lundi 23 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300316 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | PIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 juin et le 14 septembre 2023, M. A D, représenté par Me Pieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-2958/GNC-Pr du 1er mars 2023, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a renouvelé son stage probatoire pour une année supplémentaire à compter du 11 février 2023 ;
2°) d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et sous une astreinte de 50 000 francs CFP par jour de retard, à titre principal de procéder à sa titularisation et à titre subsidiaire de prendre une nouvelle décision après réexamen de sa situation ;
3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 200 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'acte attaqué est entaché d'incompétence, d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 17 août et le 29 septembre 2023, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de M. D.
Elle soutient que :
- aucun des moyens soulevés n'est fondé ;
- les conclusions à fin d'injonction sont irrecevables.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 ;
- la délibération n° 346 du 30 décembre 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 octobre 2023 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Pieux, avocat du requérant et de Mme E, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, qui, après une année de formation au sein de l'institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie, avait été nommé instituteur stagiaire en exercice du cadre de l'enseignement du premier degré de Nouvelle-Calédonie à compter du 11 février 2022 et qui a avait été soumis, à ce titre, à un stage probatoire d'un an par un arrêté du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie du 4 janvier 2022, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 1er mars 2023, par lequel cette même autorité a renouvelé son stage probatoire pour une année supplémentaire à compter du 11 février 2023.
2. Aux termes de l'article 26 de l'arrêté du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires des cadres territoriaux : " Sauf dérogations expresses prévues par les textes organiques, tout candidat agréé dans un cadre local doit accomplir, dans l'emploi qui lui est attribué, un stage comptant du jour de l'arrivée au Territoire s'il provient de l'extérieur, ou du jour de la prise de service s'il est recruté sur place, et dont la durée est fixée par le statut particulier des corps de fonctionnaires dont le stagiaire deviendra membre par sa titularisation. / A l'expiration de cette période, le stagiaire est, par arrêté du chef du territoire pris sur la proposition du Chef de service après avis de la commission d'avancement compétente pour le corps de fonctionnaire auquel il appartiendra après titularisation, soit titularisé, soit licencié, soit autorisé à effectuer un nouveau stage d'une année à l'issue de laquelle il est dans les mêmes formes ou titularisé ou licencié. En aucun cas, cette autorisation ne peut être renouvelée. / () ".
3. Aux termes de l'article 3 de la délibération n° 346 du 30 décembre 2002 portant statut particulier du corps des instituteurs du cadre de l'enseignement du premier degré de Nouvelle-Calédonie : " I- Les lauréats des concours prévus aux points 1 et 2 de l'article 2 sont nommés instituteurs stagiaires du cadre de l'enseignement du premier degré de la Nouvelle-Calédonie par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, à compter de la date de la rentrée scolaire des enseignants du premier degré de l'année d'admission à l'institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie. / Ils sont soumis à une période de formation d'un an minimum au sein de l'institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie. / La validation de cette année de formation en tant que fonctionnaire stagiaire en formation est conditionnée par l'obtention du diplôme professionnel d'instituteur. Si le stagiaire en formation n'obtient pas celui-ci, un renouvellement de l'année de formation peut être prononcé. / II- A la suite de l'obtention du diplôme professionnel d'instituteur, dont les modalités de délivrance sont définies par voie de convention entre l'Etat et la Nouvelle-Calédonie, les instituteurs stagiaires en formation sont nommés instituteurs stagiaires en exercice et soumis à un stage probatoire face à des élèves d'une durée d'un an. Ils sont classés au 3e échelon de la grille indiciaire prévue à l'article 9. / Durant cette année de stage en exercice, les instituteurs stagiaires en exercice : / 1° bénéficient d'un suivi et d'un accompagnement (visites et/ou regroupements) assurés conjointement par la direction de l'enseignement de la Nouvelle-Calédonie et l'institut de formation des maîtres de Nouvelle-Calédonie ; / 2° sont obligatoirement soumis à une inspection, laquelle doit intervenir entre le 15 juin et le 15 septembre de l'année de stage en exercice. / III- La titularisation des instituteurs stagiaires en exercice est prononcée au vu du rapport de fin de stage élaboré par leur employeur, lequel est basé sur le rapport d'inspection lorsque celui-ci a été réalisé. / IV- Dans l'hypothèse où les instituteurs stagiaires en exercice seraient soumis à un renouvellement de stage probatoire, l'inspection durant cette seconde année de stage est obligatoirement effectuée par un inspecteur autre que celui ayant réalisé celle de la première année. ".
4. M. D fait valoir que Mme B C, directrice des ressources humaines et de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie et signataire de l'arrêté du 1er mars 2023, ne disposait pas d'une délégation régulière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a donné délégation à Mme C, par un arrêté n° 2021-9476/GNC-Pr du 6 août 2021 publié le 12 août 2021 au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie, pour signer en son nom " () / 3° toutes décisions, () en matière de fonction publique de Nouvelle-Calédonie concernant les procédures de recrutement, les nominations dans les corps et dans les cadres, les avancements au choix, les changements de position statutaire, () ". Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait.
5. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée serait fondée sur d'autres considérations que l'aptitude professionnelle et la manière de servir de l'intéressé. Par conséquent, le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie en retenant d'autres éléments doit être écarté.
6. Il ressort du rapport d'inspection du 4 août 2022 que si M. D s'investit dans ses fonctions, prépare sa classe, et a su développer d'excellentes relations avec ses élèves, sa maîtrise des contenus disciplinaires et son identification des savoirs et savoir-faire à faire acquérir à ses élèves sont " à consolider ". L'inspectrice note par ailleurs que la préparation de la classe " doit être beaucoup plus précise et explicite ", afin d'être plus efficace, et qu'" un effort est particulièrement attendu en rédaction ". De telles lacunes affectent la transmission des connaissances, laquelle constitue la principale raison d'être des instituteurs, et est susceptible de préjudicier aux élèves, dans la mesure où ceux-ci reçoivent des savoirs de moindre qualité. Dans ces conditions, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ne saurait être regardé comme ayant commis une erreur manifeste d'appréciation en prononçant le renouvellement du stage de l'intéressé, nonobstant ses appréciations très satisfaisantes en matière d'attitude et d'encadrement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction, sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 23 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 octobre 2023.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
La greffière en chef,
M-M. CAUVY
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026