vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400339 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère CHAMBRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 19 juillet et le 11 octobre 2024, Mme A B doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis de 11 juillet 2024 pour le remboursement de l'indemnité compensatrice indument versée du mois de septembre 2022 au mois de mars 2024 ;
2°) d'annuler la décision de rejet de son recours gracieux sollicitant le retrait de la demande de remboursement de la somme de 1 400 000 francs CFP ;
3°) d'enjoindre à la commune de Touho de poursuivre le versement de l'indemnité compensatrice ;
4°) de condamner la commune de Touho à lui verser une somme de 159 000 francs CFP correspondant aux frais d'avocat engagés.
Mme B soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, la décision de lui octroyer une indemnité compensatrice ne pouvant être retirée qu'au plus tard le 1er février 2023.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 28 août et le 18 octobre 2024, la commune de Touho conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre de perception sont irrecevables faute de production de la décision attaquée et en l'absence de réclamation préalable formée auprès du comptable chargé du recouvrement ;
- les conclusions de la requête présentant un caractère indemnitaire, une demande préalable aurait dû être adressée à la commune ;
- aucun des moyens n'est fondé.
La procédure a été communiquée au directeur des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie qui n'a pas produit d'observations.
Par une lettre en date du 26 septembre 2024, le tribunal a informé parties, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement était susceptible d'être fondé sur le moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre de perception en l'absence de contestation préalable auprès du comptable chargé de son recouvrement.
Par un mémoire, enregistré le 8 octobre, la commune de Touho a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999, relatives à la Nouvelle-Calédonie ;
- la loi n° 90-1247 du 29 décembre 1990 portant suppression de la tutelle administrative et financière sur les communes de Nouvelle-Calédonie et dispositions diverses relatives à ce territoire ;
- la loi du 12 avril 2000 relative aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations ;
- la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 relative à la fonction publique de Nouvelle-Calédonie ;
- la délibération n° 182 du 4 novembre 2021 prise en application du titre IV de la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 ;
- la délibération n° 234 du 13 décembre 2006 portant dispositions particulières à certains emplois administratifs de direction des collectivités et établissements publics de Nouvelle-Calédonie ;
- l'arrêté n° 1065 du 22 août 1953 portant statut général des fonctionnaires de la fonction publique de Nouvelle-Calédonie.
Vu le code de justice administrative dans sa version applicable en Nouvelle-Calédonie.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bozzi, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de son recrutement par un arrêté du maire de la commune de Touho du 18 juillet 2022, en qualité d'ingénieur stagiaire de la filière technique des communes, Mme B a bénéficié d'une indemnité compensatrice mensuelle de 75 493 francs CFP afin de pallier une différence de salaire. Lors d'un entretien au cours du mois de mars 2024, Mme B a été informée que cette indemnité lui avait été versée à tort sur la période du mois de septembre 2022 au mois de mars 2024. Le 9 avril 2024, Mme B a saisi le maire de Touho d'un recours gracieux tendant à ce qu'il ne soit pas procédé à la récupération des sommes versées et à ce que le bénéfice de cette indemnité lui soit confirmé. Le maire n'a pas fait droit à cette demande. Par un titre de perception en date du 11 juillet 2024, la trésorerie de la province Nord a invitée Mme B à régler une somme de 1 434 367 francs CFP correspondant au remboursement de l'indemnité compensatrice indument versée de septembre 2022 à mars 2024. Mme B demande l'annulation du titre du 11 juillet 2024 et du rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Touho :
2. Si la commune de Touho fait valoir que les conclusions de la requête de Mme B tendant à l'annulation du titre de recette du 1er février 2024 seraient irrecevables en ce que cette décision ne serait pas jointe à la requête, il ressort des pièces enregistrées le 19 juillet 2024 que, malgré un oubli de numérotation, la décision en litige accompagne la requête de l'intéressée. La fin de non-recevoir ne peut donc être accueillie.
3. En outre, il résulte des termes de la requête de Mme B que celle-ci sollicite une reprise des versements de l'indemnité compensatrice dont elle bénéficiait. Une telle demande n'a pas pour objet la réparation d'un préjudice indemnisable et ne peut être regardée comme des conclusions indemnitaires, ne tendant qu'à ce que l'administration exécute, au besoin sous injonction, la décision juridictionnelle à intervenir annulant le cas échéant la décision de mettre un terme au versement de l'indemnité compensatrice. Une réclamation préalable n'était donc pas requise et la fin de non-recevoir doit ainsi être écartée.
4. Mme B demande également que lui soit allouée une somme au titre des frais d'avocat déjà engagés, factures à l'appui, pour un montant total de 159 000 francs CFP. Les frais d'avocat, excepté ceux exposés pour la procédure contentieuse exclusivement régis par les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, peuvent donner lieu à une indemnisation au titre de la réparation des préjudices subis par le requérant lorsqu'ils présentent un caractère utile. Ils doivent toutefois être préalablement réclamés auprès de l'administration en cause. Or, Mme B ne justifie pas avoir formulé une telle demande indemnitaire, ni dans son recours gracieux du 8 avril 2024 ni dans aucune autre correspondance. Dès lors, la commune de Touho est fondée à soulever l'irrecevabilité des conclusions de la requête dans cette seule mesure.
Sur les conclusions aux fins d'annulation du titre de perception :
5. Aux termes de l'article 34 de la loi n° 90-1247 du 29 décembre 1990 portant suppression de la tutelle administrative et financière sur les communes de Nouvelle-Calédonie et dispositions diverses relatives à ce territoire : " Les poursuites pour le recouvrement des produits de toute nature du territoire, des provinces, des communes de Nouvelle-Calédonie et de leurs établissements publics sont effectuées comme en matière de contributions directes du territoire ou, à défaut de dispositions spécifiques prises par le territoire, de l'Etat () ". Aux termes de l'article 1167 du code des impôts de la Nouvelle-Calédonie : " Les contestations relatives au recouvrement des impôts, taxes, redevances et sommes quelconques dont la perception incombe aux comptables du Trésor ou au receveur des services fiscaux doivent être adressées à l'administration dont dépend le comptable qui exerce les poursuites. Les contestations ne peuvent porter que : 1° soit sur la régularité en la forme de l'acte ; 2° soit sur l'existence de l'obligation de payer, sur le montant de la dette compte tenu des paiements effectués, sur l'exigibilité de la somme réclamée, ou sur tout autre motif ne remettant pas en cause l'assiette et le calcul de l'impôt. Les recours contre les décisions prises par l'administration sur ces contestations sont portés, dans le premier cas, devant le tribunal de première instance, dans le second cas, devant le juge de l'impôt tel qu'il est prévu à l'article 1112 ". Aux termes de l'article 1168 du même code : " Les contestations relatives au recouvrement prévues par l'article 1167 peuvent être formulées par le redevable lui-même ou la personne solidaire. Elles font l'objet d'une demande qui doit être adressée, appuyée de toutes les justifications utiles, au chef de service compétent qui est, selon le cas : a. le directeur des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie si le recouvrement incombe à un comptable du Trésor ; b. le directeur des services fiscaux si le recouvrement incombe au receveur des services fiscaux ". Aux termes de l'article 1169 du même code : " La réclamation doit, sous peine de nullité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification de l'acte si le motif invoqué est un vice de forme ou, s'il s'agit de tout autre motif, dans un délai de deux mois après le premier acte qui permet d'invoquer ce motif ". Enfin aux termes de l'article 1170 du même code : " Le chef de service se prononce dans un délai de deux mois à partir du dépôt de la demande dont il doit accuser réception. Si aucune décision n'a été prise dans ce délai ou si la décision rendue ne lui donne pas satisfaction, le redevable doit, à peine de forclusion, porter l'affaire devant le tribunal compétent tel qu'il est défini à l'article 1167. Il dispose pour cela de deux mois à partir : a. soit de la notification de la décision du chef de service ; b. soit de l'expiration du délai de deux mois accordés au chef de service pour prendre sa décision. La procédure ne peut, à peine d'irrecevabilité, être engagée avant ces dates. Elle doit être dirigée contre le comptable chargé du recouvrement ".
6. L'obligation de former une contestation préalable auprès du comptable chargé du recouvrement de l'ordre de recouvrer s'impose à peine d'irrecevabilité du recours contentieux contre le titre de perception.
7. Il résulte de l'instruction que Mme B n'a adressé aucune réclamation au directeur des finances publiques de Nouvelle-Calédonie à l'encontre du titre de perception émis le 11 juillet 2024 qui comportait notamment les modalités de contestation du titre et les coordonnées de l'ordonnateur devant le cas échéant être saisi. Mme B ne justifie pas au moyen d'une copie d'écran relatant un appel téléphonique, de l'envoi puis de la réception par le comptable de la lettre du 19 juillet 2024 qu'elle produit à l'instance. Ainsi, faute d'avoir été précédée de la contestation auprès du comptable chargé de son recouvrement, les conclusions de Mme B à fin d'annulation du titre de perception ne sont ainsi pas recevables et doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation du rejet du recours gracieux :
8. Mme B demande dans son recours gracieux qu'il ne soit pas procédé à " l'éventuelle émission du titre de perception ". Ce faisant, Mme B entend contester l'information qui lui avait été communiquée lors de l'entretien du 26 mars 2024 selon laquelle l'indemnité compensatrice lui avait été versée à tort sur la période du mois de septembre 2022 au mois de mars 2024 et qu'un titre de perception serait émis afin de récupérer ces sommes indûment payées.
9. Or, l'acte par lequel l'administration informe un administré qu'il doit rembourser une somme indûment perçue et qu'en l'absence de paiement spontané de sa part, un titre de perception lui sera notifié, est une mesure préparatoire de ce titre, qui n'est pas susceptible de recours.
10. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation du rejet du maire de Touho de retirer la décision informant Mme B de l'émission d'un titre de perception ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
11. Le présent jugement qui rejette les conclusions à fin d'annulation de la requête tendant à ce que le versement de l'indemnité compensatrice soit poursuivi n'implique aucune mesure d'exécution. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions à fin d'injonction.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à la commune de Touho.
Copie en sera adressée à la province Nord.
Délibéré après l'audience du 31 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Sabroux, président,
M. Prieto, premier conseiller,
M. Bozzi, premier conseiller.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe le 8 novembre 2024.
Le rapporteur,
F. BOZZILe président,
D. SABROUX Le greffier de chambre,
J. LAGOURDE
cb
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026