LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400054

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400054

mercredi 26 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400054
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationPrésident, Didier Sabroux, juge des référés
Avocat requérantCHAMOUN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, et un mémoire enregistrés le 29 février 2024 et le 3 mai 2024, M. A B, représenté par Me Chamoun demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et dans le dernier état de ses écritures de suspendre l'exécution de la décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 15 février 2024 refusant la délivrance d'un agrément en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée et d'enjoindre à celui-ci de lui délivrer un titre dans un délai de 15 jours. Il demande également la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 180 000 CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de fixer les unités de valeur revenant à son conseil.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- la décision prise à son encontre le prive de revenus et empêche sa société dont il est l'unique dirigeant d'exercer son activité, alors qu'il dispose d'une offre de service de la part de la SLN.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- la décision attaquée repose sur des faits anciens qu'il conteste et non établis ;

- la décision est entachée d'erreur manifeste d'appréciation d'autant qu'il a bénéficié d'une première autorisation d'exercer postérieurement aux faits qui lui sont reprochés.

Par un mémoire enregistré le 16 mai 2024, le conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) conclut au rejet de la requête pour défaut d'urgence et de moyen sérieux d'annulation.

Vu les autres pièces du dossier

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 réformant l'aide judiciaire ;

- le code de justice administrative dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juin 2024 :

- le rapport de M. Sabroux, juge des référés,

- et les observations de M. B, requérant et de Me Chamoun, son avocate.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience à 10 heures 45.

Considérant ce qui suit :

1. Monsieur B, dirigeant unique de la société M'Boueri Sécurité, qui exerce les activités de sécurité privée bénéficiaire d'un agrément de dirigeant en date du 29 janvier 2021 d'une durée de cinq ans à compter du 30 janvier 2021, demande au juge des référés de suspendre la décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité en date du 15 février 2024 portant refus de délivrance d'un agrément délivré en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée, suite à une nouvelle demande de délivrance présentée par l'intéressé le 19 octobre 2023. Cette décision, fondée sur les dispositions de l'article L. 612-7 en l'absence de condamnation pénale, fait suite à une mise en cause de l'intéressé pour des faits de participation en 2018 à la tenue d'une maison de jeux de hasard où le public est librement admis et, en 2017, de menace de crime contre les personnes ou les biens à l'encontre d'un chargé de mission de service public. Ces faits, que l'intéressé conteste, sont inscrits sur la fiche de traitement d'antécédents judiciaires datée du 15 décembre 2023.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire.

3. Aux termes de l'article L. 633-1 du code de la sécurité intérieure dans sa rédaction applicable au cas d'espèce, entrée en vigueur le 1er mai 2022 : " La mission prévue au 1° de l'article L. 632-1 est exercée par le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité. A ce titre, il délivre les agréments, autorisations, et cartes professionnelles et procède à leur retrait ou, le cas échéant, à leur suspension dans les conditions prévues au présent livre ".

4. Aux termes du code de la sécurité intérieure : " Art. L. 612-6. - Nul ne peut exercer à titre individuel une activité mentionnée à l'article L. 611-1, ni diriger, gérer ou être l'associé d'une personne morale exerçant cette activité, s'il n'est titulaire d'un agrément délivré selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. / Art. L. 612-7. - L'agrément prévu à l'article L. 612-6 est délivré aux personnes qui satisfont aux conditions suivantes :/ L'agrément ne peut être délivré s'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées./ Art. L. 612-8. - L'agrément peut être retiré lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues à l'article L. 612-7. / En cas d'urgence, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité peut suspendre l'agrément. En outre, le représentant de l'Etat dans le département, ou, à Paris, le préfet de police, peut suspendre l'agrément en cas de nécessité tenant à l'ordre public. Art. L. 612-20. - Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; / Le respect de ces conditions est attesté par la détention d'une carte professionnelle délivrée selon des modalités définies par décret en Conseil d'Etat. () / En cas d'urgence, le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité peut retirer la carte professionnelle ". Aux termes du code des relations entre le public et l'administration : " Art. L. 121-1. - Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. Art. L. 121-2. - Les dispositions de l'article L.121-1 ne sont pas applicables :/ 1° En cas d'urgence ou de circonstances exceptionnelles ;/ Art. L. 122-1. - Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales Art. L. 211-2. - doivent être motivées les décisions qui : / 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ;/ Art. L. 211- 5. - La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. Art. L. 211-6. - Lorsque l'urgence absolue a empêché qu'une décision soit motivée, le défaut de motivation n'entache pas d'illégalité cette décision ".

5. Il résulte de ces dispositions que, sauf urgence ou circonstances exceptionnelles, les décisions de retrait de la carte professionnelle d'agent de sécurité privée et de suspension de l'agrément en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée doivent être motivées et précédées d'une procédure contradictoire afin de permettre préalablement à l'intéressé de faire valoir utilement ses droits auprès de l'autorité administrative, dans la perspective de décisions susceptibles de lui faire grief.

6. En l'espèce, le requérant conteste les faits qui lui sont reproché et soutient que l'un a été commis antérieurement à la délivrance de son agrément daté du 29 janvier 2018, et l'autre ne présente aucun caractère de gravité est également ancien et que ces faits n'ont fait l'objet d'aucune poursuite. Il ressort en effet des débats à l'audience que les faits relatés dans la fiche de traitement d'antécédents judiciaires datée du 15 décembre 2023, à les supposer établis sont anciens, et ne présentent pas le caractère d'une gravité suffisante pour justifier la décision prise. Par suite le moyen tiré de ce que la décision prise est entachée d'erreur manifeste d'appréciation est de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.

7. Pour ce qui est de la condition d'urgence, la décision attaquée prive l'intéressé, qui perçoit une retraite d'un montant très faible, de la possibilité d'exercer son activité de dirigeant d'une société de sécurité et doit donc être regardée comme préjudiciant de manière suffisamment grave et immédiate aux intérêts de M. B. La condition d'urgence est ainsi remplie.

8. Il résulte de ce qui précède que la décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 15 février 2024 refusant la délivrance d'un agrément à M. B en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée doit être suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

9. Le prononcé de cette suspension doit être assorti d'une injonction faite au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de délivrer un agrément provisoire à M. B en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision jusqu'à l'intervention du jugement au fond.

10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer à cinq le nombre d'unités de base qui seront attribuées à l'avocat de M. A B en application des dispositions de l'article 39 de la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 réformant l'aide judiciaire.

DECIDE :

Article 1er : La décision du directeur du conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) en date du 15 février 2024 refusant la délivrance d'un agrément à M. B en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée est suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.

Article 2 : Il est enjoint au directeur du conseil national des activités privées de sécurité de délivrer un agrément provisoire à M. B en qualité de dirigeant d'une entreprise de sécurité privée dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la présente décision valable jusqu'à l'intervention du jugement au fond.

Article 3 : Le nombre d'unités de base dues à l'avocat de M. B au titre de l'instance en application de la délibération n° 482 du 13 juillet 1994 est fixé à cinq.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS).

Copie en sera délivrée au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie., au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et au bureau de l'aide judiciaire.

Ordonnance rendue publique par mise à disposition au greffe le 26 juin 2024.

Le juge des référés,

D. Sabroux

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.pc

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions