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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400615

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400615

mercredi 7 mai 2025

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400615
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère CHAMBRE

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie a rejeté la requête de Mme B, agent contractuel de droit public, qui demandait l'annulation du refus du président du gouvernement de lui verser une indemnité compensatrice de congés payés. La solution retenue est fondée sur l'article 14 de la délibération n°182 du 4 novembre 2021, qui subordonne le droit à cette indemnité à la preuve d'un empêchement imputable à l'employeur. Le tribunal a estimé que Mme B n'établissait pas s'être heurtée à un refus de son supérieur hiérarchique de prendre ses congés, et que l'administration avait au contraire rappelé les modalités de prise de congés. Par conséquent, la requête a été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 18 octobre 2024, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision du 2 septembre 2024, du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie lui refusant le versement de l'indemnité compensatrice de congés payés.

Mme B soutient que :

- la décision méconnaît les dispositions de l'article 14 de la délibération n°182 du 4 novembre 2021 ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation des faits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 novembre 2024, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie conclut rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens invoqués n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;

- la délibération n° 182 du 4 novembre 2021 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bozzi, premier conseiller,

- les conclusions de Mme Peuvrel, rapporteure publique,

- et les observations de la représentante du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, a été recrutée en qualité d'agent contractuel de droit public, pour exercer les fonctions de chef de service ressources de la direction du numérique et de la modernisation de la Nouvelle-Calédonie, par un acte d'engagement en date du 9 août 2023. Par une note en date du 25 juin 2024, le directeur du numérique et de la modernisation de la Nouvelle-Calédonie a sollicité le paiement des congés annuels non pris par Mme B avant la fin de ses fonctions, prévue pour le 17 juillet 2024. Par une décision en date du 2 septembre 2024, dont la requérante demande l'annulation, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a refusé de lui accorder l'indemnité compensatrice de congés payés sollicitée.

2. Aux termes de l'article 14 de la délibération n° 182 du 4 novembre 2021 prise en application du titre IV de la loi du pays n° 2021-4 du 12 mai 2021 relative à la fonction publique de Nouvelle-Calédonie : " À la fin de son acte engagement ou en cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, l'agent contractuel qui, du fait de son employeur, n'a pu bénéficier de la totalité de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice ". Aux termes de l'article 15 de la même délibération : " I- Lorsque l'agent contractuel a pu bénéficier d'une partie de ses congés annuels, l'indemnité compensatrice de congés annuels est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus et non pris. / II- Lorsque l'agent n'a pu bénéficier d'aucun congé annuel, l'indemnité compensatrice est égale à 1/10ème de la rémunération totale brute qu'il a perçue lors de l'année en cours ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'agent non titulaire qui n'a pu bénéficier à la fin de son contrat à durée déterminée ou en cas de licenciement pour un motif autre que disciplinaire, de tout ou partie de ses congés annuels, faute pour l'administration de l'avoir informé de ses droits à congés et mis en mesure de les prendre ou en raison d'un empêchement imputable à celle-ci, a droit à une indemnité compensatrice pour les congés non pris. Il incombe à l'administration, lorsque l'agent établit que tout ou partie de ses congés accordés mais non pris restaient dus, de démontrer qu'elle a fait preuve de la diligence requise pour que celui-ci soit effectivement en mesure de prendre les congés annuels payés auxquels il avait droit.

4. En l'espèce, d'une part, il résulte de l'instruction que par une circulaire en date du 4 octobre 2023, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, après avoir constaté que malgré une précédente note interne de trop nombreux agents disposaient de reliquats importants de congé annuel, a rappelé aux agents les modalités de prise de congés. En outre, le contenu de la page intranet du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie consacrée à la gestion des absences, souligne que le non-respect des règles de prise de congés peut entrainer la perte de ces droits.

5. D'autre part, Mme B n'établit pas qu'au cours de son engagement contractuel du 9 août 2023 au 17 juillet 2024, elle se serait heurtée à une décision de son supérieur hiérarchique direct, le directeur du numérique et de la modernisation, ou même du président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie lui refusant l'autorisation de prendre des journées de congés annuels. Ainsi, faute d'un tel refus, Mme B ne peut bénéficier de l'indemnité compensatrice pour congé annuel non pris. Au surplus, les troubles insurrectionnels du mois de mai 2024 ne peuvent justifier que Mme B n'ait pas pris durant les neuf mois précédents tout ou partie des jours de congés auxquels elle avait droit.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme B doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie.

Copie en sera adressée au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie.

Délibéré après l'audience du 17 avril 2025, à laquelle siégeaient :

M. Delesalle, président,

M. Prieto, premier conseiller,

M. Bozzi, premier conseiller.

Rendu le 7 mai 2025.

Le rapporteur,

F. BozziLe président,

H. Delesalle Le greffier,

J. Lagourde

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

pc

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