jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300250 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | ELMOSNINO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2023, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision portant renouvellement de son séjour en Nouvelle-Calédonie, qui a été transmise à sa hiérarchie le 12 octobre 2021, en tant qu'elle prévoit que cette nouvelle période court à compter du 25 novembre 2021 ;
2°) d'annuler la décision du 14 mars 2023 rejetant expressément la demande de régularisation de sa situation administrative qu'elle avait présentée le 20 février 2023 ;
3°) d'annuler la décision implicite de rejet de la demande de régularisation de sa situation administrative qu'elle avait présentée le 4 avril 2023 ;
4°) d'annuler le procès-verbal du 12 février 2021 l'installant dans ses fonctions de greffière au tribunal de première instance de Nouméa à compter du 25 novembre 2019 ;
5°) d'annuler les notes de service relatives à sa situation du 30 mars et du 30 novembre 2021, en tant qu'elles se réfèrent à un arrêté de nomination du 7 novembre 2019 et non à celui du 16 octobre 2019 ;
6°) d'enjoindre à l'administration de rectifier l'ensemble des actes contestés, et de retenir la date du 15 janvier 2021 en tant que date effective de son premier séjour en Nouvelle-Calédonie ainsi que celle du 15 janvier 2023 s'agissant de son second séjour.
Elle soutient que :
- sa requête est recevable ;
- la date de début de son premier séjour en Nouvelle-Calédonie ne pouvait être fixée, sans erreur de droit et d'appréciation, au 25 novembre 2019, alors qu'elle n'est arrivée sur ce territoire que le 15 janvier 2021 et n'y a effectivement séjourné qu'à compter de cette date ;
- le procès-verbal du 12 février 2021 l'a installée rétroactivement dans ses fonctions de greffière au tribunal de première instance de Nouméa à compter du 25 novembre 2019 ;
- il se réfère par ailleurs à tort à un arrêté de nomination du 7 novembre 2019, alors que l'arrêté la concernant date du 16 octobre 2019 ;
- les notes de service du 30 mars et du 30 novembre 2021 se réfèrent eux aussi à tort à l'arrêté de nomination du 7 novembre 2019 et non à celui du 16 octobre 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 février 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête de Mme A.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le décret n° 96-1026 du 26 novembre 1996 ;
- le décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Elmosnino, avocat de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, adjoint administratif principal de première classe du ministère de la justice, a été nommée dans le corps des greffiers des services judiciaires à compter du 25 novembre 2019 par un arrêté de la garde des sceaux, ministre de la justice, du 16 octobre 2019. Affectée par ce même arrêté auprès de la cour d'appel et du tribunal de première instance de Nouméa, elle a effectué une année de formation à l'Ecole nationale des greffes, avant de rejoindre son poste en Nouvelle-Calédonie le 15 janvier 2021. Estimant que l'administration fait partir à tort, dans les actes pris depuis lors à son égard, la limitation de la durée de son affectation en Nouvelle-Calédonie au 25 novembre 2019, elle demande au tribunal l'annulation de la décision portant renouvellement de son séjour pour une nouvelle période de deux ans, qui a été transmise à sa hiérarchie le 12 octobre 2021, en tant qu'elle prévoit que cette nouvelle période court à compter du 25 novembre 2021, ainsi que celle des deux décisions de rejet de ses demandes de régularisation de sa situation administrative du 20 février et du 4 avril 2023, du procès-verbal du 12 février 2021 l'installant dans ses fonctions de greffière au tribunal de première instance de Nouméa à compter du 25 novembre 2019, et enfin des notes de service la concernant du 30 mars et du 30 novembre 2021, en tant qu'elles se réfèrent à un arrêté de nomination du 7 novembre 2019 et non à celui du 16 octobre 2019.
2. Aux termes de l'article 1er du décret n° 96-1026 du 26 novembre 1996 relatif à la situation des fonctionnaires de l'Etat et de certains magistrats dans les territoires d'outre-mer de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna : " Le présent décret est applicable, sous réserve des dispositions de l'article 3 ci-après, aux fonctionnaires titulaires et stagiaires de l'Etat, ainsi qu'aux magistrats de l'ordre judiciaire, affectés dans les territoires d'outre-mer de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna, qui sont en position d'activité ou détachés auprès d'une administration ou d'un établissement public de l'Etat dans un emploi conduisant à pension civile ou militaire de retraite. ". Aux termes de son article 2 : " La durée de l'affectation dans les territoires d'outre-mer de Nouvelle-Calédonie, de Polynésie française et de Wallis-et-Futuna est limitée à deux ans. / Cette affectation peut être renouvelée une seule fois à l'issue de la première affectation. / Une affectation dans l'un des territoires d'outre-mer énumérés au premier alinéa du présent article ne peut être sollicitée qu'à l'issue d'une affectation d'une durée minimale de deux ans hors de ces territoires ou de Mayotte. Toutefois, cette période de deux ans peut être accomplie dans un territoire d'outre-mer distinct du territoire d'affectation ou à Mayotte, si le centre des intérêts moraux et matériels de l'agent se situe dans l'un de ces territoires ou dans cette collectivité. ".
3. Aux termes de l'article 6 du décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015 portant statut particulier des greffiers des services judiciaires : " Les greffiers des services judiciaires sont recrutés : / () / 4° Par voie d'un examen professionnel ouvert aux adjoints administratifs relevant du ministère de la justice qui justifient, au 1er janvier de l'année d'ouverture de cet examen, d'au moins onze ans de services publics. ". Aux termes de son article 10 : " () / III. - Les greffiers des services judiciaires recrutés par examen professionnel en application des dispositions du 4° de l'article 6 sont titularisés dès leur nomination en qualité de greffier et sont classés en application des dispositions du chapitre III du présent décret. ". Aux termes de son article 11 : " () / III. - Les fonctionnaires recrutés par la voie de l'examen professionnel mentionné au 4° de l'article 6 reçoivent une formation professionnelle initiale d'une durée de douze mois sous la responsabilité de l'Ecole nationale des greffes. / () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que si, à la suite de la réussite de l'examen professionnel, Mme A a été nommée dans le corps des greffiers à compter du 25 novembre 2019 et affectée immédiatement auprès de la cour d'appel et du tribunal de première instance de Nouméa, elle était néanmoins tenue de suivre, avant toute prise de poste et par application de l'article 11 du décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015, une formation professionnelle initiale d'une durée de douze mois à l'Ecole nationale des greffes, située à Dijon. Dans ces conditions, l'affectation de Mme A en Nouvelle-Calédonie doit être regardée comme n'étant devenue effective, au regard de la limitation de durée fixée par l'article 2 du décret n° 96-1026 du 26 novembre 1996, qu'à compter du 25 novembre 2020, date de fin de cette formation initiale obligatoire. L'arrivée en Nouvelle-Calédonie de la requérante le 15 janvier 2021 est quant à elle restée sans incidence sur le point de départ de la période d'affectation, la date d'entrée sur le territoire n'influant pas en elle-même sur la fixation de la date d'affectation. Dès lors, et eu égard à l'ensemble de ces éléments, l'issue du premier séjour de deux ans de Mme A devait être fixée au 25 novembre 2022. Par suite, l'intéressée est fondée à demander l'annulation de la décision portant renouvellement de son séjour pour une nouvelle période de deux ans, en tant qu'elle prévoit que cette nouvelle période court à compter du 25 novembre 2021. Doivent également être annulées la décision du 14 mars 2023 rejetant expressément sa demande de régularisation de sa situation administrative du 20 février 2023, ainsi que la décision implicite de rejet de sa demande de régularisation du 4 avril 2023.
5. Aux termes de l'article 26 du décret n° 2015-1275 du 13 octobre 2015 portant statut particulier des greffiers des services judiciaires : : " Les greffiers exerçant dans les juridictions sont installés dans leurs fonctions à une audience solennelle de la juridiction dans laquelle ils sont affectés. Ils peuvent aussi être installés par écrit. ".
6. Mme A établit n'être arrivée sur le territoire calédonien que le 15 janvier 2021. Par suite, le procès-verbal d'installation établi à son égard doit être annulé pour erreur de fait, en tant qu'il fixe au 25 novembre 2019 la date d'installation.
7. La circonstance que les notes de service du 30 mars et du 30 novembre 2021 se réfèrent à l'arrêté de nomination du 7 novembre 2019 et non à celui du 16 octobre 2019 est en elle-même sans incidence sur la légalité de ces actes. Par suite, les conclusions tendant à l'annulation desdites notes doivent en tout état de cause être rejetées.
8. Les annulations prononcées aux points n° 4 et 6 par le présent jugement impliquent que l'administration régularise la situation de Mme A, afin d'une part de tirer les conséquences de la circonstance que son affectation en Nouvelle-Calédonie devait, au regard de la limitation de durée fixée par l'article 2 du décret n° 96-1026 du 26 novembre 1996, être regardée comme ne prenant effet qu'au 25 novembre 2020, et d'autre part de retenir une date d'installation correspondant à sa prise effective de fonctions au sein du tribunal de première instance de Nouméa, laquelle ne saurait être antérieure à son arrivée sur le territoire calédonien. Il y a dès lors lieu d'enjoindre au garde des sceaux, ministre de la justice, d'effectuer une telle régularisation, dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du garde des sceaux, ministre de la justice, portant renouvellement du séjour de Mme A pour une nouvelle période de deux ans, qui a été transmise à la hiérarchie de l'intéressée le 12 octobre 2021, est annulée en tant qu'elle prévoit que cette nouvelle période court à compter du 25 novembre 2021.
Article 2 : La décision du 14 mars 2023 rejetant expressément la demande de régularisation de sa situation administrative présentée par Mme A le 20 février 2023, ainsi que la décision implicite de rejet de sa demande de régularisation de sa situation administrative du 4 avril 2023, sont annulées.
Article 3 : Le procès-verbal d'installation établi à l'égard de Mme A le 12 février 2021 est annulé, en tant qu'il fixe au 25 novembre 2019 la date d'installation dans ses fonctions de greffière au tribunal de première instance de Nouméa.
Article 4 : Il est enjoint au garde des sceaux, ministre de la justice, de procéder, dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement, à la régularisation de la situation de Mme A, dans les conditions précisées au point n° 8 du présent jugement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET Le président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026