jeudi 24 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400205 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2024, la société d'exercice libéral à responsabilité limitée Alain A et associés doit être regardée comme demandant au tribunal, à titre principal, l'annulation de la décision du 12 mars 2024 par laquelle la Nouvelle-Calédonie a rejeté sa réclamation du 8 novembre 2023 tendant à la révision du redressement dont il a fait l'objet, et, à titre subsidiaire, de lui accorder un délai supplémentaire pour produire ses documents comptables.
La société requérante soutient que :
- la décision attaquée ne comprend pas de signature manuscrite ni les mentions, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de son auteur ;
- le signataire de la décision ne justifie pas de sa compétence ;
- elle a subi des circonstances exceptionnelles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 juillet 2024, la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code des impôts de Nouvelle-Calédonie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Prieto, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les conclusions de M. A, gérant de la SELARL requérante et de M. C, représentant le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Une note en délibéré présentée par la Nouvelle-Calédonie a été enregistrée le 11 octobre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. L'entreprise d'avocats Alain A et associés exerce sous la forme d'une société d'exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) et relève, à ce titre, du régime de l'impôt sur les sociétés régi par les articles 1 à 45 du code des impôts de Nouvelle-Calédonie (CINC). De nombreuses carences déclaratives et de dépôts des procès-verbaux ont été constatées par l'administration fiscale
2. Après plusieurs mises en demeure de produire les documents obligatoires sollicitées restées sans effet, le service gestionnaire a adressé à la société requérante le 11 janvier 2023 une proposition de rectification (PDR) suivant la procédure de taxation d'office. En substance, les bases d'imposition de l'IS 2020 et 2021 ont été déterminées à partir des produits et charges d'exploitation déclarés en 2019, soit respectivement, 12 397 000 F. CFP et 8 765 000 F. CFP. Le résultat a ensuite fait l'objet d'une taxation au taux réduit de l'IS de 15 %. La même méthode a été appliquée pour évaluer les bases d'imposition à la taxe générale sur la consommation (TGC) sur la période du 1er octobre 2020 au 31 décembre 2021 en ne retenant que le chiffre d'affaires rapporté au trimestre (12 397 000 / 4), aucune TGC déductible n'ayant été mentionnée. Ce chiffre d'affaires a été soumis au taux de 6 % correspondant à l'activité d'avocat. La proposition de rectification rappelle également les pénalités pour manquements aux obligations de déclarations et de dépôts des actes sollicités. Les cotisations appelées sont mises en recouvrement le 8 mars 2023 et sont assorties d'un délai de paiement allant jusqu'au 7 avril 2023.
3. Par des observations du 7 novembre 2023 reçues au service gestionnaire le 8 novembre 2023 et regardées par l'administration fiscale comme une réclamation contentieuse, la société fait part de circonstances particulières. Malgré plusieurs délais accordés à la requérante, les pièces sollicitées n'ont pas été produites à la date du 29 février 2024. Par une décision du 12 mars 2024, dont la requérante demande l'annulation, le service a maintenu les impositions d'office mises à la charge de la société requérante.
Sur l'exception de non-lieu :
4. Il résulte de l'instruction que si la Nouvelle-Calédonie soutient qu'elle a prononcé un dégrèvement partiel à hauteur de 598 065 francs CFP au titre de l'impôt sur les sociétés rappelé pour l'exercice clos en 2020 qui s'établit après dégrèvement, à la somme de 271 314 francs CFP, la " décision " en cause, datée au demeurant par erreur du 27 février 2023, porte, en dépit de sa signature, la mention " brouillon ". Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la Nouvelle-Calédonie, le litige n'a pas perdu son objet à concurrence du dégrèvement indiqué, d'un montant de 598 065 francs CFP.
Sur les autres conclusions :
5. En premier lieu, il résulte de l'instruction que la décision attaquée porte l'indication dactylographiée du nom de son auteur, M. B D, chef du service de la fiscalité des professionnels à l'impôt sur les sociétés par intérim, et que sa signature manuscrite figure, au moins en partie, sur ladite décision. En tout état de cause, les vices qui peuvent entacher la décision par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie rejette la réclamation dont il est saisi par un contribuable sont sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition ou sur le bien-fondé des impositions contestées. Il s'ensuit que le moyen tiré par le requérant de l'incompétence du signataire de la décision de rejet de sa réclamation est inopérant.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'arrêté n° 2024-11132/GNC-Pr du 27 février 2024 modifiant l'arrêté modifié n° 2021-10080/GNC-Pr du 19 août 2021 portant délégation de signature au directeur, aux directeurs adjoints, aux chefs de service et chefs de service adjoints de la direction des services fiscaux de la Nouvelle-Calédonie dans son article 4, b) ( version consolidée) : " Les chefs de service ci-après désignés reçoivent délégation à l 'effet de signer an nom du président du gouvernement toutes pièces et correspondances courantes relatives à l 'instruction des dossiers relevant des attributions de leur service : () b) M. B D, chef du service de la fiscalité des professionnels à l'impôt sur les sociétés par intérim (). ". Par suite le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué manque en fait.
7. En dernier lieu, contrairement à ce que soutient la société requérante, les difficultés liées à la crise sanitaire pendant la période 2019-2022, la défection de son comptable et les retards de paiement des factures de la province Nord ne constituent pas des circonstances exceptionnelles de nature à justifier l'impossibilité pour la requérante de transmettre les documents sollicités par l'administration dès lors que cette dernière a accordé à trois reprises des délais supplémentaires pour précisément permettre à la société requérante de lui transmettre les pièces sollicitées. Dans ces conditions, en l'absence d'établissement du caractère exagéré de l'imposition en cause, la demande de révision présentée par la société requérante ne pouvait qu'être rejetée.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SELARL Alain A et associés doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SELARL Alain A et associés est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SELARL Alain A et associés et à la Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Bozzi, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2024.
Le rapporteur,
G. PRIETOLe président,
D. SABROUX Le greffier,
J. LAGOURDE
pc
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026