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AccueilJurisprudence administrativeN° TA104-2400826

Tribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE — Décision N° TA104-2400826

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
SectionTribunal Administratif DE NOUVELLE-CALEDONIE
N° DossierTA104-2400826
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du 29 novembre 2024 par lequel le haut-commissaire a déclaré M. A démissionnaire d'office de ses mandats électifs. Le juge a relevé que, conformément au III de l'article 195 de la loi organique du 19 mars 1999, les recours contre ces arrêtés relèvent de la compétence exclusive du Conseil d'État, et non du tribunal administratif. En conséquence, la requête a été rejetée comme irrecevable, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition d'urgence ou le doute sérieux sur la légalité.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 décembre 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant en application des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 29 novembre 2024 par lequel le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie l'a déclaré démissionnaire d'office de ses mandats de membre du congrès et de membre de l'assemblée de la province des îles Loyauté, ainsi que de tout mandat lié.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est satisfaite dans la mesure où sa démission d'office affecte le fonctionnement de la collectivité de la province des îles Loyauté tant sur le plan administratif que sur le plan institutionnel et cause un réel préjudice à celle-ci ;

- les moyens tirés de l'erreur de droit dans l'application de l'article 195 de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie et du détournement de pouvoir sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête n° 2400824, enregistrée le 9 décembre 2024, par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Aux termes de l'article R. 522-8-1 du code de justice administrative : " Par dérogation aux dispositions du titre V du livre III du présent code, le juge des référés qui entend décliner la compétence de la juridiction rejette les conclusions dont il est saisi par voie d'ordonnance ".

3. Aux termes du troisième paragraphe de l'article 195 de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie : " III. Tout membre du congrès ou d'une assemblée de province dont l'inéligibilité se révélera après l'expiration du délai pendant lequel son élection peut être contestée ou qui, pendant la durée de son mandat, se trouvera frappé de l'une des incapacités qui fait perdre la qualité d'électeur, est déclaré démissionnaire par arrêté du haut-commissaire, soit d'office, soit sur réclamation de tout électeur. Les recours contre ces arrêtés sont portés devant le Conseil d'Etat. / () ".

4. La demande présentée par M. A au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, tend à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 29 novembre 2024, pris en application des dispositions du III de l'article 195 de la loi organique du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie, par lequel le haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie l'a déclaré démissionnaire d'office de ses mandats de membre du congrès et de membre de l'assemblée de la province des îles Loyauté, ainsi que de tout mandat lié. En vertu des mêmes dispositions du III de l'article 195 de la loi organique du 19 mars 1999, le recours dirigé contre cet arrêté ne relève pas de la compétence du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie, mais de celle du Conseil d'Etat statuant en premier et dernier resort.

5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de M. A selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Nouméa, le 11 décembre 2024.

Le juge des référés,

H. Delesalle

La République mande et ordonne au haut-commissaire de la République en Nouvelle-Calédonie en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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