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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400102

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400102

jeudi 24 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400102
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 26 avril 2024, Mme B A demande au tribunal la remise de pénalités fiscales consécutives au retard du dépôt de ses déclarations de revenus des années 2021 et 2022.

Mme A soutient que :

- ces retards ne constituent pas un manquement délibéré mais résultent de circonstances indépendantes de sa volonté ;

- elle connaît des problèmes financiers et de santé ;

- elle a toujours respecté ses obligations fiscales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juin 2024, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;

- le code des impôts de Nouvelle-Calédonie ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande de remise de pénalités :

1. Mme A, cadre retraitée de l'enseignement, domiciliée en Nouvelle-Calédonie, relève de l'impôt sur le revenu des personnes physiques et à ce titre est soumise à ce titre à l'obligation annuelle de déclaration de ses revenus. Elle demande au tribunal la remise de pénalités fiscales consécutives au dépôt tardif de ses déclarations de revenus des années 2021 et 2022.

2. Aux termes de l'article 137 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie (CINC), " I. Toute personne ayant des revenus imposables au dit impôt est tenue de souscrire et de faire parvenir chaque année avant le 1er avril, (), une déclaration détaillée de ses revenus et bénéfices de l'année précédente et de ses charges de famille () ".

3. Aux termes de l'article Lp 1053 du CINC : " Lorsqu'une personne physique ou morale ou une association, tenue de souscrire une déclaration ou de présenter un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'un des impôts, droits, taxes, redevances ou sommes visés à l'article Lp. 1052, s'abstient de souscrire cette déclaration ou de présenter cet acte dans les délais, le montant des droits mis à la charge du contribuable ou résultant de la déclaration ou de l'acte déposé tardivement est assorti : 1° de l'intérêt de retard visé à l'article Lp. 1052 ; toutefois, son décompte est arrêté soit au dernier jour du mois de la proposition de rectification, soit au dernier jour du mois au cours duquel la déclaration ou l'acte a été déposé ; 2°. et d'une majoration de 10 %. () ".

4. La requérante reconnaît, dans ses écritures, avoir déposé ses déclarations de revenus auprès de la direction des services fiscaux, respectivement le 25 mai 2022 et le 31 mai 2023. Une majoration de 10 % sur les montants des sommes dues pour retard a été appliquée au regard des dispositions précitées de l'article Lp 1053 du CINC pour les années 2021 et 2022. Ces majorations se sont élevées respectivement à 38 850 F. CFP pour l'année 2021 et 78 850 F. CFP pour l'année 2022. Mme A a alors adressé une demande de remise gracieuse des majorations et pénalités appliquées à l'assiette de ses impositions 2021 et 2022, qui a fait l'objet d'un rejet de la part de l'administration fiscale.

5. Aux termes de l'article 1125 du CINC : " L'administration peut accorder sur la demande du contribuable :1°. des remises totales ou partielles d'impôts directs régulièrement établis, lorsque le contribuable est dans l'impossibilité de payer par suite de gêne ou d'indigence ; 2°. des remises totales ou partielles d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts, ainsi que des pénalités de recouvrement lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent sont définitives ; 3°. par voie de transaction, une atténuation d'amendes fiscales ou de majorations d'impôts lorsque ces pénalités et, le cas échéant, les impositions auxquelles elles s'ajoutent ne sont pas définitives. Les dispositions des 2°) et 3°) sont, le cas échéant, applicables s'agissant des sommes dues au titre de l'intérêt de retard mentionné à l'article Lp 1052. ". En vertu de l'article 1125-1° du CINC, des dégrèvements gracieux d'impôts régulièrement établis ne peuvent être sollicités qu'en matière d'impôts directs et uniquement pour cause de gêne ou d'indigence mettant les contribuables intéressés dans l'impossibilité de s'acquitter envers le Trésor. Les remises ou modérations portant sur les droits en principal sont réservées aux redevables d'impôts directs et elles ne peuvent être accordées qu'à ceux des intéressés qui se trouvent réellement hors d'état de se libérer envers le Trésor.

6. Si la décision refusant une remise gracieuse peut être déférée au juge administratif par la voie du recours pour excès de pouvoir, cette décision ne peut être annulée que si elle est entachée d'une erreur de droit, d'une erreur manifeste d'appréciation ou encore si elle est révélatrice d'un détournement de pouvoir. En l'espèce, si Mme A soutient que son retard serait lié à des difficultés financières, tant le montant des revenus déclarés par l'intéressée que sa situation patrimoniale ne constituent des éléments de nature à justifier la remise gracieuse sollicitée. La requérante n'établit pas davantage la réalité des problèmes de santé dont elle fait état et n'en précise, au demeurant, ni la nature et la gravité. Enfin, le moyen tiré du civisme fiscal éprouvé dont se prévaut Mme A est contredit par les pièces présentes au dossier et est, en tout de cause, inopérant en l'espèce.

7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la Nouvelle-Calédonie.

Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Sabroux, président,

M. Prieto, premier conseiller,

M. Bozzi, premier conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.

Le rapporteur,

G. PRIETOLe président,

D. SABROUX Le greffier,

J. LAGOURDE

pc

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