jeudi 29 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300387 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | JOANNOPOULOS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 août 2023 et un mémoire enregistré le 2 février 2024, l'association Old Beans NC, représenté par Me Joannopoulos, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 juin 2023 de Mme la maire de Nouméa rejetant son recours gracieux contre l'arrêté n°2023/438 du 2 février 2023 portant amende administrative à son encontre ;
2°) d'annuler l'arrêté n°2023/438 du 2 février 2023 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nouméa la somme de 270 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est insuffisamment motivé ;
- les droits de la défense n'ont pas été respectés ;
- l'association ne peut être regardée comme un commerce au sens de l'article 123-1 du code de commerce de Nouvelle-Calédonie ;
- les dispositions appliquées ne sont pas claires ;
- l'arrêté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la sanction est disproportionnée ;
- l'événement n'a engendré aucun trouble à l'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 octobre 2023, la commune de Nouméa conclut au rejet de la requête de l'association Old Beans NC.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des relations entre le public et l'administration applicable en Nouvelle-Calédonie ;
- le code des débits de boisson de la province Sud ;
- la loi du pays n°2018-6 du 30 juin 2018 relative à la lutte contre l'alcoolisme ;
- la délibération n°7-2000 APS du 3 mars 2000 ;
- la délibération modifiée n°53-89/APS du 13 décembre 1989 relative aux débits de boissons dans la province Sud ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 8 février 2024 :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Joannopoulos avocat de l'association Old Beans NC et de Mme A représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. Par un bail en date du 18 décembre 2013, la commune de Nouméa a mis à disposition de l'association Old Beans NC une partie des parcelles d'un complexe de rugby et d'une salle socio-sportive dont elle est propriétaire, pour une durée de cinq ans. Par procès-verbal d'huissier en date du 3 septembre 2022, la commune de Nouméa a fait constater que l'association a vendu de l'alcool sur le domaine communal à l'occasion d'un événement sportif.
2. L'association Old Beans NC demande au tribunal d'annuler la décision du 2 juin 2023 par laquelle la maire de Nouméa a rejeté son recours gracieux contre l'arrêté n° 2023/438 du 2 février 2023 lui infligeant une amende administrative pour les faits relatés au point précédent, ensemble l'arrêté n° 2023/438 du 2 février 2023.
3. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi organique du 19 mars 1999 : " Chaque province est compétente dans toutes les matières qui ne sont pas dévolues à l'Etat ou à la Nouvelle-Calédonie par la présente loi, ou aux communes par la législation applicable en Nouvelle-Calédonie ". Aux termes de l'article 22 de la même loi organique : " La Nouvelle-Calédonie est compétente dans les matières suivantes : / () 4° () hygiène publique et santé () 19° () consommation, concurrence et répression des fraudes, droit de la concentration économique ". Aux termes de l'article 47 : " III. - L'assemblée de province peut déléguer aux communes compétence pour l'instruction et la délivrance, la suspension et le retrait des autorisations individuelles en matière de débits de boissons ". Aux termes de l'article L. 131-1 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie, " le maire est chargé () de la police municipale " dont l'objet est " d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques " sur le territoire communal selon l'article L. 131-2 du même code.
4. Aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration applicable en Nouvelle-Calédonie : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 2° Infligent une sanction () ". Aux termes de l'article L. 121-1 du même code : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. " Aux termes de l'article L. 122-1 du même code : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix. L'administration n'est pas tenue de satisfaire les demandes d'audition abusives, notamment par leur nombre ou leur caractère répétitif ou systématique. " Enfin, aux termes de l'article L. 122-2 : " Les mesures mentionnées à l'article L. 121-1 à caractère de sanction ne peuvent intervenir qu'après que la personne en cause a été informée des griefs formulés à son encontre et a été mise à même de demander la communication du dossier la concernant. "
5. Le respect du principe général des droits de la défense suppose que la personne concernée soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre. La personne concernée doit être mise à même de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus. Ainsi, la commune de Nouméa était tenue d'informer l'association requérante, avant le prononcé de la sanction, de son droit de demander la communication du procès-verbal sur la base duquel ont été établis les manquements qui lui sont reprochés.
6. En l'espèce, l'association requérante n'a pris connaissance des documents sur lesquels se fonde la sanction, et notamment du rapport de la police municipale du 3 septembre 2022, qu'à la réception de l'arrêté attaqué portant sanction à son encontre. Ignorant l'existence de ce document, l'association n'était dès lors pas en mesure d'en demander la communication. De fait, ce rapport de la police municipale ne lui a finalement été communiqué que le 5 juin 2023, date à laquelle elle a reçu le courrier également contesté de la maire de la commune de Nouméa rejetant son recours gracieux contre la sanction. Dans ces conditions, la commune n'établit pas que l'association a été mise à même, préalablement au prononcé de la sanction, de demander la communication des pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus ni qu'elle y ait eu accès.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit nécessaire de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté n° 2023/438 du 2 février 2023 portant amende administrative à l'encontre de l'association Old Beans NC et la décision du 2 juin 2023 de la maire de Nouméa rejetant le recours gracieux de l'association requérante contre ledit arrêté doivent être annulées.
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Nouméa une somme de 180 000 francs CFP, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté n° 2023/438 du 2 février 2023 portant amende administrative à l'encontre de l'association Old Beans NC et la décision du 2 juin 2023 de la maire de Nouméa rejetant le recours gracieux de l'association requérante contre ledit arrêté sont annulées.
Article 2 : La commune de Nouméa versera une somme de 180 000 francs CFP à l'association Old Beans NC au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association Old Beans NC et à la commune de Nouméa.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 février 2024.
Le rapporteur,
SIGNE
G. PRIETO
Le président,
SIGNE
D. SABROUX
Le greffier,
SIGNE
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026