jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2300463 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL SOPHIE BRIANT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 septembre 2023, Mme B A, représentée par la SELARL Briant Bertone, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2023 par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l'a suspendue temporairement du droit d'exercer la profession d'infirmier pour une période de quarante-cinq jours pour manquement aux règles déontologiques de la profession d'infirmier ;
2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 500 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- ses droits de la défense ont été méconnus, dès lors, tout d'abord, qu'elle avait déjà fait l'objet auparavant d'un avertissement à raison des mêmes faits sans avoir été auparavant convoquée à un entretien et sans avoir pu présenter d'observations, ensuite, qu'elle n'a pas été régulièrement convoquée à l'entretien du 1er juin 2023, et, enfin, que le rapport détaillé du médecin inspecteur de la santé publique de la Nouvelle-Calédonie ne lui a jamais été communiqué avant la prise de décision, malgré une demande faite en ce sens ;
- la suspension prononcée par l'arrêté attaqué est contraire au principe non bis in idem, eu égard au courrier du 15 décembre 2022 qui lui avait antérieurement été adressé et qui doit être regardé, soit comme lui infligeant un avertissement, soit, à titre subsidiaire et à supposer qu'il ne constitue pas un avertissement, comme révélant compte-tenu du temps écoulé entre décembre 2022 et la reprise d'une procédure disciplinaire en mai 2023 l'adoption d'une décision ultérieure de ne pas lui infliger de sanction ;
- elle n'a commis aucun manquement et la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 novembre 2023, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de Mme A.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de la santé publique ;
- l'ancien code de la santé publique applicable en Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 mai 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Briant avocat de Mme A et M. C représent le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Une note en délibéré, présentée par la Nouvelle-Calédonie, a été enregistrée le 15 mai 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, infirmière libérale exerçant sur le territoire de la commune de Dumbéa, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 26 juillet 2023 par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l'a suspendue temporairement du droit d'exercer la profession d'infirmier pour une période de quarante-cinq jours pour manquement aux règles déontologiques de la profession d'infirmier.
2. Aux termes de l'article R. 4422-1 de l'ancien code de la santé publique applicable en Nouvelle-Calédonie : " Les dispositions du présent chapitre constituent le code de déontologie des infirmiers. Elles s'imposent à toute personne exerçant la profession d'infirmier telle qu'elle est définie à l'article Lp. 4421-1, et quel que soit le mode d'exercice de cette profession. ". L'article R. 4422-2 de ce code dispose que : " En cas de manquement aux règles déontologiques prévues aux articles R. 4422-3 à R. 4422-51, les sanctions suivantes pourront être prononcées par arrêté du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie : / 1° L'avertissement ; / 2° Le blâme ; / 3° La suspension temporaire du droit d'exercer pour une période dont la durée ne peut excéder 90 jours. / La sanction ne peut être prononcée que suite à un rapport détaillé du médecin inspecteur de la santé publique de la Nouvelle-Calédonie. / L'infirmier est convoqué par lettre recommandée avec demande d'avis de réception à un entretien ou remise en main propre contre décharge, au moins huit jours avant la tenue de cet entretien, précisant l'objet, la date, l'heure et le lieu de l'entretien. / L'infirmier est informé de son droit de se faire assister ou représenter par une personne de son choix et qu'il peut présenter sa défense oralement ou par écrit dans un délai de trois jours ouvrables à compter de la date de convocation à l'entretien. / Il est notifié à l'infirmier la nature et les motifs de la sanction. ".
3. S'agissant des mesures à caractère de sanction, le respect du principe général des droits de la défense suppose que la personne concernée soit informée, avec une précision suffisante et dans un délai raisonnable avant le prononcé de la sanction, des griefs formulés à son encontre et puisse avoir accès aux pièces au vu desquelles les manquements ont été retenus, à tout le moins lorsqu'elle en fait la demande. Il en résulte que si l'article R. 4422-2 de l'ancien code de la santé publique applicable en Nouvelle-Calédonie ne prévoit pas expressément que le rapport détaillé du médecin inspecteur de la santé publique de la Nouvelle-Calédonie soit communiqué à l'infirmier à l'encontre duquel une sanction est envisagée, le silence de ces dispositions sur ce point ne saurait néanmoins faire obstacle à cette communication lorsque la personne visée en fait la demande, dès lors que ce rapport, qui est pris après enquête administrative et constitue un préalable obligatoire à la sanction, ne se borne pas à résumer des faits déjà connus de l'intéressé et porte une appréciation sur sa situation.
4. Il ressort des pièces du dossier que par un courrier du 12 juin 2023, reçu le lendemain par la Nouvelle-Calédonie, le conseil de Mme A faisait valoir, dans le cadre de la procédure contradictoire préalable, qu'" aucun rapport [détaillé du médecin inspecteur de la santé publique de la Nouvelle-Calédonie] n'a été communiqué à [sa] cliente pour qu'elle puisse faire valoir ses moyens de défense " et qu'ainsi, " aucune sanction disciplinaire ne saurait être prise à l'encontre de Madame B A ". Eu égard aux termes de ce courrier, la Nouvelle-Calédonie devait être regardée comme saisie, à compter du 13 juin 2023, d'une demande de communication de ce rapport. Il ne ressort pas des pièces du dossier que ce rapport, ultérieurement établi le 29 juin 2023, ait été transmis à l'intéressée avant la prise de décision. Celui-ci contenait en l'espèce une appréciation sur la situation de l'intéressée, en estimant que les faits reprochés étaient établis et fautifs, et en proposant une sanction de " suspension temporaire du droit d'exercer de quarante-cinq (45) jours ". Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que ses droits de la défense ont été méconnus. Il en résulte que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés, l'arrêté attaqué doit être annulé.
5. Dans les circonstances de l'espèce, une somme de 180 000 francs CFP sera mise à la charge de la Nouvelle-Calédonie, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 26 juillet 2023, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a suspendu temporairement Mme A du droit d'exercer la profession d'infirmier pour une période de quarante-cinq jours pour manquement aux règles déontologiques de la profession d'infirmier, est annulé.
Article 2 : La Nouvelle-Calédonie versera à Mme A une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 juin 2024.
Le rapporteur,
SIGNE
B. BRIQUETLe président,
SIGNE
D. SABROUX Le greffier,
SIGNE
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026