vendredi 21 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2023, la société à responsabilité limitée (SARL) La Restauration du Nord doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) de lui accorder le remboursement d'un crédit de taxe générale sur la consommation au taux de 6 % au lieu d'un taux de 3 % au titre des troisième et quatrième trimestres 2019, des premier, deuxième et quatrième trimestres 2020, des premier, troisième et quatrième trimestres 2021 et des premier et deuxième trimestres 2022 pour un montant total de 6 657 001 francs CFP et de la décharger du rappel de taxe générale sur la consommation auquel elle a été assujettie au titre des mêmes périodes.
Elle soutient que :
- elle n'assure que la livraison des plats et non la distribution qui est effectuée par le personnel de chaque établissement livré ; l'activité principale de la société est la fabrication de plats cuisinés ce qui justifie un taux de TGC de 3 % ; son activité est assimilée à un service de gamelle qui fabrique et livre des repas préparés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mai 2023, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les moyens soulevés par la SARL La Restauration du Nord ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des impôts de la Nouvelle-Calédonie ;
- l'arrêté n° 2017-209/GNC du 17 janvier 2017 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pilven, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SARL Restauration du Nord a déclaré au titre de la période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2022 un crédit de taxe générale sur la consommation au taux de 3 %. A la suite d'un contrôle sur pièces, le service de la fiscalité des professionnels lui a adressé une proposition de rectification notifiée le 12 septembre 2022 dans laquelle elle a retenu que les fournitures de plats préparés prêts à la consommation, effectuées auprès des organismes livrés par la société requérante étaient assimilables à des prestations de service soumises au taux de 6 %. La société requérante a adressé une réclamation le 17 janvier 2023 qui a donné lieu à une décision de rejet par l'administration fiscale le 7 février 2023. La SARL La Restauration du Nord demande au tribunal la décharge du rappel de taxe générale sur la consommation mis à sa charge à hauteur de 6 657 001 francs CFP au titre des années mentionnées plus haut.
2. Aux termes de l'article Lp. 505 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : " La taxe générale sur la consommation est perçue selon quatre taux : - un taux réduit ; - un taux spécifique; - un taux normal ; - un taux supérieur. Le taux réduit s'applique aux biens produits ou transformés en Nouvelle-Calédonie dans les conditions et limites définies par une délibération. " Aux termes de l'article R. 505-1 du même code : " 1. Le taux réduit s'applique aux livraisons de biens produits ou transformés localement, à l'exception des boissons dont la liste est fixée par arrêté du gouvernement à partir de leur position dans le tarif des douanes, après avis de la commission de la législation et de la réglementation économiques et fiscales du congrès de la Nouvelle-Calédonie. 2. Constituent des biens éligibles au taux réduit sur ce fondement, les biens résultant d'un processus de transformation suffisant de matières premières, matériaux ou produits semi-ouvrés mis en œuvre par une entreprise : a) Dont l'activité dans le cadre de laquelle est produit ou transformé le bien relève des secteurs suivants : - activité de l'industrie et l'artisanat de production de biens répertoriée comme telle par la nomenclature d'activités françaises (NAF) () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté n° 2017-209/GNC du 17 janvier 2017 relatif aux taux de la taxe générale sur la consommation : " Les activités visées au a) du 2. de l'article R 505-1 sont celles relevant des codes de la Nomenclature d'activités française rev 2 en vigueur en Nouvelle-Calédonie depuis le 1er septembre 2010 et figurant dans le tableau annexé au présent arrêté () Seules les livraisons de biens réalisées dans le cadre de l'une des activités mentionnées dans ce tableau et résultant d'un processus suffisant de transformation sont éligibles au taux réduit sur le fondement de l'article R 505-1 du code des impôts.() Ne sont pas éligibles au taux réduit prévu par l'article R 505-1 du code des impôts, les prestations de services quand bien même elles sont réalisées dans le cadre d'une activité éligible ". Aux termes de l'article 4 de cet arrêté : " La liste des services relevant du taux réduit prévu par le 1 de l'article R. 505 du code des impôts s'établit comme suit : 17. les services de gamelles. () ; 19. la fourniture de repas par prestataires extérieurs des cantines scolaires () ". Aux termes de l'article 5 de cet arrêté : " Les prestations de services qui ne sont visées ni à l'article 4, ni à l'article 8 du présent arrêté, sont soumises au taux spécifique prévu par le 1 de l'article R. 505 du code des impôts. Il en va de même des livraisons à emporter de biens alimentaires prêts à la consommation par un établissement de restauration () ". Enfin, l'annexe I de l'arrêté du 17 janvier 2017 prévoit parmi les activités visées au a) du 2 de l'article R. 505-1 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : " 10-13 A Préparation industrielle de produits à base de viande ". Il résulte de la combinaison de ces dispositions que l'activité de préparation industrielle de produits à base de viande ainsi que les livraisons de ces produits entrent dans la liste des activités éligibles au taux réduit de la taxe générale sur la consommation alors que les prestations de services associées à cette activité ne sont pas éligibles à ce taux réduit, sauf si elles entrent dans la liste des services mentionnés à l'article 4 de cet arrêté.
3. La SARL La Restauration du Nord soutient que si elle produit des plats cuisinés et en assure la livraison, elle est éligible au taux réduit de la taxe générale sur la consommation, fixé à 3 % pour l'ensemble de ses activités, au motif qu'elle n'assure que la livraison des plats mais non la distribution au sein des établissements clients et que son activité est assimilable à un service de gamelle. Toutefois, la prestation de services correspondant à la livraison et à la distribution de repas auprès du centre hospitalier du Nord, des centres de dialyse de Koumac et de Poindimié et de la maison de retraite de Koumac, constitue une prestation complète de repas, portant sur la fabrication, le conditionnement et la livraison à des services hospitaliers et à une maison de retraite de journées-repas adaptées au régime de chaque patient, incluant le petit-déjeuner, le déjeuner et le dîner, avec fourniture de la vaisselle, suivant des prescriptions particulières en matière d'hygiène et de conditionnement définies par des documents contractuels, et non une simple livraison de produits à base de viande correspondant à une activité éligible de préparation industrielle de produits à base de viande au sens de l'article 1er de l'arrêté du 17 janvier 2017. En outre la circonstance que la société requérante ne participe pas à la distribution des repas au sein des établissements livrés est sans influence sur le type de prestation décrite plus haut. Dès lors, cette activité de production et de livraison de plats préparés entrait dans le champ d'application de l'article 5 de l'arrêté du 17 janvier 2017 des activités soumises au taux spécifique de 6 % de la taxe générale sur la consommation.
4. Par ailleurs, si les services de gamelles bénéficient d'un taux réduit de taxe en application des dispositions de l'article 4 de l'arrêté du 17 janvier 2017, au motif que le client choisit son menu à emporter ou celui qui lui est livré, parmi les plats proposés par le restaurateur de son choix, et lui règle directement le prix correspondant, les structures hospitalières et l'EHPAD, seuls co-contractants de la société, ont défini la nature des prestations et les modalités de réalisation sur une période prédéfinie, sans que les usagers de ces services publics n'interviennent directement dans le choix de ces prestations, dont ils n'acquittent pas non plus le prix auprès de la société requérante. Par suite, les prestations en litige ne peuvent être regardées comme des prestations de gamelle, taxables au taux réduit de la taxe sur la consommation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la SARL La Restauration du Nord n'est pas fondée à demander la décharge du rappel de taxe générale sur la consommation auquel elle a été assujettie à hauteur de la somme de 6 657 001 francs CFP.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SARL La Restauration du Nord est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée La Restauration du Nord et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 13 juillet 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Pilven, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2023.
Le rapporteur,
J-E. PILVENLe président,
D. SABROUXLe greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
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01/06/2026