jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400034 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS BOISSERY-DI LUCCIO-VERKEYN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 février 2024 et un mémoire enregistré le 20 juin 2024, la société Cocoge Distribution, représentée par Me Di Luccio, demande au tribunal :
1°) l'annulation de la décision du 19 décembre 2023 par laquelle le haut-commissaire de la République a refusé de lui accorder une dérogation pour organiser des jeux promotionnels au moyen d'appels téléphoniques vers un numéro surtaxé ;
2°) qu'il soit enjoint à l'Etat de lui délivrer l'autorisation d'attribution par les services de l'Office des postes et télécommunications de la Nouvelle-Calédonie (OPTNC) d'un numéro court surtaxé permettant d'organiser des loteries publicitaires ;
3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie la somme de 200 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Cocoge Distribution soutient que :
- la décision n'est pas correctement motivée ;
- sa situation relève de l'article L. 320-6 du code de sécurité intérieure, le jeu en cause étant une loterie publicitaire loyale ;
- il n'y a pas lieu de tenir compte du sacrifice financier représenté par les frais de communication ou de connexion.
Par un mémoire en défense, enregistré le 15 avril 2024, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir, et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de sécurité intérieure ;
- la délibération n° 14 du 6 octobre 2004 portant règlementation économique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les conclusions de M. A, représentant le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 24 novembre 2023, la société Cocoge Distribution a saisi le haut-commissaire de la République afin de solliciter une dérogation pour l'organisation de jeux promotionnels au moyen d'un appel téléphonique vers un numéro surtaxé. Par courrier du 19 décembre 2023, l'Etat a rejeté cette demande. La société Cocoge Distribution demande au tribunal l'annulation de cette décision et doit également être regardé comme demandant à ce qu'il soit enjoint à l'Etat de lui délivrer l'autorisation d'attribution par les services de l'OPTNC d'un numéro court surtaxé permettant d'organiser des loteries publicitaires.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 320-1 du code de la sécurité intérieure, applicable en Nouvelle-Calédonie en vertu de son article L. 345-1 : " Sous réserve des dispositions de l'article L. 320-6, les jeux d'argent et de hasard sont prohibés. Sont réputés jeux d'argent et de hasard et interdits comme tels toutes opérations offertes au public, sous quelque dénomination que ce soit, pour faire naître l'espérance d'un gain qui serait dû, même partiellement, au hasard et pour lesquelles un sacrifice financier est exigé de la part des participants. Cette interdiction recouvre les jeux dont le fonctionnement repose sur le savoir-faire des joueurs. Le sacrifice financier est établi dans les cas où une avance financière est exigée de la part des participants, même si un remboursement ultérieur est rendu possible par le règlement du jeu. ". Aux termes de l'article L. 320-2 du même code : " Les jeux d'argent et de hasard qui, à titre dérogatoire, sont autorisés en application de l'article L. 320-6 ne sont ni un commerce ordinaire, ni un service ordinaire ; ils font l'objet d'un encadrement strict aux fins de prévenir les risques d'atteinte à l'ordre public et à l'ordre social, notamment en matière de protection de la santé et des mineurs. A cet effet, leur exploitation est placée sous un régime de droits exclusifs, d'autorisation ou d'agrément, délivrés par l'Etat. ". Aux termes de l'article L. 320-6 du même code : " Le quatrième alinéa de l'article L. 320-1 ne s'applique ni aux frais d'affranchissement, ni aux frais de communication ou de connexion, surtaxés ou non, engagés pour la participation aux jeux et concours organisés dans le cadre des programmes télévisés et radiodiffusés ainsi que dans les publications de presse définies à l'article 1er de la loi n° 86-897 du 1er août 1986 portant réforme du régime juridique de la presse, dès lors que la possibilité pour les participants d'obtenir le remboursement des frais engagés est prévue par le règlement du jeu et que les participants en sont préalablement informés. ". Enfin l'article L. 326-6 7° de ce même code déroge au principe d'interdiction en autorisant l'organisation d'opérations publicitaires mentionnées à l'article L. 121-20 du code de la consommation qui, pour sa part, n'a pas été étendu à la Nouvelle-Calédonie et alors que cette matière relève de son propre champ de compétences, en application de l'article 22-19° de la loi organique au terme duquel : " La Nouvelle-Calédonie est compétente dans les matières suivantes : () 19° Réglementation des poids et mesures ; consommation, concurrence et répression des fraudes, droit de la concentration économique ; () ".
3. Aux termes de l'article 36 de la loi organique statutaire : " Dans le cadre de la législation et de la réglementation applicables en Nouvelle-Calédonie en matière de jeux de hasard, et en particulier des règles relatives au contrôle par l'Etat de l'installation et du fonctionnement des casinos, cercles, jeux de hasard et loteries, le congrès fixe par délibération les autres règles applicables à ces jeux, et notamment les circonstances dans lesquelles ils peuvent être offerts au public. Les décisions d'ouverture des casinos et cercles et d'autorisation des loteries sont prises par le gouvernement. " Aux termes de l'article 60 de la délibération n° 14 du 6 octobre 2004 portant règlementation économique : " Les opérations publicitaires réalisées par voie d'écrit qui tendent à faire naître l'espérance d'un gain attribué à chacun des participants, quelles que soient les modalités de tirage au sort, ne peuvent être pratiquées que si elles n'imposent aux participants aucune contrepartie financière ni dépense sous quelque forme que ce soit. Le bulletin de participation à ces opérations doit être distinct de tout bon de commande de bien ou de service. " Il en résulte que les dispositions actuellement en vigueur en Nouvelle-Calédonie autorisent seulement l'organisation de loteries publicitaires sous format papier.
4. En l'espèce, la société requérante projette d'organiser un jeu par voie téléphonique dont chaque appel induit pour le participant le paiement d'un surcoût par rapport à un appel standard qui constitue une dépense pour le joueur incompatible avec l'obligation de gratuité à laquelle est soumise l'organisation de loteries publicitaires en Nouvelle-Calédonie, dont l'organisation n'est rendue possible, en vertu des dispositions précitées de la délibération du 6 octobre 2004, que sous le seul format papier. Dès lors, et en tout état de cause, le haut-commissaire de la République ne pouvait qu'opposer un refus à la demande de dérogation présentée par la société requérante.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit nécessaire de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par le haut-commissaire de la République, que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. En vertu des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le tribunal ne peut pas faire bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge. Les conclusions présentées à ce titre par la société requérante doivent dès lors être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Cocoge Distribution est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Cocoge Distribution et au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Copie en sera adressée à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026