lundi 9 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| Section | Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE |
| N° Dossier | TA104-2400658 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL RAPHAËLE CHARLIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 6 novembre 2024, présentée par Me Rolin, Mme B A demande au juge des référés du tribunal, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre à la commune de Nouméa de procéder à des travaux publics nécessaires à la mise en sécurité du talus située au-dessus de sa propriété ;
2°) d'assortir la décision d'une astreinte journalière de 10 000 francs CFP, laquelle commencera à courir à compter du 1er jour suivant l'expiration d'un délai d'un mois à compter de la signification de la décision à intervenir en cas d'absence de travaux ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Nouméa la somme de 400 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la condition d'urgence est remplie ;
- la mesure ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative ;
- la mesure ne pourrait être ordonnée en référé-suspension ou en référé-liberté ;
- la mesure est utile et ne se heurte à aucune contestation sérieuse.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2024, la commune de Nouméa, représentée par Me Charlier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal que soit mis à la charge de Mme A la somme de 400 000 francs CFP en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la condition d'urgence n'est pas remplie ;
- aucun moyen n'est de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision en cause ;
- les rapports des experts sont divergents ;
- sa responsabilité n'est pas engagée.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi organique n° 99-209 et la loi n° 99-210 du 19 mars 1999 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Il résulte de ces dispositions que, saisi d'une demande présentée sur ce fondement, qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En raison du caractère subsidiaire du référé régi par l'article L. 521-3, le juge saisi sur ce fondement ne peut prescrire les mesures qui lui sont demandées lorsque leurs effets pourraient être obtenus par les procédures de référé régies par les articles L. 521-1 et L. 521-2. Enfin, il ne saurait faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative, même celle refusant la mesure demandée, à moins qu'il ne s'agisse de prévenir un péril grave.
2. Mme A est propriétaire d'une villa située à Nouméa. A la suite des pluies intenses survenues le 5 mai 2023, le talus situé en limite parcellaire entre son terrain et un terrain dont la commune assure l'entretien s'est affaissé. La commune a diligenté une mission d'expertise auprès d'un bureau d'études en ingénierie géotechnique et environnementale, la société A2EP-GEOTEC, qui a établi un diagnostic géotechnique (G5) le 17 juillet 2023. Un rapport d'expertise a également été réalisé par la société EXPERITECH le 20 novembre 2023 à la demande de l'assureur de Mme A.
3. Mme A demande au juge des référés d'enjoindre à la commune de Nouméa de procéder à des travaux publics nécessaires à la mise en sécurité de ce talus.
4. En l'espèce, les deux rapports d'expertise mentionnés au point 2 divergent quant à l'origine du sinistre. Si le diagnostic réalisé par l'assureur de la requérante penche en faveur d'un talus instable dès son origine sur lequel se sont abattues de fortes précipitations, le diagnostic géotechnique missionné par la commune insiste pour sa part sur la responsabilité d'aménagements inadéquats réalisés par des propriétaires riverains privés. Dans ces conditions, les mesures utiles sollicitées par Mme A doivent être regardées comme se heurtant à des contestations sérieuses. En application des dispositions précitées, la requête est par suite irrecevable et ne peut qu'être rejetée.
5. Au surplus, il résulte de l'instruction que l'éboulement en cause est survenu le 5 mai 2023 et n'a, depuis, pas connu de réplique notable tandis que le risque potentiel invoqué par la requérante des conséquences de l'arrivée imminente d'un nouvel épisode de la Niña demeure hypothétique au jour de la présente ordonnance. Dans ces conditions, les mesures sollicitées n'apparaissent pas justifiées par l'urgence.
6. La demande présentée par Mme A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doit, par suite, être également rejetée.
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A une somme de 180 000 francs CFP au titre des frais exposés par la commune de Nouméa et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Nouméa une somme de 180 000 francs CFP au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Nouméa.
Fait à Nouméa, le 9 décembre 2024.
Le juge des référés,
G. Prieto
La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires ou huissiers de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026