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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2300449

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2300449

jeudi 21 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2300449
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE
Avocat requérantSELARL REUTER - DE RAISSAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 septembre 2023, M. B C, représenté par la SELARL Reuter-de Raissac-Patet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 juillet 2023, par laquelle le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a refusé de faire droit à sa demande d'octroi de l'habilitation et du titre de circulation requis pour accéder et se déplacer dans la zone de sûreté à accès réglementé des aéroports domestiques de Nouvelle-Calédonie ;

2°) d'annuler l'avis défavorable qui avait été émis par le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie le 20 juin 2023 antérieurement à cette décision ;

3°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa demande d'octroi de l'habilitation et du titre de circulation requis pour accéder et se déplacer dans la zone de sûreté à accès réglementé des aéroports domestiques de Nouvelle-Calédonie ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 180 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de la décision du 24 juillet 2023 ne disposait pas d'une délégation régulière pour ce faire ;

- la décision attaquée n'a été précédée d'aucune enquête administrative ;

- le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a méconnu le principe de séparation des procédures pénales et administratives en se fondant sur une condamnation pénale ;

- l'administration a recueilli des informations en violation de la loi, eu égard à l'exclusion de toute mention de sa condamnation au bulletin n° 2 du casier judiciaire qui avait été prononcée par ordonnance du président du tribunal de première instance de Nouméa du 21 juin 2021 ;

- il n'est pas établi que la consultation du traitement des antécédents judiciaires effectuée à l'occasion de l'enquête administrative préalable à la délivrance de l'habilitation et du titre de circulation demandés l'avait été par un agent spécialement habilité à cette fin ;

- le refus d'octroi de l'habilitation et du titre de circulation sollicités constitue une sanction disproportionnée, et est entaché d'erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 janvier 2024, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de M. C.

Il soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation du courrier du 20 juin 2023, qui se borne à inviter l'intéressé à présenter ses observations sur le motif de rejet envisagé, et ne constitue qu'une mesure préparatoire de la décision de rejet du 24 juillet 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;

- le code de l'aviation civile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code des transports ;

- le décret n° 2007-423 du 23 mars 2007 ;

- le décret n° 2023-1008 du 31 octobre 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 29 février 2024 :

- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Patet, avocat du requérant et de M. D représentant le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.

Considérant ce qui suit :

1. M. C a été recruté par un contrat de travail à durée indéterminée du 15 janvier 2015 par la compagnie Air Loyauté en qualité de technicien de maintenance qualifié. A la suite d'une enquête technique, il a été constaté que M. C n'avait pas effectué sa mission de contrôle technique d'un avion conformément aux prescriptions requises et qu'il avait établi un certificat de remise en service de l'avion attestant de la bonne réalisation de la maintenance, en sachant que l'entretien n'avait pas été réalisé, notamment au niveau du radar météo et du plancher de la cabine. A la suite d'une procédure disciplinaire, son licenciement a été prononcé par son employeur. Parallèlement, par une ordonnance du président du tribunal de première instance de Nouméa du 21 juin 2021, l'intéressé a été condamné d'une part, dans le cadre de l'action publique, à une peine de trois mois d'emprisonnement avec sursis, avec exclusion de la mention de la condamnation au bulletin n° 2 du casier judiciaire, pour avoir, le 26 août 2020, " altéré frauduleusement la vérité dans un écrit, ayant pour objet d'établir la preuve d'un droit ou d'un fait ayant des conséquences juridiques, en l'espèce en signant la réalisation d'une inspection permettant la remise en service d'un aéronef sans que celle-ci ait été réalisée, [et pour avoir également] fait sciemment usage d'un [faux document] appelé APRS (approbation pour remise en service), dans lequel la vérité avait été altérée ", et d'autre part, dans le cadre de l'action civile, au versement de dommages-intérêts à son ancien employeur. Postérieurement, M. C a signé un contrat à durée déterminée de 6 mois en tant que mécanicien aéronautique auprès de la société Air Calédonie, avec une prise de fonctions au 1er mars 2023. Il a bénéficié d'une licence de maintenance valable jusqu'au 16 juillet 2028. A ce titre, il a sollicité le 23 mars 2023, l'octroi de l'habilitation et du titre de circulation requis pour accéder et se déplacer dans la zone de sûreté à accès réglementé des aéroports domestiques de Nouvelle-Calédonie. Par un courrier du 20 juin 2023, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a informé M. C qu'il n'envisageait pas d'accéder à sa demande en raison de ses antécédents et l'invitait à présenter ses observations dans un délai de 15 jours. Puis, par une décision du 24 juillet 2023, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a expressément rejeté cette demande. M. C demande au tribunal d'annuler ce courrier du 20 juin 2023 et cette décision du 24 juillet 2023.

Sur les conclusions à fin d'annulation du courrier du 20 juin 2023 :

2. Il ressort des pièces du dossier que le courrier du 20 juin 2023 n'a d'autre objet que d'inviter l'intéressé à présenter ses observations sur le motif de rejet envisagé. Eu égard à ses termes, un tel courrier ne présente qu'un caractère préparatoire. Par suite, il n'est pas susceptible de recours. Doivent dès lors être rejetées les conclusions tendant à son annulation.

Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 24 juillet 2023 :

3. Aux termes de l'article L. 6342-2 du code des transports, applicable en Nouvelle-Calédonie en vertu de l'article L. 6763-1 du même code : " L'accès à la zone côté piste de l'aérodrome et la circulation dans cette zone sont soumis à autorisation. / Les personnes accédant aux zones de sûreté à accès réglementé et y circulant sont tenues de détenir, outre le cas échéant l'habilitation mentionnée au premier alinéa de l'article L. 6342-3, un titre de circulation ou l'un des documents mentionnés au point 1.2.2.2 de l'annexe au règlement (UE) n° 185/2010 de la Commission du 4 mars 2010 fixant des mesures détaillées pour la mise en œuvre des normes de base communes dans le domaine de la sûreté de l'aviation civile. / () ". Aux termes de son article L. 6342-3 : " Doivent être habilités par l'autorité administrative compétente : / 1° Les personnes ayant accès aux zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes ; / 2° Les personnes ayant accès aux approvisionnements de bord sécurisés ainsi que celles ayant accès au fret, aux colis postaux ou au courrier postal sécurisés par un agent habilité ou ayant fait l'objet de contrôles de sûreté par un chargeur connu et identifiés comme devant être acheminés par voie aérienne ; / 3° Les instructeurs en sûreté de l'aviation civile soumis aux exigences du point 11.5.1 de l'annexe au règlement d'exécution (UE) 2015/1998 de la Commission du 5 novembre 2015 fixant des mesures détaillées pour la mise en œuvre des normes de base communes dans le domaine de la sûreté de l'aviation civile ; / 4° Les personnes qui ont des droits d'administrateur ou un accès non surveillé et illimité aux données et aux systèmes de technologies de l'information et de la communication critiques utilisés aux fins de la sûreté de l'aviation civile et qui sont mentionnées au c du point 11.1.2 de l'annexe au règlement d'exécution (UE) 2015/1998 de la Commission du 5 novembre 2015 précité. / La délivrance de cette habilitation est précédée d'une enquête administrative donnant lieu, le cas échéant, à consultation du bulletin n° 2 du casier judiciaire et des traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification. / () ".

4. Aux termes de l'article R. 213-3-1 du code de l'aviation civile, applicable à l'espèce : " I.- L'habilitation mentionnée à l'article L. 6342-3 du code des transports est demandée par l'entreprise ou l'organisme qui emploie la personne devant être habilitée. Elle peut être sollicitée, préalablement à une entrée en formation, par le futur employeur. Dans ce cas, le dossier de demande d'habilitation comprend une lettre d'intention d'embauche. / L'habilitation est délivrée ou refusée par le préfet exerçant les pouvoirs de police sur l'aérodrome lorsque l'entreprise ou l'organisme concerné est situé sur l'emprise de celui-ci, ou par le préfet territorialement compétent dans les autres cas. A Paris, la compétence appartient au préfet de police. / L'habilitation est valable sur l'ensemble du territoire national pour une durée maximale de cinq ans. / II.- L'habilitation peut être retirée ou suspendue par le préfet territorialement compétent lorsque la moralité ou le comportement de la personne titulaire de cette habilitation ne présente pas les garanties requises au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, de l'ordre public ou sont incompatibles avec l'exercice d'une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes, dans les lieux de préparation et stockage des approvisionnements de bord, ou des expéditions de fret ou de courrier postal sécurisées et devant être acheminées par voie aérienne, ainsi que dans les installations mentionnées au III de l'article R. 213-3. / En cas d'urgence, l'habilitation peut être suspendue immédiatement par le préfet territorialement compétent pour une durée maximale d'un mois, reconductible une fois au cas où les circonstances l'exigent. / III.- Les fonctionnaires de la police nationale, les agents des douanes et les militaires de la gendarmerie sont réputés détenir l'habilitation citée au I. ". Aux termes de l'article R. 213-3-3 du code de l'aviation civile, applicable à l'espèce : " I.- Sauf pour les personnes visées au III de l'article R. 213-3-1, la délivrance du titre de circulation prévu dans les règlements de l'Union européenne relatifs à la sûreté est subordonnée à la justification de l'habilitation prévue à l'article R. 213-3. / Le titre de circulation est délivré pour une durée qui n'excède ni la durée de l'habilitation ni la durée prévisible de l'activité en zone de sûreté à accès réglementé de son bénéficiaire. Il est restitué lorsque les conditions ayant conduit à sa délivrance ne sont plus remplies. / II.- Le titre de circulation est délivré par le préfet exerçant les pouvoirs de police sur l'aérodrome pour lequel le titre est sollicité ou par le préfet territorialement compétent lorsque le titre de circulation concerne les installations citées au III de l'article R. 213-3. / Il peut être retiré par le préfet dès lors que l'une des conditions indiquées au I du présent article n'est plus remplie par son bénéficiaire. / En cas d'urgence, le titre de circulation peut être suspendu par le préfet pour une durée maximale d'un mois, reconductible une fois au cas où les circonstances l'exigeraient. / () ".

5. Aux termes de l'article 32 du décret n° 2007-423 du 23 mars 2007 relatif aux pouvoirs du haut-commissaire de la République, à l'organisation et à l'action des services de l'Etat en Nouvelle-Calédonie : " Le haut-commissaire peut donner délégation de signature : / () / 3° Pour les matières relevant de leurs attributions, aux chefs des services déconcentrés des administrations civiles de l'Etat ; ces chefs de service peuvent recevoir délégation afin de signer les lettres d'observation valant recours gracieux adressées aux collectivités ou à leurs établissements publics. Ces chefs de service peuvent donner délégation pour signer les actes relatifs aux affaires pour lesquelles ils ont eux-mêmes reçu délégation aux agents placés sous leur autorité. Le haut-commissaire peut, par arrêté, mettre fin à tout ou partie de cette délégation. Il peut également fixer, par arrêté, la liste des compétences qu'il souhaite exclure de la délégation que peuvent consentir les chefs de service aux agents placés sous leur autorité ; / () ".

6. M. C soutient que M. E F, chef du service territorial de police au sein de la direction territoriale de la police nationale de Nouvelle-Calédonie et signataire de la décision du 24 juillet 2023, ne disposait pas d'une délégation régulière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, tout d'abord, que le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a donné délégation à M. G A, directeur territorial de la police nationale de la Nouvelle-Calédonie, par un arrêté HC/DCEC/BCC n° 2023-45 du 6 mars 2023 publié le 14 mars 2023 au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie, pour signer en son nom " () / - les habilitations d'accès à la zone réservée des aéroports de La Tontouta et de Magenta en application des articles R. 213-3 et R. 213-4 du code de l'aviation civile ; / () ". Il ressort par ailleurs desdites pièces que, conformément à l'article 32 du décret n° 2007-423 du 23 mars 2007 et à l'arrêté précité du 6 mars 2023 dans lequel le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie l'autorisait " à subdéléguer, sous sa responsabilité, à un ou plusieurs agents des services placés sous son autorité, tout ou partie de la signature qui lui est conférée par le présent arrêté ", M. G A a subdélégué sa signature à E F " pour signer les documents se rapportant aux affaires traitées dans le cadre de [ses] attributions " et notamment " les habilitations d'accès à la zone réservée des aéroports de Tontouta et de Magenta en application des articles R. 213-3 et R. 213-4 du code l'aviation civile ", par une décision n° DTPN988/STGR/SR/N° 2023D/835 du 3 juillet 2023 publiée le 20 juillet 2023 au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait.

7. Si le requérant fait valoir que la décision attaquée n'a été précédée d'aucune enquête administrative, il ressort des pièces du dossier qu'une telle enquête a bien été menée. Par conséquent, le moyen manque en fait.

8. M. C soutient que le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie a méconnu le principe de séparation des procédures pénales et administratives en se fondant sur une condamnation pénale. Toutefois, l'existence d'une condamnation pénale antérieurement rendue n'interdisait pas, en elle-même, au haut-commissaire de prendre en compte les faits à l'origine de cette condamnation pour apprécier, dans le cadre de la délivrance de l'habilitation en litige, si le requérant présentait ou non les garanties requises, au regard de la sûreté de l'Etat, de la sécurité publique, de la sécurité des personnes, et de l'ordre public, pour exercer une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes.

9. Aux termes de l'article R. 40-26 du code de procédure pénale : " Peuvent être enregistrées dans le [traitement d'antécédents judiciaires] les catégories de données à caractère personnel et informations suivantes : / () / () les données à caractère non personnel qui concernent les faits, objets de l'enquête, les lieux, dates de l'infraction et modes opératoires ainsi que les données et images relatives aux objets, y compris celles qui permettent indirectement d'identifier les personnes concernées. ".

10. La circonstance que la condamnation de M. C n'a donné lieu à aucune mention au bulletin n° 2 du casier judiciaire ne faisait pas obstacle à ce qu'après avoir consulté le bulletin n° 2 et constaté que celui-ci était vierge, l'autorité administrative, ainsi que le permet expressément l'article L. 6342-3 du code des transports, consulte également les traitements automatisés de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales, lesquels faisaient état de " faux et altération frauduleuse de la vérité dans un écrit et usage de faux en écriture (concernant la maintenance d'un aéronef) " commis le " 24/08/2020 ". Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que l'administration, qui s'est bornée à appliquer l'article L. 6342-3 susmentionné, a recueilli des informations en violation de la loi.

11. Aux termes de l'article R. 40-23 du code de procédure pénale : " Le ministre de l'intérieur (direction générale de la police nationale et direction générale de la gendarmerie nationale) est autorisé à mettre en œuvre un traitement automatisé de données à caractère personnel, dénommé "traitement d'antécédents judiciaires", dont les finalités sont celles mentionnées à l'article 230-6. ". Aux termes de l'article R. 40-28 du même code : " I. - Ont accès à la totalité ou, à raison de leurs attributions, à une partie des données mentionnées à l'article R. 40-26 pour les besoins des enquêtes judiciaires : " 1° Les agents des services de la police nationale exerçant des missions de police judiciaire individuellement désignés et spécialement habilités soit par les chefs des services territoriaux de la police nationale, soit par les chefs des services actifs à la préfecture de police ou, le cas échéant, le préfet de police, soit par les chefs des services centraux de la police nationale ou, le cas échéant, le directeur général dont ils relèvent ; / () ". Il résulte du 1° du I de l'article R. 40-29 du même code que les agents habilités selon les modalités prévues au 1° du I de l'article R. 40-28 peuvent consulter les données à caractère personnel figurant dans le traitement des antécédents judiciaires, qui se rapportent à des procédures judiciaires closes ou en cours, sans autorisation du ministère public, dans le cadre des enquêtes prévues à l'article L. 114-1 du code de la sécurité intérieure, lequel est applicable à l'instruction des demandes d'autorisation d'accès aux " zones non librement accessibles des aérodromes ", conformément aux articles R. 114-1 et R. 114-4 du code de la sécurité intérieure dans leur rédaction en vigueur en Nouvelle-Calédonie indiquée par l'article R. 156-2 du même code.

12. Le requérant fait valoir qu'il n'est pas établi que la consultation du traitement des antécédents judiciaires effectuée à l'occasion de l'enquête administrative préalable à la délivrance de l'habilitation et du titre de circulation demandés l'avait été par un agent spécialement habilité à cette fin. Toutefois, les dispositions précitées de l'article L. 6342-3 du code des transports prévoient la possibilité que certains traitements automatisés de données à caractère personnel soient consultés au cours de l'enquête conduite par l'administration dans le cadre de ses pouvoirs de police, préalablement à la délivrance de l'habilitation requise pour accéder dans la zone de sûreté à accès réglementé des aéroports. Dans ces conditions, la circonstance, à la supposer même établie, que l'agent ayant procédé à cette consultation n'aurait pas été, en application des dispositions également précitées du code de procédure pénale, régulièrement habilité à cette fin, si elle est susceptible de donner lieu aux procédures de contrôle de l'accès à ces traitements, n'est pas, par elle-même, de nature à entacher d'irrégularité la décision prise sur la demande d'habilitation en litige. Il en est de même, par voie de conséquence, pour la décision prise sur la demande d'octroi d'un titre de circulation, dont la légalité n'est pas non plus susceptible d'être affectée.

13. M. C fait valoir que le refus d'octroi de l'habilitation et du titre de circulation sollicités constitue une sanction disproportionnée, et est entaché d'erreur d'appréciation. Toutefois, le refus opposé à l'intéressé ne constitue pas en lui-même une sanction. Par ailleurs, les faits de faux et d'altération frauduleuse de la vérité commis le 24 août 2020, qui sont ici établis, tendaient à démontrer, en tant qu'ils portaient sur des vérifications et des travaux de maintenance d'un aéronef non effectués, qu'à la date de la décision attaquée M. C ne présentait pas l'ensemble des garanties requises, au regard notamment de la sécurité des personnes, pour exercer une activité dans les zones de sûreté à accès réglementé des aérodromes. Dans ces conditions, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie ne peut être regardé comme ayant commis une erreur d'appréciation en refusant de l'habiliter à accéder à ces zones.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation des actes attaqués. Doivent être rejetées, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Délibéré après l'audience du 29 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Briquet, premier conseiller,

M. Prieto, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.

Le rapporteur,

B. BRIQUET

Le président,

D. SABROUX

Le greffier de chambre,

J. LAGOURDE

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

pc

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