jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300119 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 mars et le 5 juin 2023, M. B C demande au tribunal d'annuler la décision de procéder à des retenues sur traitement à son encontre pour récupérer les loyers de son logement de fonction qui ne lui avaient pas été prélevés depuis le 4 février 2020.
Il soutient que :
- M. A était incompétent pour décider seul, dans son courriel du 15 février 2023, de lui imposer d'office le prélèvement de sommes d'argent sur son traitement ;
- les retenues sur traitement dont il fait l'objet n'ont donné lieu à aucune décision préalable d'information, aucune mise en demeure, ni aucun avis d'échéance ou notification quelconque ;
- les retenues sur traitement sont entachées d'erreur de droit, dès lors qu'aucune disposition ne permet de recourir à un double prélèvement d'office des loyers sur le traitement mensuel d'un agent ;
- le défaut de prélèvement originel n'est pas de son fait ;
- il fait l'objet d'une sanction disciplinaire déguisée constitutive d'un détournement de pouvoir ;
- la décision attaquée est entachée de rétroactivité illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, la province Nord conclut au rejet de la requête de M. C.
Elle soutient que :
- la juridiction administrative est incompétente pour connaître du présent litige, relatif à un contrat de bail de droit privé ;
- la requête est irrecevable, la province Nord n'ayant pris aucune décision à l'encontre de M. C à propos du précompte de son loyer ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courriel du 16 février 2023, qui, ne constituant qu'une réponse à une demande d'information, est dépourvu de tout caractère décisoire et est insusceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la délibération n° 650/91 du 23 décembre 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 septembre 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, agent de la province Nord exerçant les fonctions de chargé de mission au sein du service de la mission de la femme, occupe depuis le mois de novembre 2019 un logement de fonction à Koné, par le biais d'un contrat de bail conclu avec le président de l'assemblée de la province Nord. A la suite d'un contrôle effectué à la fin du mois d'octobre 2022, les services de la province Nord se sont aperçus que la redevance afférente à son logement, qui est fixée par la délibération n° 650/91 du 23 décembre 1991 et est perçue au moyen d'une retenue précomptée sur le traitement, n'avait donné lieu à aucun prélèvement depuis le 4 février 2020. Ils ont en conséquence décidé de procéder, à compter du mois de décembre 2022, à une retenue sur traitement pour récupération de l'indu, en prélevant chaque mois un mois supplémentaire de redevance jusqu'à apurement de la dette. M. C demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Il ressort des pièces du dossier que le contrat de bail conclu entre M. C et le président de l'assemblée de la province Nord, bien que portant sur un bien relevant du domaine privé de la province, donne lieu au paiement d'une redevance fixée par la délibération n° 650/91 du 23 décembre 1991 et est régi par l'arrêté n° 130/2002 du 23 octobre 2022 fixant les conditions d'occupation des logements provinciaux, qui prévoit notamment la possibilité, pour l'exécutif de la province Nord, de mettre fin à l'occupation à tout moment à charge seulement d'en avertir l'occupant trois mois à l'avance. Dans ces conditions, et eu égard à des telles clauses exorbitantes de droit commun, ce contrat de bail présente le caractère d'un contrat administratif. Il s'ensuit que l'exception d'incompétence opposée par la province Nord doit être rejetée, la juridiction administrative étant compétente pour connaître du présent litige.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. le requérant fait valoir que M. A était incompétent pour décider seul, dans son courriel du 15 février 2023, de lui imposer d'office le prélèvement de sommes d'argent sur son traitement. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le courriel du 15 février 2023 n'était qu'une réponse à une demande d'information formulée par le requérant lui-même. Par suite, le moyen doit être écarté comme manquant en fait, M. A n'ayant pas décidé, dans son courriel du 15 février 2023, de lui imposer d'office le prélèvement de sommes d'argent sur son traitement.
4. M. C soutient que les retenues sur traitement dont il fait l'objet n'ont donné lieu à aucune décision préalable d'information, aucune mise en demeure, ni aucun avis d'échéance ou notification quelconque. Cependant, la retenue sur traitement n'a pas le caractère d'une sanction disciplinaire, mais constitue une mesure purement comptable qui n'est soumise à aucune procédure particulière. Elle n'exige, en conséquence, ni que l'intéressé ait été mis en mesure de présenter sa défense, ni même qu'il ait été préalablement informé de la décision prise à son encontre avant que celle-ci ne soit exécutée. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir d'un défaut d'information à son égard.
5. Le requérant fait valoir que les retenues sur traitement sont entachées d'erreur de droit, dès lors qu'aucune disposition ne permet de recourir à un double prélèvement d'office des loyers sur le traitement mensuel d'un agent. Toutefois, les retenues ne correspondent pas ici à une double redevance prélevée au titre d'un même mois. Par ailleurs, et en tout état de cause, le montant de ces retenues n'est limité que par la quotité insaisissable du traitement, lorsqu'elle est prévue par la réglementation. Par suite, aucune erreur de droit n'est ici établie.
6. Si M. C, qui n'a pas pu ne pas s'apercevoir en toute bonne foi de l'absence de prélèvement de la redevance due sur son traitement pendant des mois soutient que le défaut de prélèvement originel n'est pas de son fait, celui-ci ne constitue qu'une simple erreur de liquidation non créatrice de droits. Par suite, l'administration n'a commis ni erreur de droit ni erreur de fait en procédant aux retenues en cause, dès lors qu'il est constant que les redevances étaient dues.
7. Si le requérant fait valoir que la décision en litige est entachée de rétroactivité illégale, celle-ci se borne à récupérer, par la voie de la compensation, une créance déjà existante et qui est née de la simple exécution du contrat de bail. Elle ne revient par ailleurs sur aucune décision et ne remet en cause aucun droit acquis. Par suite, bien que prise en considération de situations passées, elle est dépourvue de tout caractère rétroactif.
8. Si M. C soutient qu'il fait l'objet d'une sanction disciplinaire déguisée constitutive d'un détournement de pouvoir, il ne ressort pas des pièces du dossier que les retenues en cause aient été prises dans une volonté de sanction. Par suite, un tel moyen doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C doit être rejetée, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la province Nord.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026