lundi 29 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400058 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SARL DESWARTE CALMET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 mars 2024, M. B A, représenté par la SARL Deswarte-Calmet-Chauchat, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 2 790 000 francs CFP au titre de la période allant du 5 juillet 2021 jusqu'au jour d'enregistrement de sa requête, en réparation des pertes de loyer subies du fait du refus du haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie de lui accorder le concours de la force publique pour assurer l'exécution de l'ordonnance du juge des référés du tribunal de première instance de Nouméa du 20 décembre 2000 prononçant l'expulsion de l'association " Accès à toutes possibilités humaines et sociales dans la province Sud " du terrain et de la maisonnette dont il est propriétaire et qui sont situés sur la route de Gadji à Païta ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 200 000 francs CFP, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus persistant de concours de la force publique relatif au bien immobilier dont il a hérité à Païta, qui dure depuis 2001 et a notamment déjà donné lieu à des jugements n° 0700049 du 25 octobre 2007, n° 0800421 du 12 mars 2019, n° 1100057 du 9 juin 2011, n° 1300130 du 4 juillet 2013, n° 1500059 du 29 octobre 2015, n° 1700453 du 31 mai 2008, et n° 2100033 du 5 juillet 2021, condamnant tous l'Etat à réparation du fait d'un tel refus, conduira à nouveau à l'engagement de responsabilité sans faute de l'Etat, cette fois au titre de la période allant du 5 juillet 2021 jusqu'au 4 mars 2024, jour d'enregistrement de sa requête ;
- l'indemnité qui lui sera allouée devra être calculée en prenant pour base une somme mensuelle de 90 000 francs CFP, qui correspond au montant de l'indemnité d'occupation précédemment fixé dans les jugements susmentionnés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 avril 2024, le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie conclut, à titre principal, au rejet de la requête de M. A et, à titre subsidiaire, à ce que l'Etat soit subrogé dans les droits que celui-ci peut détenir sur l'association " Accès à toutes possibilités humaines et sociales dans la province Sud ".
Il soutient que :
- sa responsabilité ne saurait être engagée que sans faute ;
- le requérant ne démontre pas qu'il n'a pas reçu de loyer de la part des occupants sans titre de son logement au cours de la période en litige.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code civil applicable à la Nouvelle-Calédonie ;
- le code de procédure civile de la Nouvelle-Calédonie ;
- la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ;
- la loi n° 2012-1270 du 20 novembre 2012, et notamment son article 34 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 avril 2024 :
- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Camel, avocate du requérant et de M. C, représentant le haut-commissariat de la République en Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, légataire universel de M. D et désormais propriétaire depuis le décès de ce dernier le 10 décembre 2018 du terrain et de la maisonnette que celui-ci possédait sur la route de Gadji à Païta, et qui sont occupés sans titre par l'association " Accès à toutes possibilités humaines et sociales dans la province Sud " depuis 2000, se heurte, comme M. D avant lui, à un refus persistant de concours de la force publique. Faisant suite notamment aux jugements n° 0700049 du 25 octobre 2007, n° 0800421 du 12 mars 2019, n° 1100057 du 9 juin 2011, n° 1300130 du 4 juillet 2013, n° 1500059 du 29 octobre 2015, n° 1700453 du 31 mai 2008, et n° 2100033 du 5 juillet 2021, condamnant tous l'Etat à réparation du fait d'un tel refus, il demande au tribunal l'indemnisation des préjudices engendrés par ledit refus, cette fois au titre de la période allant du 5 juillet 2021 jusqu'au 4 mars 2024.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
2. Toute décision de justice ayant force exécutoire peut donner lieu à une exécution forcée, la force publique devant, si elle est requise, prêter main forte à cette exécution. Toutefois, des considérations impérieuses tenant à la sauvegarde de l'ordre public ou à la survenance de circonstances postérieures à la décision judiciaire d'expulsion telles que l'exécution de celle-ci serait susceptible d'attenter à la dignité de la personne humaine, peuvent légalement justifier, sans qu'il soit porté atteinte au principe de la séparation des pouvoirs, le refus de prêter le concours de la force publique. Lorsqu'un tel refus est légalement opposé, aucune faute ne saurait être reprochée à l'Etat. La responsabilité de ce dernier reste néanmoins, même dans un tel cas, toujours susceptible d'être engagée sur le terrain de l'égalité devant les charges publiques.
3. Le refus de concours ici opposé, qui est notamment justifié par les risques de troubles à l'ordre public que ferait courir l'intervention de la force publique sur un terrain dans lequel résident désormais de nombreux occupants, doit donner lieu à l'engagement de la responsabilité de l'Etat sur le fondement de la rupture de l'égalité devant les charges publiques. L'ensemble des pertes de loyer subies au cours de la période sollicitée sera en l'espèce indemnisé, dès lors qu'aucune libération des lieux n'est jamais intervenue. Sera ainsi attribuée, en se fondant sur la somme mensuelle de 90 000 francs CFP proposée par l'intéressé et qu'il y a ici lieu de retenir, la somme de 2 790 000 francs CFP demandée par M. A.
Sur la subrogation de l'Etat :
4. Il y a lieu de subordonner le versement à M. A de l'indemnité allouée par le présent jugement à la subrogation de l'Etat, dans la limite du montant de cette indemnité, dans les droits que le requérant peut détenir sur l'association " Accès à toutes possibilités humaines et sociales dans la province Sud " au titre de l'occupation irrégulière, entre le 5 juillet 2021 et le 4 mars 2024, du terrain et de la maisonnette qu'il possède sur la route de Gadji à Païta.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
5. Dans les circonstances de l'espèce, une somme de 180 000 francs CFP sera mise à la charge de l'Etat, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat est condamné à verser la somme de 2 790 000 francs CFP demandée par M. A au titre du refus de concours de la force publique opposé lors de la période allant du 5 juillet 2021 jusqu'au 4 mars 2024.
Article 2 : Le paiement de l'indemnité que le présent jugement accorde à M. A est subordonné à la subrogation de l'Etat, dans la limite du montant de cette indemnité, dans les droits que M. A peut détenir sur l'association " Accès à toutes possibilités humaines et sociales dans la province Sud " au titre de l'occupation irrégulière, entre le 5 juillet 2021 et le 4 mars 2024, du terrain et de la maisonnette qu'il possède sur la route de Gadji à Païta.
Article 3 : L'Etat versera à M. A une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Briquet, premier conseiller,
M. Prieto, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.
Le rapporteur,
B. BRIQUET
Le président,
D. SABROUX
Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026