jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300352 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL DE GRESLAN - LENTIGNAC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023 et un mémoire enregistré le 1er septembre 2023, le syndicat des Infirmiers à Domicile (SIAD), représentée par Me De Greslan, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 3 mai 2023 par laquelle la Caisse de Compensation des prestations Familiales, des Accidents du Travail et de Prévoyance des Travailleurs de la Nouvelle-Calédonie (CAFAT) a rejeté sa demande d'application stricte de l'article 13 de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels applicable en Nouvelle-Calédonie ;
2°) d'abroger la circulaire de la CAFAT n° 2022-083 du 11 mars 2022 en ce qu'elle créé une règle de calcul des indemnités horokilométriques " en tournée " ;
3°) de mettre à la charge de la CAFAT la somme de 212 000 F CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le SIAD soutient que :
- la CAFAT ne dispose pas de la compétence pour édicter une règle nouvelle ;
- la CAFAT a entaché sa décision d'une erreur de droit, les règles édictées étant contraires aux dispositions en vigueur ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
Par mémoire enregistré le 9 août 2023, la CAFAT conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999, toutes deux relatives à la Nouvelle-Calédonie ;
- la loi du pays modifiée n° 2001- 016 du 11 janvier 2002 relative à la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie ;
- la délibération modifiée n° 280 du 19 décembre 2001 relative à la sécurité sociale en Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les conclusions de Me De Greslan, avocat du syndicat requérant.
Considérant ce qui suit :
1. La Nomenclature Générale des Actes Professionnels (NGAP) dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie dispose notamment en son article 13 que : " Lorsqu'un acte inscrit à la nomenclature doit être effectué au domicile du malade, les frais de déplacement du praticien sont remboursés, en sus de la valeur propre de l'acte ; ce remboursement est, selon le cas, forfaitaire ou calculé en fonction de la distance parcourue et de la perte de temps subie par le praticien. " " Lorsque la résidence du malade et le domicile professionnel du praticien ne sont pas situés dans la même agglomération et lorsque la distance qui les sépare est supérieure à 2 km en plaine ou 1 km en montagne, les frais de déplacement sont remboursés sur la base d'une indemnité horokilométrique dont la valeur unitaire est déterminée dans les mêmes conditions que celles des lettres clés prévues à l'article 2. [] L'indemnité horokilométrique s'ajoute à la valeur propre de l'acte ; s'il s'agit d'une visite, cette indemnité s'ajoute au prix de la visite et non à celui de la consultation. Pour les actes en K, KC, Z, D, DC, SF, SFI, AMI, AMM, AMP et AMO, l'indemnité horokilométrique se cumule avec l'indemnité forfaitaire prévue aux paragraphe A. Elle est calculée et remboursée dans les conditions ci-après : 1° L'indemnité due au praticien est calculée pour chaque déplacement à partir de son domicile professionnel et en fonction de la distance parcourue sous déduction d'un nombre de kilomètres fixé à 2 sur le trajet tant aller que retour. Cet abattement est réduit à 1 km en montagne et en haute montagne. Il n'y a pas lieu à abattement pour les visites et les accouchements effectués par les sage-femmes. En cas d'acte global (intervention chirurgicale, par exemple), chaque déplacement du praticien occasionné soit par l'acte initial, soit par les soins consécutifs donne lieu à l'indemnité de déplacement forfaitaire et, le cas échéant, horokilométrique, calculée comme il est dit ci- dessus. " Cette nomenclature pose un principe de facturation " en étoile " selon la distance parcourue dans laquelle est pris en compte dans ce calcul la distance parcourue à partir du domicile du praticien pour chaque trajet aller et retour sous déduction de 2km.
2. Par une requête enregistrée le 3 juillet 2023, le syndicat des Infirmiers à Domicile (SIAD) demande au tribunal d'annuler la décision du 3 mai 2023 par laquelle la Caisse de Compensation des prestations Familiales, des Accidents du Travail et de Prévoyance des Travailleurs de la Nouvelle-Calédonie (CAFAT) a rejeté sa demande d'application " stricte " de l'article 13 de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels applicable en Nouvelle-Calédonie, ainsi que la circulaire de la CAFAT n° 2022-083 du 11 mars 2022 en ce qu'elle créé une règle de calcul des indemnités horokilométriques " en tournée ".
3. Par une lettre-circulaire du 11 mars 2022 adressée aux infirmiers, la CAFAT distingue, au II relatif aux modalités de calcul des indemnités horokilométriques, deux situations pour la facturation de ces indemnités : le trajet aller-retour du cabinet infirmier au domicile d'un patient (" en étoile ") et la tournée journalière de soins, en précisant qu'" une tournée est une organisation de soins pour laquelle vous ne repassez pas par votre cabinet entre chaque patient () ".
4. Le syndicat des infirmiers à domicile, contestant cette circulaire en ce qu'elle ne prévoit pas, pour les tournées journalières de soins, la même facturation " en étoile " que pour les trajets aller-retour entre le cabinet et le domicile de chaque patient, a demandé à la CAFAT, par courriers des 28 avril 2022 et 31 mars 2023, de respecter les dispositions de la NGAP applicable en Nouvelle- Calédonie et de rembourser les indemnités kilométriques " en les calculant pour chaque patient depuis le domicile professionnel jusqu'à celui du patient et retour, déduction faite de 2 km aller et 2 km retour ". Ces demandes ont été rejetées par des courriers des 18 mai 2022 et 3 mai 2023, dont le syndicat requérant doit être regardé comme demandant l'annulation.
5. Le syndicat soutient que la CAFAT ne dispose pas de la compétence pour édicter une règle nouvelle et commet une erreur de droit en appliquant des règles contraires aux dispositions de la NGAP applicable en Nouvelle-Calédonie ainsi qu'une erreur manifeste d'appréciation en introduisant une dimension de réduction des coûts qui n'existe pas dans la NGAP. Ce faisant, le syndicat doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la lettre-circulaire de la CAFAT du 11 mars 2022.
6. Les documents de portée générale émanant d'autorités publiques, matérialisés ou non, tels que les circulaires, instructions, recommandations, notes, présentations ou interprétations du droit positif peuvent être déférés au juge de l'excès de pouvoir lorsqu'ils sont susceptibles d'avoir des effets notables sur les droits ou la situation d'autres personnes que les agents chargés, le cas échéant, de les mettre en œuvre. Ont notamment de tels effets ceux de ces documents qui ont un caractère impératif ou présentent le caractère de lignes directrices. Il appartient au juge d'examiner les vices susceptibles d'affecter la légalité du document en tenant compte de la nature et des caractéristiques de celui-ci ainsi que du pouvoir d'appréciation dont dispose l'autorité dont il émane. Le recours formé à son encontre doit être accueilli, notamment s'il fixe une règle nouvelle entachée d'incompétence, si l'interprétation du droit positif qu'il comporte en méconnaît le sens et la portée ou s'il est pris en vue de la mise en œuvre d'une règle contraire à une norme juridique supérieure.
7. En l'espèce, dans la mesure où les dispositions précitées du 1° du C) de l'article 13 de la NGAP posent expressément le principe du calcul des IK en fonction de la distance parcourue, la CAFAT n'a pas ajouté de règle nouvelle en considérant que toutes les indemnités kilométriques ne devaient pas être calculées sur la base d'un retour systématique de l'infirmier à son cabinet entre chaque patient dès lors que les infirmiers effectuent, soit des trajets allers-retours entre leur domicile professionnel et celui des patients, soit, notamment lorsque les patients habitent à proximité les uns des autres, des tournées journalières n'impliquant pas de retour à leur cabinet entre chaque patient.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la circulaire de la CAFAT n° 2022-083 du 11 mars 2022 sont irrecevables. Par suite, le syndicat n'est pas davantage fondé à demander l'annulation des décisions du 18 mai 2022 et du 3 mai 2023 par lesquelles la CAFAT a rejeté sa demande d'application " stricte " de l'article 13 de la Nomenclature Générale des Actes Professionnels applicable en Nouvelle-Calédonie. Les conclusions présentées au titre des frais exposés par le syndicat des infirmiers à domicile et non compris dans les dépens doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du Syndicat des Infirmiers à Domicile est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au Syndicat des Infirmiers à Domicile et à la CAFAT.
Délibéré après l'audience du 5 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX La greffière en chef
M.M. A
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026