jeudi 25 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400323 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | PIEUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 juillet 2024, M. B C, représenté par Me Pieux, demande au juge des référés, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision du 15 avril 2024 par laquelle le président de la province des îles Loyauté a constaté la cessation de ses fonctions de collaborateur de cabinet à la date du 15 mai 2024 ;
2°) de mettre à la charge de la province des îles Loyauté une somme de 200 000 francs XPF au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la décision prise à son encontre le 15 avril 2024 ne lui a été notifiée officiellement par huissier que le 25 juin 2024 met en péril de manière grave et immédiate sa situation financière.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision n'est pas motivée, en violation des dispositions de l'article 13 de la délibération du 20 septembre 1996 ;
- M. C n'a pas été mis à même de consulter son dossier, le privant d'une garantie ;
- le principe du parallélisme des formes n'a pas été respecté en ce que le groupe politique auprès duquel était affecté M. C n'a pas été consulté ;
- la procédure contradictoire est inexistante ;
- l'arrêté n° 2019-399/PR du 12 août 2019 relatif à la répartition des crédits collaborateurs entre les groupes politiques de l'assemblée de la province des îles Loyauté prévoit que 3 crédits-collaborateurs sont accordés au groupe " PALIKA ILES " et une nouvelle répartition entre les groupes aurait dû être prise en compte ;
- la décision est entachée de détournement de pouvoir ;
Par un mémoire enregistré le 24 juillet 2024, la province des îles Loyauté, représentée par son président, conclut au rejet de la requête. Elle soutient que la condition relative à l'urgence n'est pas remplie et qu'il n'y a aucun doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 modifiée relative à la Nouvelle-Calédonie ;
- la délibération modifiée n° 100/CP du 20 septembre 1996 de l'assemblée de la province des îles Loyauté ;
- la délibération n° 2019-45/API du 30 juillet 2019 relative au fonctionnement des cabinets, commissions et groupes politiques de l'assemblée de la province des îles Loyauté ;
- le code de justice administrative dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 juillet 2024 :
- le rapport de M. Sabroux, juge des référés,
- et les observations de Me Hamon substituant Me Pieux, représentant M. C et de Mme A pour la province des îles Loyauté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Monsieur C a été recruté en tant que collaborateur de cabinet au sein de la province des îles Loyauté en tant que directeur de cabinet à plein-temps du groupe d'opposition " PALIKA ILES " de l'assemblée de la province des îles Loyauté, groupe positionné dans l'opposition par une décision n°2021-369/PR du 12 juillet 2021. Par un arrêté du 31 mars 2023 le président de la province des îles Loyauté a mis fin à ces fonctions de collaborateur de cabinet et a abrogé la décision de recrutement de M. C en date du 12 juillet 2021. Par un jugement du 19 octobre 2023, ce tribunal a annulé cette décision aux motifs qu'elle n'était pas motivée et que la décision de licenciement n'avait pas été portée à la connaissance de l'intéressé au moins 15 jours avant la fin de ses fonctions. Par une nouvelle décision du 15 avril 2024, dont il est demandé la suspension, le président de la province des îles Loyauté a constaté la cessation des fonctions de collaborateur de cabinet de M. C à la date du 15 mai 2024.
2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la décision du 15 avril 2024 dont il est demandé la suspension, ainsi qu'un courrier d'accompagnement du président de la province ont été signifiés au domicile de M. C à Koutio sur la commune de Dumbéa, par acte d'huissier le 24 avril 2024, comme en atteste le procès-verbal de signification daté du même jour. L'intéressé, absent de son domicile, a été informé par téléphone du dépôt du pli qui lui était destiné à l'étude de l'huissier, par application des dispositions de l'article 655 du code de procédure civile applicable en Nouvelle-Calédonie qui édicte également que l'avis de passage mentionne que le destinataire dispose d'un délai maximum de trois mois pour retirer le document à l'étude de l'huissier à compter du 25 avril 2024. Faute pour M. C d'avoir pu se rendre en personne à l'étude pour prendre connaissance du pli litigieux en raison d'une part de l'éloignement et d'autre part des émeutes insurrectionnelles présentant un caractère de force majeure qui ont frappé la Nouvelle-Calédonie dès le 13 mai 2024, le document n'a été finalement remis à M. C que le 25 juin 2024. Ainsi la fin de non-recevoir, à la supposer opposée en défense et fondée sur la tardiveté de la requête doit être écartée.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, () lorsqu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire. Aux termes de l'article L. 522-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
4. Il résulte de ces dispositions que la condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. En l'espèce, M. C, privé de son emploi, soutient sans être sérieusement contredit que sa situation financière est difficile. Eu égard à la nature et aux effets de la mesure qui le prive d'emploi dont il fait l'objet, comme justifiant de l'urgence à suspendre l'exécution la décision litigieuse.
5. Si, en défense, la province des îles Loyauté fait valoir que la motivation de la décision attaquée figure dans le courrier d'accompagnement de celle-ci, un tel moyen est inopérant, la décision devant être motivée par elle-même. En l'état de l'instruction, les moyens tirés d'une absence de motivation de la décision attaquée, et de l'absence de procédure contradictoire qui est l'application du principe général du respect des droits de la défense, sont de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de décision attaquée qui doit être suspendue jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité.
6. Il doit être mis à la charge de la province des îles Loyauté une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'arrêté du 15 avril 2024 du président de la province des îles Loyauté est suspendu jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Article 2 : La province des îles Loyauté versera à M. C une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et à la province des îles Loyauté.
Copie en sera adressée au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.
Ordonnance rendue publique par mise à disposition au greffe le 25 juillet 2024
Le juge des référés,
Signé
Didier Sabroux
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026