LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400076

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400076

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400076
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE
Avocat requérantSELARL REUTER - DE RAISSAC

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 mars 2024, M. C E doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 2 février 2024 par lequel la présidente de la province Sud a délivré à la SARL Calbat un permis de construire deux bâtiments R+2 à usage d'habitation sur un terrain situé sur le territoire de la commune de Païta.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- le permis de construire du 2 février 2024 comporte une prescription relative à la voie d'accès au projet dont la réalisation est impossible à satisfaire.

Par un mémoire en défense, enregistré le 10 juillet 2024, la province Sud, représentée par le cabinet Juriscal, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 250.000 francs CFP sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête, tardive, est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le recours contentieux aurait été notifié dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- le moyen soulevé n'est pas fondé.

Par un mémoire enregistré le 27 août 2024, la SARL Calbat, représentée par la SELARL Reuter, de Raissac - Pater, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire à l'application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme et en tout état de cause à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 200.000 francs CFP sur le fondement de l'article L 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le requérant ne justifie pas d'un titre lui donnant qualité pour agir, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- la requête est irrecevable à défaut de contenir l'exposé de faits et de moyens conformément à l'article R. 411-1 du code de justice administrative ;

- le requérant ne justifie d'aucun intérêt lui donnant qualité pour agir ;

- la requête, tardive, est irrecevable dès lors qu'il n'est pas établi que le recours contentieux aurait été notifié dans les conditions prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- le moyen soulevé n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;

- le code civil applicable à la Nouvelle-Calédonie ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de l'urbanisme de la Nouvelle-Calédonie ;

- le code de justice administrative dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bozzi, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- et les observations de Me Loste, représentant la province Sud et de Me Patet, représentant la SARL Calbat.

Une note en délibéré a été enregistrée le 15 octobre 2024, par le cabinet Juriscal pour le défendeur.

Considérant ce qui suit :

1. Le 2 février 2024, la présidente de la province Sud a autorisé la SARL Calbat à édifier deux bâtiments R+2 à usage d'habitation, situés sur une parcelle cadastrée n°186 de la section Païta, sur le territoire de la commune de Païta. M. E demande au tribunal d'annuler cette décision.

Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :

2. En premier lieu, la province Sud fait valoir que le requérant se borne à produire une attestation notariée en date des 18 et 20 mars 2019, incomplète, de sorte qu'il serait impossible de savoir précisément si le lot 2262 en question est bien compris au sein de l'indivision successorale résultant du décès de M. D E, s'il a été attribué au conjoint survivant, ou encore si ce lot a été affecté à l'un des coindivisaires dans le cadre d'un partage successoral. L'intérêt à agir ne serait ainsi pas établi.

3. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / (). ".

4. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

5. Aux termes de l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme : " Les requêtes dirigées contre une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées du titre de propriété, de la promesse de vente, du bail, du contrat préliminaire mentionné à l' article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation , du contrat de bail, ou de tout autre acte de nature à établir le caractère régulier de l'occupation ou de la détention de son bien par le requérant. / Lorsqu'elles sont introduites par une association, ces mêmes requêtes doivent, à peine d'irrecevabilité, être accompagnées des statuts de celle-ci, ainsi que du récépissé attestant de sa déclaration en préfecture. ".

6. Aux termes de l'article 815-2 du code civil : " Tout indivisaire peut prendre les mesures nécessaires à la conservation des biens indivis même si elles ne présentent pas un caractère d'urgence. () Lorsque des biens indivis sont grevés d'un usufruit, ces pouvoirs sont opposables à l'usufruitier dans la mesure où celui-ci est tenu des réparations. ". Aux termes de l'article 815-3 du code civil applicable à la Nouvelle-Calédonie : " Le ou les indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis peuvent, à cette majorité : / 1º Effectuer les actes d'administration relatifs aux biens indivis ; / 2º Donner à l'un ou plusieurs des indivisaires ou à un tiers un mandat général d'administration ; / 3º Vendre les meubles indivis pour payer les dettes et charges de l'indivision ; / 4º Conclure et renouveler les baux autres que ceux portant sur un immeuble à usage agricole, commercial, industriel ou artisanal. / Ils sont tenus d'en informer les autres indivisaires. A défaut, les décisions prises sont inopposables à ces derniers. / Toutefois, le consentement de tous les indivisaires est requis pour effectuer tout acte qui ne ressortit pas à l'exploitation normale des biens indivis et pour effectuer tout acte de disposition autre que ceux visés au 3º. / Si un indivisaire prend en main la gestion des biens indivis, au su des autres et néanmoins sans opposition de leur part, il est censé avoir reçu un mandat tacite, couvrant les actes d'administration mais non les actes de disposition ni la conclusion ou le renouvellement des baux. ".

7. L'indivisaire qui poursuit l'annulation d'un permis de construire délivré à un tiers pour l'édification d'une construction à proximité du bien immobilier dont il est nu-propriétaire indivis exerce une action personnelle, étrangère aux actes d'administration et de disposition visés à l'article 815-3 du code civil, pour lesquels le consentement des indivisaires titulaires d'au moins deux tiers des droits indivis est requis.

8. En l'espèce, en premier lieu, il ressort de l'attestation du 18 mars 2019 que " Aux termes d'un testament authentique reçu le 23 avril 2012 par Maître Philippe Rouvray, notaire à Nouméa (98800), enregistré à Nouméa, le 13 juillet 2018, Folio 59, N° 731, Bordereau 542/1, Monsieur D E a : / a- révoqué toutes dispositions à cause de mort antérieures à l'exception de la donation entre époux du 26 juillet 1973, qu'il a confirmée, / b- légué au profit de son épouse Madame A E, ci-après nommée : / - la pleine propriété sur les biens meubles de la succession, / - et l'usufruit de la totalité des biens immeubles de la succession, la privant de tout droit en toute propriété sur les biens immeubles ". De ce même document, il ressort que M. E est coindivisaire en nue-propriété du lot n°2262 section Païta sur lequel se trouve une maison principale, une autre maison de type F2 et deux villas en maçonnerie très vétustes dont l'une est partiellement détruite.

9. Il résulte de cet acte que M. E doit être regardé comme ayant établi sa qualité de propriétaire.

10. Certes, M. E déclare agir dans l'intérêt de l'indivision mais il doit plus certainement être regardé comme saisissant le tribunal en son nom propre pour contester le permis de construire délivré le 2 février 2024. Par suite, la circonstance qu'il n'ait pas reçu de mandat de la part des autres coindivisaires est sans incidence sur son intérêt pour agir.

11. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que la parcelle appartenant en indivision au requérant jouxte le terrain d'emprise du projet. M. E peut ainsi être qualifié de voisin immédiat et il fait valoir en outre que la décision en litige, en tant qu'elle prévoit la réalisation d'une voie de desserte de 10 mètres de large, est susceptible de porter atteinte aux constructions et aux réseaux existants. M. E justifie ainsi d'un intérêt lui donnant qualité pour agir.

12. En deuxième lieu, contrairement à la fin de non-recevoir opposée en ce sens par la société Calbat sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative, la requête de M. E comporte, à l'appui de sa contestation, l'exposé des faits relatifs au projet et un moyen de droit concernant une prescription de l'arrêté en litige ainsi que des conclusions tendant à l'annulation du permis de construire du 2 février 2024.

13. En dernier lieu, la société pétitionnaire comme la province Sud soutiennent que M. E n'aurait pas notifié son recours à l'auteur de la décision, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

14. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, d'une décision de non-opposition à une déclaration préalable ou d'un permis de construire, d'aménager ou de démolir, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. () ".

15. En l'espèce, le requérant produit à l'instance un courrier recommandé avec accusé de réception en date du 4 mars 2024 adressé à la société Calbat, cette correspondance valant, au regard de son contenu, notification du recours contre le permis de construire n°PC98821202300146 à l'encontre du bénéficiaire, la SARL Calbat. Le moyen manque donc en fait.

16. En outre, le requérant a également versé aux débats l'accusé de réception en date du 5 mars 2024 du recours adressé à la province Sud. Dès lors, la société pétitionnaire comme la province Sud ne sont pas fondées à soutenir que le requérant n'aurait pas procédé à la notification de son recours contentieux dans les conditions prévues par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme.

Par suite, les fins de non-recevoir opposées en défense ne peuvent être accueillies.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

17. M. E soutient que le chemin d'accès à la parcelle 204 devant accueillir le projet ne peut être aménagé conformément aux dispositions de l'article 4 du permis de construire en litige du 2 février 2024 de sorte que cette prescription ne pouvant être réalisée, le projet dans sa totalité se trouve privé de toute possibilité d'exécution.

18. Aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 2 février 2024, " La voie d'accès au projet, traversant la parcelle n°2262 de la section Païta est réalisée suivant les mêmes caractéristiques que le profil de la coupe type A du projet (profil de 10 mètres de large) avec une continuité des accotements et un éclairage public depuis la voie urbaine n°144. / Le titulaire prend l'attache de la direction des services techniques de la commune pour définir les conditions d'aménagement provisoire de cette voie d'accès. ". Ces dispositions s'inspirent de l'avis favorable du maire de Païta en date du 11 décembre 2023, consulté sur le projet préalablement à la délivrance du permis de construire.

19. Il est par ailleurs constant que le lot 2262 est grevé d'une servitude de passage et de réseaux au profit du lot 1986 de 5 mètres de large, selon le relevé de Mme B, expert géomètre.

20. D'une part, il ressort du procès-verbal de délimitation établi le 18 septembre 2023 que le lot 1986 issu du lot 204 et sur lequel le projet est implanté bénéficie d'une première servitude de passage et de réseaux de 5 mètres de large grevant le lot n°2262 appartenant en indivision à M. E et que le lot 1986 est également grevé d'une servitude de passage et de réseaux de 10 mètres de large, au profit des lots n°1986 et 1985 ainsi que des lots situés en aval. Un plan, au demeurant joint au dossier de demande de permis de construire, illustre les contours de ces deux servitudes de passage de largeurs différentes.

Or, il ressort des extraits du plan masse du dossier de permis de construire que le projet prévoit deux types, A et B, de voies d'accès aux immeubles envisagés. Une voie de type B avec un caniveau central, d'une largeur de chaussée de 5 mètres, cette section se prolongeant ensuite par une voie dénommée " Axe A " avec une chaussée d'une dizaine de mètres de large et des trottoirs.

21. Il s'en déduit que le plan masse du projet respecte les servitudes telles que matérialisées sur le plan de division et que le permis de construire ne pouvait prescrire la réalisation d'une largeur de voie identique sur toute sa longueur depuis la voie urbaine n°144 et sur la section traversant le lot n°2262 alors que la servitude existante ne le permettait pas et que la présidente de la province Sud n'a d'ailleurs pas justifié les raisons de sécurité pour lesquelles le profil de la voie devrait nécessairement excéder 5 mètres, soit l'emprise de la servitude grevant le lot n° 2262. Dès lors, M. E est fondé à soutenir que la présidente de la province Sud a commis une erreur de droit, et à solliciter l'annulation de l'arrêté attaqué en tant qu'il comporte cette prescription.

22. Enfin, à supposer que M. E soit regardé comme soulevant également le moyen tiré de ce que le chemin d'accès réalisé ou à réaliser ne serait pas conforme au permis de construire du 2 février 2024, la circonstance que ces plans et indications de la demande pourraient ne pas être respectés n'est pas, par elle-même, de nature à affecter la légalité de celui-ci. Le permis de construire délivré et contesté a seulement pour objet d'autoriser le projet de construction tel qu'il a été présenté dans le dossier de demande déposé et la circonstance que ce permis de construire ne serait pas respecté relève d'un contentieux distinct.

Sur les conséquences du vice entachant le permis de construire :

23. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé. ".

24. Comme il a été dit au point 23 du présent jugement, l'arrêté de la présidente de la province Sud est entaché du seul vice tiré de ce qu'il a été assorti d'une prescription non justifiée et se révélant impossible à satisfaire.

25. Il résulte de ce qui précède que M. E est seulement fondé à demander l'annulation du permis contesté en tant que son article 4 prescrit la réalisation d'une voie de 10 mètres de largeur pour traverser le lot n°2262 et desservir le terrain d'assiette de la construction.

Sur les frais liés au litige :

26. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E le paiement d'une somme à verser à la province Sud au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

27. De même, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. E le paiement d'une somme à verser à la SARL Calbat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 2 février 2024 est annulé en tant que son article 4 prescrit la réalisation d'une voie de 10 mètres de largeur pour traverser le lot n° 2262 et desservir le terrain d'assiette de la construction.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3: Les conclusions de la SARL Calbat et de la province Sud présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. C E, à la SARL Calbat et à la province Sud.

Copie en sera adressée, pour information, au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Copie en sera adressée au procureur de la République en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Prieto, premier conseiller,

M. Bozzi, premier conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le rapporteur,

F. BOZZILe président,

D. SABROUX Le greffier de chambre,

J. LAGOURDE

nd

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions