lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400044 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | JURISCAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, M. A B, représenté par Me Loste, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 décembre 2023, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l'a placé en position de disponibilité d'office pour une durée de six mois à compter du 21 septembre 2023 ;
2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 185 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit, la mise en disponibilité d'office ayant ici été prononcée en méconnaissance des articles 81 et 93 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 avril 2024, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête de M. B.
Elle soutient que, compte-tenu des circonstances de l'espèce, l'intéressé a, à bon droit, été placé en position de disponibilité d'office.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 ;
- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;
- la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 ;
- la délibération n° 74/CP du 12 février 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 avril 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Loste, avocate du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ingénieur 2ème grade de la filière technique de la Nouvelle-Calédonie, qui était placé depuis 2016 dans une position de détachement régulièrement renouvelée afin de servir auprès d'une association, le " groupement des agriculteurs biologiques ", a été de nouveau placé en position de détachement à compter du 1er septembre 2023, pour exercer cette fois auprès de " l'association des agroforestiers pour des initiatives de résilience ", pour une durée de cinq ans. Le 21 septembre 2023, peu après le début de ce nouveau détachement, M. B a demandé à être réintégré. A la suite de cette demande, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l'a, par un arrêté du 27 novembre 2023, réintégré rétroactivement dans son cadre d'origine à compter du 1er septembre 2023 et placé en position d'activité pour servir sous l'autorité de la présidente de l'assemblée de la province Sud. Puis, par un arrêté du 20 décembre 2023, il a retiré son arrêté du 27 novembre 2023 et placé M. B en position de disponibilité d'office pour une durée de six mois à compter du 21 septembre 2023. M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 20 décembre 2023.
2. Aux termes de l'article 91 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors des cadres de son administration ou service d'origine, cesse de bénéficier dans cette position de ses droits à l'avancement et à la retraite. ". Aux termes de son article 92 : " La disponibilité est prononcée par arrêté du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie ou le maire, soit d'office, soit à la demande de l'intéressé. Il existe, en outre, à l'égard du personnel féminin, une disponibilité spéciale. ". Aux termes de son article 93 : " La mise en disponibilité ne peut être prononcée d'office que dans le cas où le fonctionnaire, ayant épuisé ses droits aux congés de convalescence ou de longue durée pour maladie ne peut, à l'expiration de la dernière période, reprendre son service. / Dans le cas de la disponibilité d'office faisant suite à un congé de maladie, le fonctionnaire perçoit pendant six mois la moitié de son traitement d'activité, et la totalité des suppléments pour charges de famille. / A l'expiration de cette période de six mois, il ne perçoit plus aucune solde, mais conserve ses droits à la totalité des suppléments pour charges de famille. ".
3. Il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B était, à la date de la décision attaquée, en congé de convalescence ou congé de longue durée pour maladie, ni encore moins qu'il avait épuisé ses droits à de tels congés ou n'était pas en état de reprendre son service. Par suite, il ne se trouvait pas dans la seule situation où, en vertu de l'article 93 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953, une disponibilité d'office pouvait être prononcée. Dans ces conditions, M. B est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué est entaché d'erreur de droit. Celui-ci doit en conséquence être annulé.
4. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu d'admettre à titre provisoire M. B au bénéfice de l'aide judiciaire, en application des dispositions de l'article 67 de la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 réformant l'aide judiciaire. Par ailleurs, il y a lieu de fixer à 4 le nombre d'unités de base sur le fondement duquel l'indemnité attribuée au conseil de M. B doit être déterminée, conformément à l'article 39 de cette même délibération.
5. Si M. B présente des conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il ne peut néanmoins, en sa qualité de bénéficiaire de l'aide judiciaire, lui-même demander au juge que de mettre à la charge de la partie perdante les seuls frais qu'il a personnellement exposés, à l'exclusion de la somme correspondant à la part contributive de la Nouvelle-Calédonie à la mission d'aide judiciaire confiée à son avocate. N'alléguant pas ici avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par la Nouvelle-Calédonie au titre de l'aide judiciaire, sa demande doit être rejetée. L'avocate de M. B, quant à elle, n'a pas fait usage de la possibilité, qui lui était ouverte par l'article 24-1 de la délibération n° 482 du 13 juillet 1994, de demander au juge de mettre à la charge de la partie perdante le versement de la somme correspondant à celle qu'elle aurait réclamée à son client, si ce dernier n'avait pas eu l'aide judiciaire, à charge pour elle de renoncer à percevoir la somme correspondant à la part contributive de la Nouvelle-Calédonie à la mission d'aide judiciaire qui lui a été confiée. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent en tout état de cause être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide judiciaire.
Article 2 : L'arrêté du 20 décembre 2023, par lequel le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a placé M. B en position de disponibilité d'office pour une durée de six mois à compter du 21 septembre 2023, est annulé.
Article 3 : Le nombre d'unités de base dues à l'avocate de M. B au titre de l'instance en application de la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 est fixé à quatre.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Nouvelle-Calédonie.
Copie en sera adressée, pour information, au bureau d'aide judiciaire près la cour d'appel de Nouméa.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026