jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400103 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | PIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 avril 2024 et un mémoire enregistré le 5 septembre 2024, la commune de Nouméa, représentée par Me Pieux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté son recours gracieux tendant à la mise en place de la commission sanitaire prévue par la délibération de l'assemblée territoriale n°73 modifiée du 25 juin 1963 relative aux mesures de sécurité nécessaires par l'état des immeubles en Nouvelle-Calédonie ;
2°) d'enjoindre au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de mettre en place ladite commission dans un délai de deux mois suivant la mise à disposition du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 000 francs CFP par jour de retard, passé ce délai ;
3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie la somme de 350 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Nouméa soutient que :
- la décision attaquée n'est pas motivée ;
- la commission sanitaire prévue par les textes n'a jamais été créée ;
- l'inexistence de cette commission rend impossible l'exercice de pouvoir de police spéciale du maire et le respect de la délibération n°73 modifiée du 25 juin 1963 ;
- la Nouvelle Calédonie a méconnu sa propre compétence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juin 2024, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir, à titre principal, que la requête est partiellement irrecevable et, à titre subsidiaire, qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- la délibération de l'assemblée territoriale n°73 modifiée du 25 juin 1963 relative aux mesures de sécurité nécessaires par l'état des immeubles en Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les conclusions de Me Hamon, avocat de la requérante, de Mme A, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Une note en délibéré a été enregistré le 16 septembre 2024 par Me Pieux pour la requérante.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Nouméa demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté son recours gracieux tendant à la mise en place de la commission sanitaire prévue par la délibération de l'assemblée territoriale n°73 modifiée du 25 juin 1963 relative aux mesures de sécurité nécessaires par l'état des immeubles en Nouvelle-Calédonie.
2. Aux termes de l'article 22 de la loi organique susvisée du 19 mars 1999 : " La Nouvelle-Calédonie est compétente dans les matières suivantes : () 4° (), hygiène publique et santé, (). " Aux termes de l'article L. 131-2 du code des communes de la Nouvelle-Calédonie : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques. Elle comprend notamment : 1° Tout ce qui intéresse la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, ce qui comprend le nettoiement, l'éclairage, l'enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices menaçant ruine, l'interdiction de rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse nuire par sa chute ou celle de rien jeter qui puisse endommager les passants ou causer des exhalaisons nuisibles ; (). " Aux termes de l'article L. 131-8 de ce même code : " Le maire prescrit la réparation ou la démolition des murs, bâtiments ou édifices menaçant ruine, dans les conditions prévues par la réglementation territoriale en vigueur. "
3. Aux termes de la délibération n°73 du 25 juin 1963 de l'assemblée territoriale de la Nouvelle-Calédonie relative aux mesures de sécurité nécessitées par l'état des immeubles en Nouvelle-Calédonie : " Lorsqu'un immeuble bâti ou non, attenant ou non à la voie publique est dangereux pour la sécurité ou la santé des occupants, des voisins ou du public, le Maire ou à défaut, après mise en demeure resté sans suite dans un délai de 10 jours, le Ministre de l'Intérieur invite la commission sanitaire de la circonscription considérée à donner son avis : 1°) Sur la réalité et les causes de l'insalubrité ou du danger 2°) Sur l'utilité et la nature des travaux 3°) Sur l'interdiction d'habitation de tout ou partie de l'immeuble, jusqu'à ce les conditions de danger ou d'insalubrité aient disparu. Les propriétaires, usufruitiers ou usagers sont avisés au moins quinze jours à l'avance à la diligence du Président de la Commission Sanitaire et produisent pendant ce délai leurs observations. Ils doivent être entendus par la Commission en personne ou par mandataire, et sont appelés aux visites et constatations des lieux. Le rapport de la Commission Sanitaire transmis au Maire en 3 exemplaires, fait toutes propositions utiles quant aux délais dans lesquels les travaux doivent être exécutés et éventuellement dans lequel l'immeuble cessera d'être habité en tout ou partie. "
4. Une autorité administrative est tenue d'exercer sa compétence conformément aux lois et règlements applicables et dans le respect de l'intérêt général. En l'espèce, en vertu des dispositions précitées, qui n'ont pas été abrogées, la commission sanitaire en cause a vocation à formuler un avis nécessaire à chaque commune sur la réalité et les causes de l'insalubrité et du danger de chaque immeuble concerné, ainsi que sur les mesures propres à remédier à la situation constatée. Dans ces conditions, et en application des dispositions précitées, la commune de Nouméa est fondée à demander l'annulation de la décision par laquelle la Nouvelle-Calédonie, venue aux droits et obligations de l'assemblée territoriale, a implicitement rejeté sa demande de création de cette commission pour le territoire de cette commune.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
5. Le présent jugement implique seulement qu'il soit enjoint à la Nouvelle-Calédonie, venue aux droits de l'assemblée territoriale pour la compétence en matière d'hygiène publique et de santé, de créer cette commission sanitaire pour la commune de Nouméa, dans un délai de quatre mois à compter de la mise à disposition du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction de l'astreinte sollicitée.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nouméa, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la Nouvelle-Calédonie demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie une somme de 180 000 francs CFP au titre des frais exposés par la commune de Nouméa et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a rejeté le recours gracieux de la commune de Nouméa tendant à la mise en place de la commission sanitaire prévue par la délibération de l'assemblée territoriale n° 73 modifiée du 25 juin 1963 relative aux mesures de sécurité nécessaires par l'état des immeubles en Nouvelle-Calédonie est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la Nouvelle-Calédonie de créer, pour la commune de Nouméa, la commission sanitaire prévue par la délibération de l'assemblée territoriale n° 73 modifiée du 25 juin 1963 dans un délai de quatre mois à compter de la mise à disposition du présent jugement.
Article 3 : La Nouvelle-Calédonie versera à la commune de Nouméa une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la Nouvelle-Calédonie présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Nouméa et à la Nouvelle-Calédonie.
Copie en sera adressée au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Bozzi, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX La greffière d'audience,
C. BERTHELOT
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026