jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300021 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL LFC AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 janvier et le 5 mai 2023, la société Aquanord, représentée par la SELARL LFC Avocats, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Kaala-Gomen à lui verser une somme de 9 001 172 francs CFP toutes taxes comprises, à titre principal sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à titre subsidiaire sur celui de l'enrichissement sans cause ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Kaala-Gomen une somme de 250 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'elle a droit, à titre principal sur le fondement de la responsabilité contractuelle, et à titre subsidiaire sur celui de l'enrichissement sans cause, à l'indemnisation des prestations qui ne lui ont pas encore été réglées par la commune de Kaala-Gomen entre 2019 et juillet 2020.
Par des mémoires en défense, enregistré le 27 avril et le 28 août 2023, la commune de Kaala-Gomen, représentée par la SELARL Tehio, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 618 000 francs CFP soit mise à la charge de la société Aquanord au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les conclusions tendant à titre subsidiaire à sa condamnation sur le fondement de l'enrichissement sans cause sont des prétentions nouvelles irrecevables, n'ayant pas été formulées dans la réclamation préalable ;
- aucune indemnisation n'est due, les contrats conclus étant le fruit de dol ou de fraude de la part de la société Aquanord.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Tehio pour la commune.
Considérant ce qui suit :
1. La société Aquanord demande au tribunal de condamner la commune de Kaala-Gomen à lui verser une somme de 9 001 172 francs CFP toutes taxes comprises, à titre principal sur le fondement de la responsabilité contractuelle, à titre subsidiaire sur celui de l'enrichissement sans cause.
2. Lorsque le juge est saisi d'un litige relatif à l'exécution d'un contrat, les parties à ce contrat ne peuvent invoquer un manquement aux règles de passation, ni le juge le relever d'office, aux fins d'écarter le contrat pour le règlement du litige. Par exception, il en va autrement lorsque, eu égard d'une part à la gravité de l'illégalité et d'autre part aux circonstances dans lesquelles elle a été commise, le litige ne peut être réglé sur le fondement de ce contrat.
3. Les clauses de tacite reconduction contenues dans des contrats de la commande publique étant illégales, aucun préjudice, et donc aucun droit à indemnité, ne peut naître, pour le cocontractant de l'administration, de l'absence de reconduction tacite d'un contrat à l'issue de la durée initiale convenue par les parties.
4. Il résulte de l'instruction que la société Aquanord assurait des prestations d'analyse et de distribution d'eau potable au profit de la commune de Kaala-Gomen depuis au moins 2013 par le biais de contrats tacitement reconduits, qui avaient en dernier lieu été formellement matérialisés par de nouveaux contrats conclus le 4 mars 2020, lesquels se bornaient à reprendre les contrats antérieurs. L'ensemble de ces contrats a été pris en méconnaissance des règles de passation des marchés publics. Toutefois, contrairement à ce qu'allègue la commune de Kaala-Gomen, aucune des pièces du dossier ne permet d'établir qu'ils auraient été le fruit d'un dol ou d'une fraude, et ce d'autant moins que cette commune a immédiatement signé les contrats conclus en 2020 et n'a procédé à une résiliation qu'en réaction aux observations qui lui ont été transmises dans le cadre du contrôle de légalité. Dans ces circonstances, le litige doit ici être réglé sur le terrain contractuel.
5. La société Aquanord a en l'espèce droit à l'indemnisation des prestations qu'elle a assurées en exécution des contrats jusqu'au 16 juillet 2020, date à laquelle il lui a été demandé d'arrêter ces prestations, aucune indemnité ne pouvant, quant à elle, être due pour la période postérieure. A cet effet, elle produit des factures ainsi que des tableaux récapitulant les consommations mensuelles d'eau de javel. La commune de Kaala-Gomen, quant à elle, se borne à contester de manière générale la pertinence des montants retenus, sans apporter la moindre précision ni le moindre commencement de preuve. Dans ces conditions, il y a lieu de regarder comme établis les préjudices invoqués par la société Aquanord et de condamner en conséquence la commune de Kaala-Gomen à lui verser la somme de 9 001 172 francs CFP toutes taxes comprises qu'elle demande.
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Kaala-Gomen une somme de 180 000 francs CFP au titre des frais exposés par la requérante et non compris dans les dépens. Les mêmes dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de la requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La commune de Kaala-Gomen est condamnée à verser à la société Aquanord la somme de 9 001 172 francs CFP toutes taxes comprises qu'elle demande.
Article 2 : La commune de Kaala-Gomen versera une somme de 180 000 francs CFP à la société Aquanord au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Aquanord et à la commune de Kaala-Gomen.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUETLe président,
D. SABROUX
Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
cb
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
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Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026