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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400070

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400070

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400070
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 mars 2024, M. A B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 mars 2024, par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté sa demande du 19 février 2024 tendant à l'octroi d'un congé de paternité pour la période allant du 22 mars au 5 avril 2024 ;

2°) d'enjoindre à l'administration de régulariser ses droits à congés.

Il soutient qu'il remplissait l'ensemble des conditions requises pour bénéficier d'un congé de paternité pour la période allant du 22 mars au 5 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;

- l'arrêté n° 1066 du 22 août 1953 ;

- la loi du pays n° 2023-10 du 4 septembre 2023 ;

- la délibération n° 125/CP du 6 octobre 2023 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 27 juin 2024 :

- le rapport de M. Briquet, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

Une note en délibéré, présentée par la Nouvelle-Calédonie, a été enregistrée le 1er juillet 2024.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, chargé d'affaires au sein de la direction de l'industrie, des mines et de l'énergie de la Nouvelle-Calédonie, a sollicité, le 19 février 2024, l'octroi d'un congé de paternité pour la période allant du 22 mars au 5 avril 2024, à la suite de la naissance de sa fille le 7 janvier 2024. Cette demande a été rejetée par le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le 21 mars 2024, au motif que seules les naissances intervenues après le 1er mars 2024 pouvaient donner lieu à un tel congé. M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.

2. Aux termes de l'article Lp. 23 de l'arrêté n° 1066 du 22 août 1953 fixant le régime des congés des personnels civils relevant de l'autorité du chef du territoire : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé de paternité ou du second parent et d'accueil de l'enfant, avec traitement. ". Aux termes de son article 24, entré en vigueur le 1er janvier 2024 : " Après la naissance de l'enfant et à compter du 1er mars 2024, le père fonctionnaire ou, le cas échéant, le second parent fonctionnaire légalement reconnu peut bénéficier d'un congé d'une durée de onze jours consécutifs ou de quatorze jours consécutifs en cas de naissances multiples. / Le congé de paternité ou du second parent entraîne la suspension de l'activité de l'agent. / Ce congé est composé d'une période de jours calendaires consécutifs. Il est pris dans les quatre mois suivant la naissance de l'enfant. / Tout agent qui souhaite bénéficier du congé de paternité ou du second parent avertit son employeur au moins un mois avant la date du congé envisagé. / Sans préjudice des dispositions précédentes, lorsque l'état de santé de l'enfant requiert son hospitalisation immédiate, le congé de paternité ou du second parent est de droit pendant l'hospitalisation. ".

3. Les dispositions précitées, si elles instituent un droit à congé de paternité à compter du 1er mars 2024, ne réservent néanmoins pas le bénéfice de ce congé aux pères d'un enfant né après le 1er mars 2024, exigeant seulement à cet égard que le congé soit pris dans les quatre mois suivant la naissance de l'enfant. Par suite, M. B, qui a présenté le 19 février 2024 une demande en vue de l'octroi d'un congé de paternité pour une période postérieure au 1er mars 2024 et qui intervenait dans les quatre mois de la naissance de sa fille, est fondé à soutenir qu'il remplissait les conditions requises pour bénéficier d'un tel congé. La décision attaquée, entachée d'une erreur de droit, doit être annulée.

4. L'annulation prononcée au point précédent implique nécessairement que le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie régularise les droits à congés de M. B, lequel a dû prendre des congés annuels pour la période en litige à la suite du refus qui lui avait été opposé. Il y a dès lors lieu d'enjoindre audit président d'effectuer une telle régularisation, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.

D E C I D E:

Article 1er : La décision du 21 mars 2024, par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté la demande de M. B du 19 février 2024 tendant à l'octroi d'un congé de paternité pour la période allant du 22 mars au 5 avril 2024, est annulée.

Article 2 : Il est enjoint au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de régulariser les droits à congés de M. B, dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la Nouvelle-Calédonie.

Délibéré après l'audience du 27 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Briquet, premier conseiller,

M. Prieto, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.

Le rapporteur,

B. BRIQUETLe président,

D. SABROUX

Le greffier,

J. LAGOURDE

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

cb

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