des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de prononcer l'admission provisoire de M. B au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la demande de constat :
2. Aux termes de l'article R. 531-1 du code de justice administrative : " S'il n'est rien demandé de plus que la constatation des faits, le juge des référés peut, sur simple requête qui peut être présentée sans ministère d'avocat et même en l'absence d'une décision administrative préalable, désigner un expert pour constater sans délai les faits qui seraient susceptibles de donner lieu à un litige devant la juridiction. / Avis en est donné immédiatement aux défendeurs éventuels. / Par dérogation aux dispositions des articles R. 832-2 et R. 832-3, le délai pour former tierce opposition est de quinze jours ".
3. M. B, écroué le 26 octobre 2022 est incarcéré au centre pénitentiaire de Nouméa. Il déplore les conditions de sa détention. M B demande la désignation d'un collège d'experts afin que celui-ci procède notamment au constat de l'état des cellules dans lesquelles il est détenu, leur incidence sur son état de santé, la communication des images de vidéosurveillance portant sur l'incident du 11 janvier 2023, le recueil de tout témoignage utile ainsi que la consultation de son dossier médical. D'une part si les faits exposés par le requérant peuvent donner lieu à un litige susceptible de relever de la compétence de la juridiction administrative, il ne peut être prescrit à l'expert désigné sur le fondement des dispositions de l'article R. 531-1 du code de justice administrative que de procéder à une constatation de ces faits. Par voie de conséquence, il ne saurait lui être demandé de réaliser une enquête administrative portant sur l'incident du 11 janvier 2023, comprenant le visionnage des images de vidéosurveillance et le recueil de tout témoignage utile ainsi que la communication du dossier médical le concernant. D'autre part, M. B a déjà été indemnisé de ses préjudices par une ordonnance du juge des référés de ce tribunal en date du 21 février 2023. Par conséquent sa demande de constat concernant ses conditions de détention ne revêt aucun caractère d'utilité.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
O R D O N N E
Article 1er : M. B n'est pas admis au bénéfice de l'aide judiciaire à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B et au garde des Sceaux, ministre de la justice.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mars 2023.
Le président, juge des référés,
Signé
Didier Sabroux
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires ou huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026