jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400297 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS ROYANEZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 27 juin 2024, les 11 et 30 septembre 2024, et les 3 et 25 octobre 2024, Mme B A, représentée par la SELARL d'avocats Royanez, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 décembre 2023 par laquelle le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie lui a refusé l'attribution d'une prime d'inspection et la décision rejetant implicitement son recours gracieux formé contre cette décision ;
2°) d'enjoindre au président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie de lui octroyer la prime d'inspection et de contrôle à compter du 17 novembre 2023, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir. ;
3°) de mettre à la charge de la Nouvelle-Calédonie le versement de la somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision du 20 décembre 2023 est entachée d'un vice de forme en ce qu'elle ne comporte pas les mentions du prénom, du nom et de la qualité de son auteur ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle soumet l'attribution de la prime à une condition supplémentaire non prévue par les dispositions de l'article 7 de la délibération n°418 du 26 novembre 2008 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle méconnaît l'article 7 de la délibération n°418 du 26 novembre 2008 prévoyant l'attribution de primes de contrôle et d'inspection dès lors qu'elle exerce de telles mission ;
- elle méconnaît les dispositions combinées de l'article 86 de la loi organique du 19 mars 2019 relative à la Nouvelle-Calédonie et des articles L. 1544-8-1 et L. 1421-1 à L. 1421-3 du code de la santé publique.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 septembre 2024, et les 1er et 14 octobre 2024, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- aucun des moyens n'est fondé ;
- la décision aurait pu être fondée sur l'absence de suivi et de validation de la formation de pharmacien inspecteur de l'école nationale de la santé publique et demande une substitution de motif.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
- et les observations de la SELARL d'avocats Royanez, avocat de Mme A, et de la représentante du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est pharmacienne du cadre de la santé de la Nouvelle-Calédonie et exerce des missions d'inspection et de contrôle. Le 5 décembre 2022, elle a demandé à bénéficier de la prime d'inspection et de contrôle prévue à l'article 7 de la délibération n° 418 du 26 novembre 2008 instituant un régime indemnitaire au profit des agents exerçant leurs fonctions au sein des services et institutions de la Nouvelle-Calédonie. En l'absence de réponse malgré plusieurs relances, Mme A a adressé sa demande par une lettre en recommandé avec accusé de réception le 17 novembre 2023. Par une décision en date du 20 décembre 2023, le président du gouvernement a refusé de lui attribuer la prime de " contrôle et d'inspection ". Mme A a demandé le retrait de cette décision par un recours gracieux du 28 février 2024, qui a été implicitement rejeté. Mme A demande l'annulation de ces deux décisions.
Sur le cadre juridique applicable :
2. Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours ".
3. Sauf dans le cas où des dispositions législatives ou réglementaires ont organisé des procédures particulières, toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai.
4. Aucun texte n'impose à la Nouvelle-Calédonie d'accuser réception des demandes qui lui sont adressées et d'y rappeler les voies et délais de recours. Les articles L. 112-3 et L. 112-5 du code des relations entre le public et l'administration, qui prévoient de telles obligations, ne sont applicables en Nouvelle-Calédonie qu'aux relations entre le public, d'une part, et les organismes et personnes de droit public et de droit privé, autres que les établissements publics, chargés par l'Etat et les communes d'une mission de service public administratif et, le cas échéant, industriel et commercial, d'autre part, conformément aux dispositions de l'article L. 562-3 du même code. De même, l'article 19 de la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations, dont sont issues les dispositions susmentionnées, n'était applicable en Nouvelle-Calédonie qu'aux administrations de l'État et à leurs établissements publics, conformément aux dispositions de l'article 41 de cette même loi dans ses versions antérieures à la loi n° 2021-1109 du 24 août 2021 confortant le respect des principes de la République.
Sur l'application en l'espèce :
5. Il ressort des pièces du dossier que par une note du 19 juillet 2022 cosignée par un pharmacien inspecteur, Mme A a attiré l'attention de la directrice des ressources humaines de la fonction publique de la Nouvelle-Calédonie sur l'absence de versement d'une prime de contrôle et d'inspection. Par un courrier du 28 septembre 2022, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie l'a informée des conditions d'octroi de la prime et l'a invitée à présenter une demande accompagnée des arguments justifiant qu'elle remplit les conditions pour la percevoir. Par une " note " en date du 5 décembre 2022, reçue le 9 décembre 2022 par le directeur adjoint des affaires sanitaires et sociales de la Nouvelle-Calédonie, dont l'objet explicite était " Demande de prime d'inspection pour l'année en cours, les 4 années précédentes et les années à venir ", Mme A a apporté des éléments complémentaires et doit être regardée comme ayant nécessairement saisi l'autorité compétente d'une demande tendant à l'obtention de cette prime, ainsi qu'elle l'a d'ailleurs confirmé elle-même dans son courrier du 17 novembre 2023 dans lequel elle indique qu'elle " renouvelle " sa " demande de prime d'inspection ". Ainsi, une décision implicite de rejet de sa demande reçue le 9 décembre 2022 est née le 9 février 2023 du silence gardé par l'administration pendant deux mois, qu'il appartenait à Mme A de contester le 10 avril 2023 au plus tard.
6. Contrairement à ce que soutient Mme A, son courrier du 17 novembre 2023, reçu le 22 novembre suivant par la direction des ressources humaines et de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie, ne saurait être regardée comme une première demande de prime. Il ne saurait davantage être regardé, en l'absence de tout changement de circonstance de fait ou de droit, comme une nouvelle demande de nature à faire naître une nouvelle décision susceptible de recours contentieux, ni même comme un recours gracieux formé contre la décision implicite de rejet intervenue le 9 février 2023 et qui, en tout état de cause n'aurait pu avoir pour effet de rouvrir le délai de recours contentieux, qui était expiré, contre celle-ci. Par suite, la décision explicite de rejet en date du 20 décembre 2023 constitue une simple décision confirmative de la décision implicite de rejet du 9 février 2023, et, à ce titre insusceptible de recours, de même que la décision rejetant son recours gracieux du 28 février 2024. Dans ces conditions, à la date du 27 juin 2024 à laquelle sa requête a été enregistrée au greffe du tribunal, le délai de recours contentieux était expiré et la fin de non-recevoir opposée en défense tirée de la tardiveté de la requête de Mme A doit être accueillie.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.
Copie en sera adressée au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Délibéré après l'audience du 6 février 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Delesalle, président,
- M. Prieto, premier conseiller,
- M. Bozzi, premier conseiller.
Rendu public le 27 février 2025.
Le rapporteur,
F. BozziLe président,
H. Delesalle La greffière,
N. Tauveron
nd
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026