jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400074 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | MILLION |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 mars 2024, Mme E A, représentée par Me Million, au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 18 octobre 2023 du vice-recteur de Nouvelle-Calédonie refusant de reconnaître comme imputable au service l'accident dont elle a été victime le 5 août 2021 ;
2°) de déclarer imputable au service l'accident dont elle a été victime le 5 août 2021 ;
3°) de mettre à la charge du vice-rectorat la somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le signataire de la décision attaquée ne justifie pas de sa compétence ;
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juin 2024, le vice-recteur de Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- l'arrêté du 22 août 1953 fixant le régime des congés des personnels civils relevant de l'autorité du chef du territoire ;
- la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 ;
- l'arrêté du 14 avril 1975 relatif aux modalités d'application de l'article 9 paragraphe II de l'arrêté n° 1066 du 22 août 1953 relatif au congé de maladie, et à l'allocation temporaire d'invalidité ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les conclusions de Me Millon, avocat de la requérante, de Mme G, représentant le vice rectorat de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E A, professeure certifiée d'histoire-géographie du cadre territorial de la Nouvelle-Calédonie, alors affectée au collège de Païta Nord, a fait l'objet d'arrêts de travail du 6 août 2021 au 28 février 2022, à la suite d'une altercation violente avec des parents d'élèves le 5 août 2021. Par un jugement n° 2300107 du 28 septembre 2023, le tribunal a annulé, en raison d'une motivation insuffisante, la décision du 19 janvier 2023 du vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie refusant de reconnaître comme imputable au service l'accident dont Mme A a été victime le 5 août 2021.
2. Le vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie a pris une nouvelle décision le 18 octobre 2023, confirmant la non-imputabilité au service de l'accident dont Mme A a été victime le 5 août 2021. La requérante demande au tribunal l'annulation de cette dernière décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté n° 2023-5284 du 29 juin 2023, publié au Journal officiel de la Nouvelle-Calédonie le 11 juillet 2023, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a donné délégation à M. B H, directeur général des enseignements, à l'effet de signer (article 1er) " 3° toutes décisions afférentes à la gestion des personnels placés sous son autorité relevant du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie () " et " 4° tous actes relatifs à l'imputabilité au service d'un accident corporel subi par un fonctionnaire de la Nouvelle-Calédonie () ". Cet arrêté donne également délégation à Mme F C pour signer ces mêmes actes en cas d'absence ou d'empêchement du directeur et de la secrétaire générale. Par suite, le moyen invoqué tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 1er de la loi du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public, applicable à la Nouvelle-Calédonie conformément à l'article 8 de l'ordonnance du 23 octobre 2015 relative aux dispositions législatives du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / - restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / - infligent une sanction ; / - subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; / - retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; / - opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; / - refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / - refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions des deuxième à cinquième alinéas de l'article 6 de la loi n° 78-753 du 17 juillet 1978 portant diverses mesures d'amélioration des relations entre l'administration et le public ; / - rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ". En application de ces dispositions, la décision attaquée, est au nombre de celles qui doivent être motivées.
5. En l'espèce, la décision attaquée référence l'avis de la commission d'aptitude qui s'est réunie le 6 décembre 2022 et en retranscrit ainsi les termes : " avis défavorable " l'agent est aussi responsable que le parent d'élève, eu égard aux agressions mutuelles " tout en précisant que la requérante a " eu un comportement agressif envers le parent d'élève en cause avant l'incident, dont il constitue la cause déterminante. ". Dans ces conditions, la décision attaquée comporte l'énoncé des motifs de droit et des considérations de fait qui en constituent le fondement et satisfait pas aux exigences des dispositions précitées. Dans ces conditions, le moyen invoqué tiré d'une motivation insuffisante manque en fait.
6. En dernier lieu, constitue un accident de service, tout évènement, quelle qu'en soit la nature, survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il en est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci, sauf si des circonstances particulières ou une faute personnelle du fonctionnaire titulaire ou stagiaire détachent cet événement du service. L'article 9 de l'arrêté n° 1066 susvisé du 22 août 1953 dispose que "si la maladie provient () d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite ". L'article 3 de l'arrêté n° 75-157/CG du 14 avril 1975 précise que " dès qu'il aura connaissance de l'accident, sans qu'il y ait lieu de rechercher si les conséquences de celui-ci sont immédiates ou non, le chef de service devra procéder à une enquête dans le but de déterminer la cause, la nature, les circonstances de temps et de lieu et les conséquences apparentes de l'accident. Les résultats de cette enquête feront l'objet d'un PV qui devra figurer au dossier soumis à l'examen de l'employeur ". Enfin, aux termes de l'article 4 du même arrêté " le dossier ainsi constitué est soumis à l'examen de la commission d'aptitude qui émet un avis portant sur l'imputabilité au service de l'accident ou de la maladie en question, ainsi que le cas échéant, sur le taux d'invalidité permanente qui en résulte ".
7. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, fonctionnaire du cadre territorial de la Nouvelle-Calédonie, exerce ses fonctions de professeur d'histoire-géographie sous l'autorité du vice-rectorat et affectée au collège de Païta Nord. Le 5 août 2021, une réunion parents/professeurs, est organisée au cours de laquelle Mme A considère avoir été agressée par des parents d'élèves. Les faits sont rapportés par la requérante dans le cadre d'une déclaration adressée au vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie le 10 août 2021, et d'une plainte qu'elle a déposée le 5 août 2021. Ces faits ont fait l'objet également d'un rapport établi par le principal du collège en date du 6 août 2021.
8. Mme A soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la non-reconnaissance par le vice-recteur du caractère imputable au service de l'accident qu'elle a subi le 5 août 2021. En l'espèce, il ressort toutefois du rapport précité du 6 août 2021 rédigé par le principal du collège qui relate l'incident auquel il a assisté personnellement que " Mme A s'approche à deux centimètres du visage de M. D et lui hurle dessus. Celui-ci l'empoigne alors par les cheveux. Mme A lui griffe le visage et lui casse ses lunettes. () ". Le principal conclut son rapport dans les termes suivants : " suite à cet incident et aux nombreux rapports de parents sur les propos agressifs de Mme A, les conditions ne sont pas réunies pour qu'elle poursuivre son enseignement dans de bonnes conditions au collège. Aussi, dans l'intérêt de Mme A, mais aussi des élèves, je demande à ce qu'elle puisse bénéficier d'une réaffectation dans un autre établissement. "
9. A supposer même que Mme A établisse qu'un comportement agressif des parents d'élève ait précédé l'altercation en cause, le manquement au devoir d'exemplarité indissociable de la fonction d'enseignement et l'absence de sang-froid dont a fait preuve la requérante à cette occasion sont constitutifs d'une faute détachable du service. Dans ces conditions, l'administration a pu, à bon droit, estimer que l'accident dont Mme A avait été victime résulte d'une faute personnelle de la requérante et refuser de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 5 août 2021.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du vice-rectorat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme E A et au vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie.
Copie sera adressée au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Bozzi, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX La greffière d'audience,
C. BERTHELOT
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026