jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400065 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL TONNELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mars 2024, M. A B, représenté par Me Tonnelier, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 2023-498/PN du 31 juillet 2023 par lequel le président de la province Nord l'a déplacé d'office ;
2°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie la somme de 250 000 F CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- les garanties procédurales n'ont pas été respectées alors qu'il s'agit d'une sanction du 2ème groupe ;
- la sanction est disproportionnée par rapport aux faits reprochés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, la province Nord conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 ;
- la délibération n° 81 du 24 juillet 1990 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique .
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ingénieur de 1er grade des personnels techniques de Nouvelle-Calédonie, affecté comme chef de la subdivision de Touho de la direction de l'aménagement et du foncier de la province Nord, a fait l'objet, par un arrêté du 22 septembre 2022 du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie d'une sanction disciplinaire de révocation sans suspension de ses droits à pension à compter de la notification de cette décision. Par un jugement n° 2200430 du 25 mai 2023 revêtu de l'autorité de la chose jugée, le tribunal a annulé l'arrêté du 22 septembre 2022 du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et rejeté les conclusions indemnitaires pour défaut de demande indemnitaire préalable auprès de l'administration tendant à cette indemnisation.
2. Par un jugement n° 2300510 du 18 avril 2024, le tribunal a condamné la Nouvelle-Calédonie à verser à M. B une somme de 1 500 000 francs CFP en réparation du préjudice résultant du licenciement illégal dont il a fait l'objet.
3. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté n° 2023-498/PN du 31 juillet 2023 par lequel le président de la province Nord l'a déplacé d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 532-4 du code général de la fonction publique : " Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes. L'administration doit l'informer de son droit à communication du dossier. Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à l'assistance de défenseurs de son choix. ". Aux termes de l'article L. 532-5 du même code : " Aucune sanction disciplinaire autre que celles classées dans le premier groupe de l'échelle des sanctions de l'article L. 533-1 ne peut être prononcée à l'encontre d'un fonctionnaire sans consultation préalable de l'organisme siégeant en conseil de discipline au sein duquel le personnel est représenté. L'avis de cet organisme et la décision prononçant une sanction disciplinaire doivent être motivés. "
5. Aux termes de l'article 56 de l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires des cadres territoriaux : " Les sanctions disciplinaires sont : a) l'avertissement, b) le blâme, c) la radiation du tableau d'avancement, d) le déplacement d'office, e) l'abaissement d'échelon, f) la rétrogradation, g) la révocation sans suspension des droits à pension, h) la révocation avec suspension des droits à pension. Il existe en outre, une sanction disciplinaire qui est l'exclusion temporaire de fonction pour une durée qui ne peut excéder 6 mois. Cette sanction est privative de toute rémunération () ".
6. Postérieurement à l'annulation par le juge administratif d'une sanction disciplinaire prise à l'encontre d'un de ses agents, l'administration, qui est tenue de rapporter, à la suite de ce jugement, la sanction qu'elle avait prononcée, peut légalement sanctionner les faits ayant justifié l'engagement de la procédure disciplinaire par une nouvelle sanction sans être tenue de solliciter un nouvel avis du conseil de discipline. Dans ces conditions, l'administration pouvait légalement, après l'annulation de la précédente sanction par le jugement n° 2200430 du 25 mai 2023 devenu définitif, prendre une nouvelle sanction sans engager une nouvelle procédure disciplinaire. Par suite, le moyen tiré du défaut de respect des garanties procédurales doit être écarté.
7. En second lieu, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes. Si M. B soutient que la décision attaquée n'est pas proportionnée aux manquements constatés, il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il s'est notamment vu reprocher au cours de la procédure disciplinaire un défaut de surveillance ainsi qu'une méconnaissance de l'application des règles financières et statutaires, l'absence de contrôle de l'organisation et des modalités du déroulement d'une journée festive pendant les horaires de travail, la non dénonciation de l'agression sexuelle subie par un agent et exercée par le chef d'exploitation de la subdivision placé sous son autorité. Compte tenu des nombreuses fautes commises par l'agent et de leur nature, la sanction de déplacement d'office, notablement moins sévère que celle de révocation annulée par le tribunal par son jugement n° 2200430 du 25 mai 2023, a pu légalement être prise par l'administration. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de la sanction par rapport aux manquements reprochés doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la province Nord, que la requête de M. B doit être rejetée, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la province Nord.
Copie en sera adressée à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Briquet, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDE
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026